jeudi 5 mai 2011

La géographie, discipline du terrain

SURVIVRE
1. Au froid
¤ Régions polaires. Elles commencent à l’approche des Cercles Polaires : 66°36 (limite dite du soleil ‘de minuit’). Lors du solstice de juin, le jour dure 24 heures. (1) Au nord, s’étendent les différentes terres donnant sur l’océan Glacial Arctique, ainsi que l’océan lui-même… [plongée] / (2) Au sud, c’est le sixième continent vide d’hommes [saut] / (3) Alors la banquise va t-elle disparaître (source) ? / (4) Les apppétits s’aiguisent (source).
¤ Haute montagne. Les températures diminuent selon un gradient universel (6°C / 1.000 m) : celui-ci varie selon le versant et l’heure de la journée (+ étagement). La localisation des lignes de crête compte autant que l’altitude. En Alaska, les glaciers terminent leur course dans l’océan (Dans ce Parc national les sommets culminent à 2.000 mètres). Dans les Andes équatoriales, les mêmes paysages s’étendent, mais un ‘hielero’ doit grimper au-delà de 3.000 mètres d’altitude pour se tailler de la glace (source).
¤ Hiver imprévisible ? En Europe, la survenue d’une catastrophe est rare (la dérive nord-Atlantique peut certes brusquement s’interrompre). Au départ un anticyclone s’installe, qui bloque toute circulation d’origine océanique : épisode de février 1956. Montréal, janvier 1998 : le réseau d’électricité cesse de fonctionner. L’armée intervient (source).
2. Au chaud
¤ Entre tropique du Cancer (N) et tropique du Capricorne (S) [carte]. L’ensoleillement est maximal (quelle que soit la saison), car les rayons frappent à la verticale (90° sur l’équateur). Ils agissent d’autant plus qu’il n’y a pas de couvert nuageux : saison sèche, sans moustiques mais avec de grandes migrations. L’orientation (connue pour les panneaux solaires, l’albédo et le vent (effet de foehn, à l’arrière d’une barrière montagneuse) renforcent la puissance de l’ensoleillement : exemple des déserts mexicains traversés par W.Walker).
¤ Bassin méditerranéen. Son étendue (carte) ne doit pas faire oublier des différences : plus entre l’est (Nicosie / été aride) et l’ouest (Perpignan / hiver pluvieux) qu’entre le nord et le sud. Ce climat (subtropical ?) vient d’un anticyclone estival, dit des Açores. En réalité, c’est l’Oscillation nord-Atlantique. La végétation s’adapte (comparaison avec Californie). Par héliotropisme la population s’agglutine dans la partie du continent la plus dangereuse l’été. Il y a un fort risque d’incendie (aridité + végétation buissonnante + vent + brûlage pastoral + promoteurs) : exemple du Var (vidéo d’une intervention).
¤ Eté imprévisible ? En Europe, c’est le gonflement d’un anticyclone normalement centré sur la Méditerranée. En 2003, l’écart avec les températures moyennes dépasse 10 °C (rapport de l’Inra). Comment chiffrer le bilan humain ? L’Ined recense une nette surmortalité. C’est une piqûre de rappel, à propos du vieillissement de la population française.
3. L’humide
¤ La zone équatoriale, combine deux paramètres : l’ensoleillement maximum (sur l’équateur) et la stabilité atmosphérique. Les vents dominants (alizés) des deux hémisphères (force de Coriolis) convergent sur une frontière qui fluctue selon les saisons (Zone de convergence inter-tropicale / en Guyane). La forêt (selva) joue également un rôle important, avec une biomasse inégalée : 203 tonnes par hectare en Amérique du Sud contre 59 tonnes par ha en Europe (source). La forêt restitue jusqu’à 80 % des précipitations dans l’atmosphère : 20 à 40 mètres-cubes par jour et par hectare en Europe (évapotranspiration dans le bassin-versant du Nil). Au barrage du Petit-Saut, une mission de gendarmerie contre les orpailleurs…
¤ Moussons (dossier + variations atmosphériques). Ce phénomène climatique oppose un continent à forte amplitude thermique (Asie) à un océan stable (Indien). Le premier se refroidit en hiver (anticyclone + Mousson d’hiver) ; il surchauffe en été (dépression), attirant les vents océaniques sur le continent, en particulier les montagnes. Selon les pays, les pluies sont précoces (Inde) ou tardives (Japon), abondantes (Sri Lanka) ou irrégulières (Chine du Nord). Bangladesh, novembre 1970… ou Pakistan, août 2010 (312 mm en 36 heures) [Ni toit, ni portes]
¤ Cyclone à la Réunion : Dina, janvier 2002 (Gamède en 2007, ou Gael en 2009). Avec 830.000 habitants, c’est l’un des départements français les plus denses (332 hab./km²) ; 1/5ème dans l’aire urbaine de Saint-Denis (voir aussi zonage pluviométrique). A la base, il y a un mécanisme et à l’arrivée une houle dévastatrice et des vents > 119 km/h. Hyacinthe déverse plus de 5.100 mm de pluies en janvier 1980…
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SE DEPLACER
1. Débarquer [Les littoraux actuels (fin de transgression flandrienne ?) prolongent une plate-forme continentale]
¤ Littoraux ouverts : Cet adjectif désigne un littoral bas, le plus souvent en alternance (plage / côte rocheuse). Les sables proviennent du continent, le plus souvent ; à l’issue d’un cycle d’érosion & sédimentation (sables détritiques ici en forêt de Fontainebleau) parfois poussés par les vents (sables éoliens / à Nouakchott). Tout aménagement modifie les équilibres (Crozon). Les embouchures de fleuves sont des voies d’accès privilégiées (opération Frankton en déc. 42) ; on peut évoquer comme spécifiques : les estuaires (la Plata), fjords (le Sognefjord) et deltas (le Nil).
¤ Littoraux fermés : On a ici l’inverse, par la terminaison brutale du continent. Le plus souvent, le plateau continental est très étroit ou inexistant. La violence du ressac explique la fragmentation des roches les plus solides (vidéo en Islande). A proximité de volcans actifs, le littoral évolue en fonction des éruptions (vidéo à Hawaï). Plus rares, car propres à la zone inter-tropicale (à peine élargie) : les récifs coralliens et les mangroves (ici en Guinée).
¤ Une littoralisation [Notion incluant les systèmes portuaires, laissés de côté ici] mal maîtrisée : L’activité touristique a longtemps été annexe (minorité + faiblesse du secteur Tertiaire). Elle domine aujourd’hui en surface sur les littoraux de pays riches (ex. de Brisbane - Vilaine Nina), et grignote même ceux des pays émergents (ex. de Dakar - …afrikeuropéenne). Les défis sont nombreux : vieillissement et déséquilibre territoriaux (Floride); concentration saisonnière et déclin des activités traditionnelles (Littoraux français); destruction paysagère, clivage sociologique et fragilisation vis-à-vis des risques naturels : ex. de Fort-de-France (carte).
¤ Sans négliger l’histoire (Pourquoi les Américains ont-ils choisi la Normandie pour le Débarquement du 6 juin 44), le géographe constate que les littoraux sont des lieux d’intervention à part entière : ex. de la marée noire du Torrey Canyon (avril 1967 - intervention Armée de Terre). / Plus récemment, la tempête Xynthia a surpris autorités et population (un an après, des questions se posent) : vive le Génie ! / Le tsunami qui a ravagé Sendai (mars 2011) a entraîné une mobilisation de l’armée japonaise.
2. Traverser (forêts)
¤ La forêt primaire est théoriquement non dégradée par l’homme [dossier]. Souvent disparue, elle se maintient surtout dans la zone intertropicale et dans les zones montagneuses. La selva est un biotope complexe, caractérisé par son environnement physique (climat, sol), sa biomasse (variétés des essences) et sa structure : dossier. Le combat contre la déforestation s’avère complexe (Brésil). Le sous-bois est obscur, peu ventilé et humide. Sols imprévisibles et encombrés (vidéo). La selva est le théâtre d’une guerre ancienne entre les Farc et l’armée colombienne (vidéo).
¤ La forêt sempervirente de conifères : elle témoigne d’un passé glaciaire (et périglaciaire) relativement proche, avec reconquête par le bouleau et surtout le pin sylvestre (évincé dans les dix derniers millénaires par concurrence de l’épicéa et du sapin (+ hêtre). Homogénéité des essences, sols pauvres et mal drainés, monotonie des paysages. C’est le cadre du plus long siège de l’histoire contemporaine : Leningrad. La forêt a été un acteur pris en compte dans toutes les projections stratégiques de la guerre froide, ce théâtre Centre Europe qui permet de comprendre le char Leclerc / En Bosnie, ce cadre était familier : ex. du siège de Sarajevo, avec les hauteurs tenues par l’armée serbe.
¤ Forêt secondaire exploitée (feuillus ) ou taillis inextricable ? L’histoire européenne, et plus particulièrement française a basculé au moment de la Révolution industrielle. Le lent déclin des surfaces agricoles s’est accompagné d’un progrès continu des forêts cultivées : besoin de la guerre, développement des besoins en bois (mines, villes, etc.). Le résultat est une forêt structurée, en particulier par essences (chênaie-charmaie en Poitou-Charentes). Le résultat est contradictoire : forêt - loisir ou forêt - gisement ? [Rapport Gaymard, pt ONF]. Le taillis et de façon générale les parcelles non entretenues constitue une menace réelle : ex. du sanglier dont les effectifs progressent rapidement.
¤ Danger : incendie. La sécurité des espaces forestiers est généralement satisfaisante en Europe (en Grèce ?). Cela ne doit pas faire oublier les précédents… La pire catastrophe intervient en août 1949 dans les Landes : 50.000 hectares, 82 morts (en particulier du 33ème RA) [actualité du sinistre]. Une commune sur six est France classée en ‘risque incendie‘.
3. Dominer (montagnes)
¤ Vallées glaciaires ? Bref retour sur les glaciations en Europe (Wurm, maximum -23.000 ans), et leur manifestation dans le massif alpin : 1.500 mètres de glace au niveau de Grenoble pour le glacier de l’Isère (source). Dans le massif alpin, les sommets sont toujours restés au-dessus de la glace. Les vallées glaciaires ont été élargies, rabotées puis tapissées de debris morainiques. Forme en ‘U’ : Grenoble.
¤ Les vallées alpines sont des voies de communication majeures. La montagne a cependant toujours protégé ses habitants. En Suisse, aucun conquérant n’est parvenu à s’y imposer : ni les armées romaines [après Bibracte (- 58 av JC), la latinisation se fait progressive, vite contrebalancée par la pression des Germains sur le Rhin] ; ni celles du Saint-Empire (XIII - XVème siècles), ni celles enfin de la République et du Consulat : les mieux placées (source) ! Rousseau en a tiré l’idée d’une force de la nature. Hitler a renoncé. Les Alpes forteresses ? Peu d’épidémies, la prospérité économique (= croît naturel) et le goût pour la guerre (citoyens-soldats et mercenaires).
¤ L’Afghanistan (carte) réunit quelques grandes vallées pratiquables (et anciennement utilisées) avec un potentiel agricole évident, et une très grande diversité ethnique. Mais il constitue un ensemble essentiellement montagneux impossible à contrôler : Opium, misère du peuple afghan, Drone de guerre, Obama n’est pas Géronte, Kaboul-au-Prince.
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FAIRE FACE AUX RISQUES et PRENDRE en CHARGE les CIVILS
1. Inondations (des phénomènes physiques maîtrisables, des aménagements incontrôlables)
¤ Une vallée se définit d’abord selon son profil en long (exemple de l’Amazone). A l’amont, conjonction d’affluents montagneux, pente forte, érosion et encaissement. Plus la pente diminue, plus la vallée s’élargit, alluvionne, et plus la taille moyenne des affluents augmentent. Les points sensibles : gorges (Trois-Gorges en Chine), ponts et confluences [Que la Marne en furie dévale dans la Seine]. Dans le cas de la Garonne (visite virtuelle / 700 m3/s en moyenne à Bordeaux) si souvent turbulente, le débit moyen de l’Ariège est de 35 m3/s, celui du Lot de 150 m3/s, celui de la Dordogne de 380 m3/s. En juin 1875, la dernière grande crue du fleuve emporte tout : 9,47 m à Toulouse (Abbé Lanusse, originaire de Tonnens).
¤ Une vallée se définit ensuite par son profil en largeur (exemple du Changjiang à Chongqing). Le chenal occupe le thalweg. Au cours de ses crues saisonnières, le cours d’eau envahit le lit mineur : comme le Niger à Niamey pendant la saison des pluies. Sans crier gare (décennie, siècle, millénaire ?), mais en fonction de paramètres prévisibles, le cours d’eau occupe l’intégralité de sa vallée, autrement appelé lit majeur : inondation maximale. Dans la vallée alternent donc cycles d’érosion et d’accumulation. Sur un million d’années se constituent des formes topographiques : méandres ou terrasses (ex. dans la Drôme). Sur une décennie, on voit se former une île, ou un chenal changer dans son lit mineur ; les digues figent artificiellement et font perdre la mémoire de l’inondation : comme à Tours [Déjouer les tours du sort].
¤ L’alimentation varie en fonction des précipitations, mais avec un décalage. Celui-ci peut se compter en heures, jours ou semaines. Le ruissellement s’avère cependant moins déterminant que l’alimentation par la nappe saturée. La répartition des précipitations - donc les climats - influe directement sur l’alternance entre hautes eaux et étiage. On peut distinguer les cours d’eaux glaciaires, nivaux, pluviaux (océaniques ou tropicaux). A Paris [Prendre un Paris, celui de 1910], les effets d’une crue ne sont évidemment pas les mêmes que dans la vallée de l’Indus [Ni toit, ni portes].
¤ La façade méditerranéenne, ou la concentration de tous les risques (Vaison-la-Romaine - carte - 22/09/92). Digues et barrages sont souvent des parades imparfaites : vallées courtes et à forte pente, artificialisation des sols, pression foncière et disparition des activités agricoles. Sous ce régime climatique, les courbes de crue prennent une forme catastrophique : exemple du mont Lozère, sur la périphérie sud du Massif Central. Ainsi, l’aire urbaine de Montpellier occupe l’essentiel du bassin-versant du Lez (synthèse). A Draguignan, le flot a tout emporté [Guigne à Draguignan]. Loin de la Méditerranée, les écoulements torrentiels existent aussi : à Rio [Ne pas confondre football-spectacle et catastrophe à l’heure de pointe] ou dans le Queensland australien [Le journaliste, le climatologue et l’industriel].
2. Accidents industriels (de la menace à la gestion de crise)
¤ Plusieurs branches : base (dont BTP), agroalimentaire, énergie, biens d’équipement, biens de consommation. Une histoire commencée après 1750, avec des localisations successives (mines, sources énergie, ports). En Europe en en Amérique du Nord, l’industrie demeure : dangereuse mais maîtrisée. Néanmoins, il y a une sorte d’oubli + écueil de l’environnementalisme (version Nicolas H ou version Eva J.) ? Amélioration de l’activité, concurrence des services [Et pourtant, ils tournent en rond], glissement à l’extérieur des zones urbaines (Fos sur mer) ou plus loin encore par délocalisation. Bhopal marque une rupture à plus d’un titre (commémoration en 2009)… Résultat carte France.
¤ La pollution est le risque le plus fréquent (air, eau, flore et faune). Dans le cas de la sidérurgie, les scories sont chargées de phosphore. La chimie minérale rejette du chlore et du soufre. Les raffineries traitent des millions de tonnes de pétrole et ne sont pas délocalisables. Ce n’est pas la grosseur d’une usine qui la rend dangereuse : petite métallurgie dangereuse (plomb, mercure, etc). L’activité historique a cessé depuis des lustres ? Les stériles demeurent : exemple du cadmium dans la Gironde. A Seveso, il a fallu une dizaine de jours pour réagir (vidéo) ; l’accident a fait évoluer les normes européennes (source). Le plus spectaculaire reste l’explosion d’un site, comme AZF en 2001 : le cratère vu d’un hélico gendarmerie (dossier). La dissémination d’un virus comme la variole [ex. de la peste en 1347-48] pose lui aussi la question du contrôle de la population civile éventuellement paniquée : prise en charge des blessés (morts), évacuation par couloirs, cantonnement derrière des cordons…
¤ La pénurie résultant d’une rupture des approvisionnements s’avère plus probable, parce qu’elle touche au fonctionnement des sociétés modernes, par réseaux. Peu importe son origine, au contraire de ce que présentent généralement les médias. L’hypothèse terroriste a évidemment pris corps avec le 11/09 ; elle a donné malheureusement le sentiment que l’on pouvait empêcher les attentats [Time is care] ! Les produits cruciaux proviennent rarement de loin, comme dans le cas du pétrole (d’où la constitution de réserves stratégiques). Dans le cas de l’électricité, l’allongement des réseaux tient à la sécurité (nucléaire), mais aussi à l’économie (intégration Canada-Etats Unis)… Les conséquences d’une rupture sont incalculables, à cause des NTIC. Il faut ajouter l’eau (dormons tranquilles) ou encore l’alimentaire : exemple de Rungis (carte). L’armée a perdu la main…
¤ Japon, mars 2011 [Carte]. Du séisme à la catastrophe nucléaire… Le 11 mars, un séisme de forte magnitude (+/- 9 sur l’échelle de Richter) dont l’épicentre est en mer provoque d’importants dégâts. Plusieurs séries de vagues ravagent les côtes. La centrale de Fukushima s’arrête alors (actu). Et pour finir, c’est le Tokyohic… Et si la centrale Nogent sur Seine avait un problème [Nogent secret] ? Mais c’est Fessenheim que l’on surveille [Donner sa langue au chat alsacien] !
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INTERVENIR EN VILLE


1. L’étalement urbain (provoqué par le train, accéléré par la voiture)

¤ Le centre-ville (la ville d’hier) occupe le site primitif désormais inutile - gué, point haut, etc. - comme dans le cas de Paris. A Besançon, le site défensif était exceptionnel ; avant [Querelle bisontines]. Après un lent déclin démographique (voir après), les trente dernières années ont vu un retour d’une population aisée (gentryfication) alors même que le nombre de voitures s’accroît rapidement [Une auto, des totaux]. Il arrive que le centre-ville ne connaisse aucune revitalisation, frappé par une sorte d’abandon : Detroit. Cette zone devient à la fois une friche et un quartier d’habitation déclassé [Clint casse la baraque].
¤ Les immeubles des faubourgs ont laissé place aux maisons jointes de banlieues de la première couronne ; dans la continuité urbaine. C’est ainsi que Tours se desserre au sud du Cher [’Déjouer les tours du sort‘]. Dans ces quartiers, on trouve encore une certaine hétérogénéité sociale, en passe de disparaître du fait de la poussée des prix de l’immobilier : Asnières au nord de Paris (carte).
¤ Au delà, à une distance +/- importante, s’étend la seconde couronne. Les quartiers ont vite grandi, sur le principe du pavillon non collé, seul sur une parcelle de terrain. Les densités obtenues sont celles des campagnes environnantes. Le modèle est la banlieue de Los Angeles qui la première a expérimenté l’adaptation de l’urbanisme à l’automobile. A l’est de Paris, des villes ont vu le jour sur ce principe [Bussyland].
2. Protéger la ville : les centres-villes gentryfiés… et convoités.
¤ L’exemple le plus récent d’émeute urbaine est le plus insatisfaisant : novembre 2005. Rien n’annonçait l’événement. Rien n’a permis de comprendre son étendue : bien des quartiers de villes moyennes ont basculé dans la violence. Il n’y avait ni organisation, ni mots d’ordre, ni objectifs. Si les causes existent, elles sont de toutes façons multiples [Les violences urbaines de novembre 2005, le temps des analyses].
¤ En temps normal, le centre-ville est le terrain de jeu épisodique des casseurs : lieu du rassemblement, c’est aussi l’endroit où se concentrent les belles enseignes. Les occasions ne manquent pas : match de foot, soirée électorale, manifestations de soutien à Gaza, ou hostiles au CPE. Inorganisés, sans signes distinctifs, mais avec des téléphones portables qui servent au besoin d’appareils photos. Tout cela est ennuyeux… Mais sans conséquences. Seulement, à LA en 1992, le résultat est spectaculaire.
¤ En mai 1968, tout commence sans signes avant-coureurs. Puis les ouvriers se joignent aux étudiants. Et puis rien ne se passe : les palabres débouchent sur du vent. L’autorité ne réagit pas. C’est le discours du général de Gaulle qui donne le signal de l’émeute. Vacance du pouvoir. Les archives parlent d’elles-mêmes (démocratisation, professionnalisaton, autonomie, etc… ont fini par s’imposer ?!).


3. De plus en plus de citadins dans des aires urbaines de plus en plus étalées

¤ L’habitat individuel est devenu la norme dans un monde urbanisé. Dans une étude de 2009, l’Insee rappelle les différentes étapes qui ont conduit la France à rejoindre le modèle anglo-saxon. Il apparaît que les données démographiques - baisse du croît naturel (fin du Baby-Boom) - ou économiques - déclin industriel & chômage de longue durée - n’ont pas provoqué un infléchissement du phénomène. L’artificialisation des terres par l’extension des zones urbanisées touche particulièrement la moitié sud de la France (voir cartes et graphiques).
¤ La fin des paysans coïncide avec la dilution des zones à fortes densités. Dans le cas français, les densités parisiennes (> 20.000 hab/km²) sont deux fois supérieures à celles de Lyon (10.000). Lille (6.500), Bordeaux (4.800) ou Marseille (3.500). La hausse des prix n’a pas entraîné une augmentation de la densité en France : c’est aussi vrai ailleurs. Or les bulles immobilières se forment en même temps que les Etats s’appauvrissent (et se désengagent).
¤ Quelques conséquences : l’étalement qui coûte cher (exemple de l’adduction - suite), la spécialisation des activités qui rend les périurbains dépendants de l’automobile (commerces et services absents), la viabilité des services publics et en particulier les établissements scolaires (carte scolaire). Il faut ajouter que l’homogénéisation sociale de certains quartiers prend des formes parfois exacerbées ; dans quels cas faut-il parler de ghetto ?
¤ Au Royaume-Uni, l’expression de broken society s’applique à ces quartiers concentrant toutes les difficultés. L’espace urbain est-il devenu plus dangereux ? En tout cas, le sentiment d’insécurité & déclassement n’a pas disparu : le succès des Tea Parties l’illustre aux EU. l’électorat FN aux élections cantonales de 2011 (carte) colle fortement avec la carte de la périurbanisation, en particulier en région parisienne. Et le vieillissement des populations (en particulier dans les premières couronnes urbaines ajoute un élément de complexité…
¤ La ville ingérable ? Nécessité de revoir les domaines d’intervention de la police et de la gendarmerie (exemple en Auvergne). Aux Etats-Unis, on observe la montée en puissance des Swats.
4. Les réseaux de transport synthétisent la fragilité des sociétés métropolitaines.
¤ Les systèmes de transport se concurrencent sans s’annihiler : exemple du Grand Paris (Ceinture et Sainte-Soulle). Ils renvoient à la dépendance en énergies. En terme de sécurité collective, le principal problème est la saturation désormais habituelle des réseaux de transports en commun (Pas de hasards à Saint-Lazare) ou individuels (Nantes, capitale du bouchon vert).
¤ C’est pourtant la menace terroriste qui focalise l’attention des pouvoir publics : Vigipirate. Peut-on en permanence protéger les gares et aéroports ? Le terme ‘posture’ en dit long. Que se passerait-il en cas d’incident à Orly… Petit cas d’école à trois niveaux à partir de la carte : 1. grève des transports ou blocage autoroutier / 2. Accident sur Rungis / 3. Agression caractérisée. Dans le cas de New-York frappé le 11 septembre 2001, le risque lié aux aéroports demeure.
CONCLUSION

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