lundi 14 avril 2014

Géographie des pays émergents

QUE SONT LES PAYS EMERGENTS ? (Introduction - 1/10)
  • Les repères historiques parfois inopérants (colonisation/décolonisation, guerre froide). Au XXème siècle, le Brésil conquiert son espace (lien).
  • Des pays directement issus de vieilles civilisations. L'agriculture en Inde empile l'histoire du sous-continent (lien). Emergence = revanche sur l'histoire .
  • Des pays neufs ont cessé d'être classés comme émergents... Pourquoi ? Le Japon garde des caractéristiques émergentes, et pourtant... (lien)
  • La mondialisation conduit-elle forcément au triomphe des valeurs occidentales (respect des droits de l'homme, démocratie) ? Pour le cas de la Corée du Sud, combien de contre-exemples (lien) ?
  • Sur la carte (lien), les pays se répartissent sur tous les continents, avec quelques exceptions. Lecture complémentaire => Pour une géographie sociale des pays émergents ?

IMMENSITES TERRITORIALES (2/10)
  • Gaspillage des ressources naturelles
  • Exode rural et déclin des cultures traditionnelles
  • Agricultures productivistes adaptées aux marchés internationaux
  • Déséquilibres territoriaux
  • Risques naturels, de la catastrophe exceptionnelle aux désastres climatiques saisonniers (Mousson)

PRESQUE INDUSTRIELS, BIENTOT TERTIAIRES (3/10)
  • La dépendance vis-à-vis des matières premières
  • Des puissances énergétiques
  • Des activités industrielles, polluantes et dangereuses (dédaignées par le Nord)
  • La main d'oeuvre bon marché (suite et fin ?)
  • Des produits concurrentiels. L'Occident dépassé

URBANISATION et METROPOLISATION (4/10)
  • Les territoires dynamiques (littoraux, noeuds de communication)
  • Des villes délaissées : organisations archaique (coloniale, pré-industrielle, etc.) ou post-indépendance
  • Des mégapoles apparemment désordonnées. Violence et économies informelles
  • Une classe moyenne, homogène, sur des standards internationaux.

LES DEFIS (5/10)
  • Les inégalités sociales et la redistribution bloquée des richesses
  • Les (autres) tensions sociales aux racines anciennes (question raciale, castes...)
  • Le vieillissement démographique accéléré par les politiques publiques.
  • Pour quels Etats ? Abandon de l'Etat-providence ou progrès de la démocratie
  • Des ambitions géopolitiques...

L'AMERIQUE LATINE (6/10)

L'AFRIQUE (7/10)

L'ASIE (8/10)

LE SOUS-CONTINENT INDIEN (9/10)

LA CHINE (10/10)

lundi 17 février 2014

La géographie, 'discipline du terrain' (Survivre, se déplacer, faire face aux risques et intervenir en ville)

INTRODUCTION. Etudier le 'Cadre général de l'action'


SURVIVRE. Contraintes météorologiques (initiation)
1. L'homogénéité thermique et pluviométrique est une exception [La climatisation de l'armée américaine a coûté plus en 2010 que la Nasa]
¤ L'absence d'amplitude thermique (écart entre minima et maxima de températures) et la répartition des précipitations mensuelles existent dans le climat équatorial : Zone de  convergence inter-tropicale. L'Europe océanique (cas unique ?) bénéficie ainsi de l'influence apaisante de la Dérive Nord-AtlantiqueL'homogénéité océanique se dégrade avec l'éloignement de l'océan (courbes d'isocontinentalité). En montagne, l'altitude écrase les écarts au-dessus de 1.000 mètres (France).
¤ L'hyper-continentalité temporaire inverse les données météorologiques saisonnières de l'Europe occidentale. En 1709, une frange de la population française meurt littéralement de froid (exemple en Saône-et-Loire). Un anticyclone bloque toutes les influences océaniques. Les hautes pressions maintiennent pendant quelques semaines une stabilité atmosphérique, avec un impact des vents dominants.
  • En janvier 2014, les Etats-Unis sont traversés par des vents d'altitude dérivant des régions arctiques (vortex) avec des minima à - 37 °C (- 53 °C ressentis). En France, la référence remonte à l'hiver 1956 : source.
  • La canicule d'août 2003 révèle l'importance de la question du vieillissement. Chaque jour, des centaines de corps à gérer, non pas dans une zone isolée mais sur 40 % du territoire hexagonal : source.
  • En été, dans la moitié sud de la France, les incendies menacent la forêt méditerranéenne (source) plus ou moins imbriquée dans le bâti (exemple dans le Var). En août 1949, 50.000 hectares brûlent dans les Landes (source).
2. Les déserts froids, ou l'homogénéité thermique dans le froid.
¤ Les régions polaires (carte) s'étendent dans les deux hémisphères au-delà des cercles polaires : 66°36 (limite dite du soleil 'de minuit'). Lors du solstice de juin, le jour dure 24 heures.

  • Les conditions sont extrêmes, mais prévisibles, même en Antarctique (source), sixième continent vide d'hommes. Avec l'accélération du réchauffement climatique, les pays bordiers de l'Arctique rêvent d'un futur pour des autoroutes maritimes (source).

¤ L'amplitude thermique est faible dans les hautes latitudes : par l'inclinaison du rayonnement solaireL'été boréal, de courte durée, permet une vie végétale et animale. Les eaux de surface se libèrent brièvement : débâcle. 
  • Durant l'hiver 1939-1940, les Soviétiques ont expérimenté la guerre dans le désert froid (source). 
¤ La haute montagne (carte). Les températures diminuent selon un gradient universel (6°C / 1.000 m). Elles varient selon le versant : le soleil éclaire l'adret et laisse dans l'ombre l'ubac, déterminant des limites paysagères (étagement).
¤ L'amplitude thermique diurne détermine une forte instabilité. Le jour (surtout par temps clair), les températures montent. L'air chaud s'élève : c'est la brise de vallée trompeuse et fugitive. La nuit, les températures dégringolent. L'air froid étant plus lourd, une brise de montagne surprend facilement le promeneur... (schéma). En fonction de l'orientation les fonds de vallées peuvent conserver le froid : inversion de température. 
  • Dans les Alpes, on craint une disparition des glaciers à la faveur d'une succession d'étés trop soutenus avalanches (source). Le risque d'avalanches demeure.
3. Les déserts chauds, ou l'homogénéité thermique dans le chaud.
¤ La stabilité anticyclonique, la continentalité et les courants marins froids provoquent, ensemble ou séparément, l'aridité : précipitations annuelles inférieures à 250 mm. La réalité désertique est cependant aussi humaine et paysagère.

  • Aux confins du Mali, l'Adrar des Ifoghas (carte) garde les traces de paléo-climats humides (lien). On trouve des inselbergs (lien), des roches moutonnées et des regs (lien), des oueds ensablés (lien), des nomades et des acacias (lien). L'activité terroriste ne date pas d'hier (source).

¤ Entre tropique du Cancer (N) et tropique du Capricorne (S) L'ensoleillement est maximal, car les rayons frappent à la verticale (90° sur l'équateur). Dans le désert, ils agissent d'autant plus qu'il n'y a pas de couvert nuageux. L'albédo fait grimper les températures, en fonction de la couleur des solsLa nuit, l'absence de végétation et le rayonnement cosmique se conjuguent pour  faire chuter les températures.
¤ Les phénomènes de Mousson (source) viennent exceptionnellement perturber le système aride, avec des effets plus ou moins dévastateurs (El Niño au Chili-Pérou) par la dévastation des écoulements. En Asie, alternent deux saisons. Le continent se refroidit en hiver (anticyclone + Mousson d'hiver) ; il surchauffe en été (dépression), attirant les vents océaniques sur le continent, en particulier les montagnes.
¤ Les pluies sont précoces à l'ouest (Inde) et tardives à l'Est (Japon); abondantes (Sri Lanka) ou irrégulières (Chine du Nord). 

*
SE DEPLACER
1. Débarquer [Les littoraux actuels (fin de transgression flandrienne ?) prolongent une plate-forme continentale]
¤ Littoraux ouverts : Cet adjectif désigne un littoral bas, le plus souvent en alternance (plage / côte rocheuse).
. Les sables proviennent du continent, le plus souvent ; à l'issue d'un cycle d'érosion et sédimentation, parfois poussés par les vents (sables éoliens / à Nouakchott).
. Tout aménagement modifie les équilibres (Crozon). On peut évoquer comme spécifiques : les estuaires (la Plata), fjords (le Sognefjord) et deltas (le Nil). Les embouchures de fleuves sont des voies d'accès privilégiées (opération Frankton en déc. 42)
Les côtes sableuses permettent des débarquements par accostage de barges. Le premier succès obtenu par les Alliés est au début de la campagne d'Italie, en Sicile méridionale, à l'été 43 (Anzio, en janv. 44 est plus mitigé). A Iwo Jima (mars 45), la victoire coûte cher aux Américains : 7.000 morts, 19.000 blessés (lien).
¤ Littoraux fermés : On a ici l'inverse, par la terminaison brutale du continent. Le plus souvent, le plateau continental est très étroit ou inexistant.
. La violence du ressac explique la fragmentation des roches les plus solides (vidéo en Islande). A proximité de volcans actifs, le littoral évolue en fonction des éruptions (vidéo à Hawaï).
. Plus rares, car propres à la zone inter-tropicale (à peine élargie) : les récifs coralliens et les mangroves (ici en Guinée).
. A Dieppe, à l'été 1942, 3.000 Canadiens meurent sur la côte à falaise : Opération Jubilée.
¤ Une littoralisation [Notion incluant les systèmes portuaires, laissés de côté ici] mal maîtrisée. L'activité touristique a longtemps été annexe (minorité + faiblesse du secteur Tertiaire) : De la Brière à Saint-Nazaire.
. Elle domine aujourd'hui en surface sur les littoraux de pays riches (ex. de Brisbane - Vilaine Nina), et grignote même ceux des pays émergents (ex. de Dakar - ...afrikeuropéenne).
. Les défis sont nombreux : vieillissement et déséquilibre territoriaux (Floride); concentration saisonnière et déclin des activités traditionnelles (Littoraux français); destruction paysagère, clivage sociologique et fragilisation vis-à-vis des risques naturels : ex. de Fort-de-France (carte).
¤ Sans négliger l'histoire (Pourquoi les Américains ont-ils choisi la Normandie pour le Débarquement du 6 juin 44), le géographe constate que les littoraux sont des lieux d'intervention à part entière.
. La marée noire du Torrey Canyon (avril 1967 - intervention Armée de Terre).
. Plus récemment, la tempête Xynthia a surpris autorités et population (un an après, des questions se posent) : vive le Génie !
. Le tsunami qui a ravagé Sendai (mars 2011) a entraîné une mobilisation de l'armée japonaise.
2. Traverser (forêts)
¤ La forêt primaire est théoriquement non dégradée par l'homme. Souvent disparue, elle se maintient surtout dans la zone intertropicale et dans les zones montagneuses.
. La selva est un biotope complexe, caractérisé par son environnement physique (climat, sol), sa biomasse (variétés des essences) et sa structure (lien).
. Le combat contre la déforestation s'avère complexe (Brésil). Le sous-bois est obscur, peu ventilé et humide. Sols imprévisibles et encombrés (vidéo). 
. Au barrage du Petit-Saut, une mission de gendarmerie contre les orpailleurs...
¤ La forêt sempervirente de conifères : elle témoigne d'un passé glaciaire (et périglaciaire) relativement proche, avec reconquête par le bouleau et surtout le pin sylvestre (évincé dans les dix derniers millénaires par concurrence de l'épicéa et du sapin.
Homogénéité des essences, sols pauvres et mal drainés, monotonie des paysages.
. Ces territoires nord-américains qui auraient pu rester francophones (lien) sans l'issue malheureuse de la guerre de Sept-Ans (lien).
¤ La forêt mixte d'Europe correspond à la situation paysagère la plus courante. Elle s'impose progressivement dans la moyenne montagne française. En Suisse, elle occupe le plateau central et les vallées.
. La forêt a été un acteur pris en compte dans toutes les projections stratégiques de la guerre froide, ce théâtre surnommé Centre Europe qui permet de comprendre le char Leclerc.
. En Bosnie, ce cadre était familier : ex. du siège de Sarajevo (lien), avec les hauteurs tenues par l'armée serbe.
¤ Forêt secondaire exploitée (feuillus) ou taillis inextricable ? L'histoire européenne, et plus particulièrement française a basculé au moment de la Révolution industrielle.
. Le lent déclin des surfaces agricoles s'est accompagné d'un progrès continu des forêts cultivées : besoin de la guerre, développement des besoins en bois (mines, villes, etc.).
. Le résultat est une forêt structurée, en particulier par essences (chênaie-charmaie en Poitou-Charentes). Le résultat est contradictoire : forêt - loisir ou forêt - gisement ? [Rapport Gaymard].
Le taillis et de façon générale les parcelles non entretenues constitue une menace réelle : ex. du sanglier dont les effectifs progressent rapidement.
¤ Danger (outre les incendies déjà évoqués) : l'ensauvagement
. Existe t-il une diagonale du vide ? Dans tous les départements touchés par la désertification la forêt s'étend : source IGN. Pour la gendarmerie, la gestion du territoire devient périlleuse... Klaus a tempêté
On peut citer des faits divers d'importance minime (...), comme le saccage des vignes dans une propriété du Médoc ou encore la profanation de l'ossuaire de Douaumont. Mais dans le cas des ours des Pyrénées, le retour à l'état naturel est d'ores et déjà acquis... 
3. Dominer (montagnes)
¤ Vallées glaciaires ? Bref retour sur les glaciations en Europe (Wurm, maximum -23.000 ans).
. Dans le massif alpin : 1.500 mètres de glace au niveau de Grenoble pour le glacier de l'Isère (source). Les sommets sont toujours restés au-dessus de la glace.
. Les vallées glaciaires ont été élargies, rabotées puis tapissées de debris morainiques. Forme en 'U' : Grenoble.
¤ Les vallées alpines sont des voies de communication majeures. La montagne a cependant toujours protégé ses habitants.
. Les Alpes forteresses ? En Suisse, peu d'épidémies, la prospérité économique (= croît naturel) et le goût pour la guerre (citoyens-soldats et mercenaires). Rousseau en a tiré l'idée d'une force de la nature.
. En Suisse, aucun conquérant n'est parvenu à s'y imposer. Les armées romaines (après Bibracte, - 58 av JC) y trouvent une intense résistance (latinisation progressive, contrebalancée ensuite par la pression des Germains sur le Rhin). Ni les armées du Saint-Empire (1291), ni celles de la République et du Consulat n'y pénètrent (source) ! Hitler a renoncé.
¤ L'Afghanistan (carte) réunit quelques grandes vallées pratiquables (et anciennement utilisées) avec un potentiel agricole évident, et une très grande diversité ethnique.
. Mais il constitue un ensemble essentiellement montagneux impossible à contrôler Opium, misère du peuple afghanDrone de guerreObama n'est pas GéronteKaboul-au-Prince.
*
FAIRE FACE AUX RISQUES et PRENDRE en CHARGE les CIVILS
1. Inondations (des phénomènes physiques maîtrisables, des aménagements incontrôlables). L'occurrence d'une inondation dépend de l'alimentation en eau du bassin-versant (exemple de l'Amazone).
¤ Une vallée se définit d'abord selon son profil en long : de la source à l'embouchure (ou à la confluence).
. A l'amont, conjonction d'affluents montagneux, pente forte, érosion et encaissement. Plus la pente diminue, plus la vallée s'élargit, alluvionne, et plus la taille moyenne des affluents augmente. L'incision des vallées, une question de temps ?
. Les points sensibles : gorges (Trois-Gorges en Chine) et ponts servent de goulet d'étranglement en cas de levée des eaux.  et confluences [Que la Marne en furie dévale dans la Seine].
Dans le cas de la Garonne (700 m3/s en moyenne à Bordeaux) si souvent turbulente, le débit moyen de l'Ariège est de 35 m3/s, celui du Lot de 150 m3/s, celui de la Dordogne de 380 m3/s. En juin 1875, la dernière grande crue du fleuve emporte tout : 9,47 m à Toulouse (Abbé Lanusse, originaire de Tonnens).
¤ Une vallée se définit ensuite par son profil en largeur (exemple du Changjiang à Chongqing).
. Le chenal occupe le thalweg. Au cours de ses crues saisonnières, le cours d'eau envahit le lit mineur : comme la Marne à l'Est de Vitry-le-François.
. Sans crier gare (décennie, siècle, millénaire ?), mais en fonction de paramètres prévisibles, le cours d'eau occupe l'intégralité de sa vallée, autrement appelé lit majeur : inondation maximale.
. Dans la vallée alternent donc cycles d'érosion et d'accumulation. Sur un million d'années se constituent des formes topographiques : méandres ou terrasses (ex. dans la Drôme).
Sur un siècle, on voit se former une île, ou un chenal changer dans son lit mineur ; les digues figent artificiellement et font perdre la mémoire de l'inondation : comme à Tours [Déjouer les tours du sort].
¤ L'alimentation varie en fonction des précipitations, mais avec un décalage. Celui-ci peut se compter en heures, jours ou semaines.
. Le ruissellement s'avère cependant moins déterminant que l'alimentation par la nappe saturéeLa répartition des précipitations - donc les climats - influe directement sur l'alternance entre hautes eaux et étiage.
. On peut distinguer les cours d'eaux selon leurs régimes hydrographiques glaciairesnivauxpluviaux (océaniques ou tropicaux). Dans le cas de la Seine, il y a plusieurs régimes, du fait même des caractéristiques de son bassin-versant...
A Paris [Prendre un Paris, celui de 1910], les effets d'une crue suscitent la controverse. Des aménagements nouveaux peuvent-ils sauver la capitale ?
¤ La façade méditerranéenne, ou la concentration de tous les risques (Vaison-la-Romaine - carte - 22/09/92).
. Digues et barrages sont souvent des parades imparfaites : vallées courtes et à forte pente, artificialisation des sols, pression foncière et disparition des activités agricoles.
. Sous ce régime climatique, les courbes de crue prennent une forme catastrophique : exemple du Lot à Mende le 3 décembre 2003 (Lozère), sur la périphérie sud du Massif Central.
. Ainsi, l'aire urbaine de Montpellier occupe l'essentiel du bassin-versant du Lez (synthèse). A Draguignan, le flot a tout emporté [Guigne à Draguignan].
. Dans la zone inter-tropicale, les écoulements torrentiels sont aussi courants : à Rio [Ne pas confondre football-spectacle et catastrophe à l'heure de pointe] ou dans le Queensland australien [Le journaliste, le climatologue et l'industriel].
2. Accidents industriels (de la menace à la gestion de crise) 
¤ Plusieurs branches : base (dont BTP), agroalimentaire, énergie, biens d'équipement, biens de consommation.
. En Europe en en Amérique du Nord, l'industrie demeure : dangereuse mais globalement maîtrisée. Néanmoins, il y a une sorte d'oubli que les écologistes veulent empêcher.
. Une histoire commencée après 1750, avec des localisations successives (mines, sources énergie, ports). Amélioration de l'activité, concurrence des services [Et pourtant, ils tournent en rond], glissement à l'extérieur des zones urbaines (Fos sur mer) ou plus loin encore par délocalisation.
¤ La pollution est le risque le plus fréquent (air, eau, flore et faune).
. Dans le cas de la sidérurgie, les scories sont chargées de phosphore. La chimie minérale rejette du chlore et du soufre. Les raffineries traitent des millions de tonnes de pétrole et ne sont pas délocalisables.
. Ce n'est pas la grosseur d'une usine qui la rend dangereuse : petite métallurgie dangereuse (plomb, mercure, etc). L'activité historique a cessé depuis des lustres ? Les stériles demeurent : exemple du cadmium dans la Gironde.
Bhopal marque une rupture à plus d'un titre (commémoration en 2009)... En France, l'explosion du site d'AZF en 2001 symbolise un autre tournant : le cratère vu d'un hélico gendarmerie (dossier) est toujours visible sur image satellite.
¤ La pénurie résultant d'une rupture des approvisionnements s'avère plus probable, parce qu'elle touche au fonctionnement des sociétés modernes, par réseaux.
. Les produits cruciaux proviennent rarement de loin, comme dans le cas du pétrole (d'où la constitution de réserves stratégiques). D'où l'importance des ports de commerce et des voies d'approvisionnements...
. Dans le cas de l'électricité, l'allongement des réseaux tient à la sécurité (nucléaire), mais aussi à l'économie (intégration Canada-Etats Unis)... Les conséquences d'une rupture sont incalculables, à cause des NTIC.
. Il faut ajouter l'eau (dormons tranquilles) ou encore l'alimentaire : exemple de Rungis (carte). L'armée a perdu la main...
3. Les séismes, comme illustration d'une banalité du risque : ni vraiment humain, ni totalement naturel. La gestion de crise ?
¤ A chaque catastrophe se pose la question du contrôle de la population civile éventuellement paniquée : prise en charge des blessés (morts), évacuation par couloirs, cantonnement derrière des cordons...
. La sécurité civile est régulièrement prise de court. A Seveso, en Italie, il a fallu une dizaine de jours pour réagir (vidéo) ; l'accident a certes fait évoluer les normes européennes (source).
. A Grenoble, l'une des métropoles françaises les plus menacées, les effectifs de la sécurité civile suffisent pour le temps normal ['Un jour d'Isère, au milieu de l'hiver'] : est-on vraiment dans le principe de précaution inscrit dans la Constitution ? 
. A Haïti, le séisme du 12 janvier 2010 provoque la mort de 200.000 habitants (?). Pour des raisons historiques, géographiques et médiatiques, les Etats occidentaux sont sollicités. La prise en charge des populations est immédiatement compliquée.
¤ Japon, mars 2011 [Carte]. Du séisme à la catastrophe nucléaire... Le 11 mars, un séisme de forte magnitude (+/- 9 sur l'échelle de Richter) dont l'épicentre est en mer provoque d'importants dégâts. Plusieurs séries de vagues ravagent les côtes. La centrale de Fukushima s'arrête alors (actu). Pour finir, c'est le Tokyohic...
. Et si la centrale de Nogent sur Seine avait un problème [Nogent secret] ? Mais c'est Fessenheim que l'on surveille [Donner sa langue au chat alsacien] !
INTERVENIR EN VILLE
1. L'étalement urbain (provoqué par le train, accéléré par la voiture) est-elle la source de tous les maux ?
 ¤ Le centre-ville (la ville d'hier) occupe le site primitif désormais inutile - gué, point haut, etc. - comme dans le cas de Paris. A Besançon, le site défensif était exceptionnel ; avant [Querelle bisontines].
. Après un lent déclin démographique (voir statistiques Insee de Toulouse), les trente dernières années ont vu un retour d'une population aisée (gentryfication), alors même que le nombre de voitures s'accroît rapidement [Une auto, des totaux].
. Il arrive que le centre-ville ne connaisse aucune revitalisation, frappé par une sorte d'abandon : Detroit. Cette zone devient à la fois une friche et un quartier d'habitation déclassé [Google+ / Clint casse la baraque].
¤ Les immeubles des faubourgs ont laissé place aux maisons jointes de banlieues de la première couronne ; dans la continuité urbaine. C'est ainsi que Tours se desserre au sud du Cher ['Déjouer les tours du sort'].
. Dans ces quartiers, on trouve encore une certaine hétérogénéité sociale, en passe de disparaître du fait de la poussée des prix de l'immobilier : Asnières au nord de Paris (carte).
. En France, la fracture entre intégrés et exclus sévit toujours... C'était pourtant le slogan des élections de 1995.
¤ Au delà, à une distance +/- importante, s'étend la seconde couronne. Celle-ci s'étend, à la densification déclinante.
. Les quartiers ont vite grandi, sur le principe du pavillon non collé, seul sur une parcelle de terrain. Les densités obtenues sont celles des campagnes environnantes.
Le modèle est la banlieue de Los Angeles qui la première a expérimenté l'adaptation de l'urbanisme à l'automobile. A l'est de Paris, des villes ont vu le jour sur ce principe [Bussyland].
2. Protéger la ville : les centres-villes gentryfiés... et convoités.
¤ L'exemple le plus récent d'émeute urbaine est le plus insatisfaisant : novembre 2005. Beaucoup ont été surpris par l'événement. Rien n'a permis de comprendre son étendue : bien des quartiers de villes moyennes ont basculé dans la violence.
. Il n'y avait ni organisation, ni mots d'ordre, ni objectifs. Si les causes existent, elles sont de toutes façons multiples [Les violences urbaines de novembre 2005, le temps des analyses].
¤ En temps normal, le centre-ville gentryfié est le terrain de jeu épisodique des casseurs : lieu du rassemblement, c'est aussi l'endroit où se concentrent les belles enseignes.
. La parade imaginée contre l'encombrement de la voirie a été la mise en place de réseaux de transports. Exemple à Toulouse. Pour empêcher une émeute dans le centre-ville, il ne reste plus qu'à bloquer les réseaux. Et paralyser toute l'activité de l'agglomération.
. Les occasions pour un rassemblement en centre-ville ne manquent pas : match de foot, soirée électorale, manifestations de soutien à Gaza, ou hostiles au CPE. Inorganisés, sans signes distinctifs, mais avec des téléphones portables qui servent au besoin d'appareils photos. Tout cela est ennuyeux... Mais sans conséquences, la plupart du temps. A Bordeaux : La Bourse ou le vice. 
. Seulement, à LA en 1992, le résultat est spectaculaire.
¤ En mai 1968, tout commence sans signes avant-coureurs. Et puis rien ne se passe : les palabres débouchent sur du vent. Les ouvriers ne réagissent pas, dans un pays en pleine tertiarisation. L'autorité ne réagit pas. C'est le discours du général de Gaulle qui donne le signal de l'émeute. Vacance du pouvoir. Les archives parlent d'elles-mêmes (démocratisation, professionnalisaton, autonomie, etc... ont fini par s'imposer ?!).
3. De plus en plus de citadins dans des aires urbaines de plus en plus étalées
¤ L'habitat individuel est devenu la norme dans un monde urbanisé.
. Dans une étude de 2009, l'Insee rappelle les différentes étapes qui ont conduit la France à rejoindre le modèle anglo-saxon. La baisse du croît naturel, le déclin industriel et le chômage de longue durée n'ont pas eu les effets espérés.
. Parce que le nombre de personnes par foyer diminue, parce que les trajets domicile-travail ne cessent de s'accroître, et parce que les prix de l'immobilier ont augmenté de façon continue.
. Les limites : l'endettement des ménages est la plus immédiate. Il pose d'ores et déjà la question du financement des collectivités locales : première émission obligataire annoncée en avril 2012. A plus long terme, l'artificialisation des terres par l'extension des zones urbanisées touche particulièrement la moitié sud de la France (voir cartes et graphiques).
¤ La fin des paysans coïncide avec la dilution des zones à fortes densités.
. Dans le cas français, les densités parisiennes (> 20.000 hab/km²) sont deux fois supérieures à celles de Lyon (10.000). Lille (6.500), Bordeaux (4.800) ou Marseille (3.500) : Commisariat Général au Développement Durable.
. La hausse des prix n'a pas entraîné une augmentation de la densité en France : c'est aussi vrai ailleurs. Cette tendance met à bas la plupart des politiques visant à développer les transports en commun
¤ Conséquences :
. L'étalement qui coûte cher (exemple de l'adduction - suite), la spécialisation des activités qui rend les périurbains dépendants de l'automobile (commerces et services absents), la viabilité des services publics et en particulier les établissements scolaires (carte scolaire).
. Il faut ajouter que l'homogénéisation sociale de certains quartiers prend des formes parfois exacerbées ; dans quels cas faut-il parler de ghetto ?
¤ Au Royaume-Uni, l'expression de broken society s'applique à ces villes concentrant toutes les difficultés. L'espace urbain est-il devenu plus dangereux ?
. La prospérité par la propriété, gage d'une société harmonieuse... ?
. Le sentiment d'insécurité et la crainte du déclassement se renforcent : le succès des Tea Parties l'illustre aux EU. L'électorat FN aux élections cantonales de 2011 (carte) colle fortement avec la carte de la périurbanisation, en particulier en région parisienne. Les prolos bleus Marine.
Et le vieillissement des populations (en particulier dans les premières couronnes urbaines ajoute un élément de complexité…
¤ La ville ingérable ? Nécessité de revoir les domaines d'intervention de la police et de la gendarmerie (exemple en Auvergne). Aux Etats-Unis, on observe la montée en puissance des Swats.
4. Les réseaux de transport synthétisent la fragilité des sociétés métropolitaines.
¤ Les systèmes de transport se concurrencent sans s’annihiler : exemple du Grand Paris (Ceinture et Sainte-Soulle). Ils renvoient à la dépendance en énergies.
. En terme de sécurité collective, le principal problème est la saturation désormais habituelle des réseaux de transports en commun (Pas de hasards à Saint-Lazare) ou individuels (Nantes, capitale du bouchon vert).
¤ C’est pourtant la menace terroriste qui focalise l’attention des pouvoir publics : Vigipirate. Peut-on en permanence protéger les gares et aéroports ?
. Le terme ‘posture’ en dit long. Que se passerait-il en cas d’incident à Orly… Petit cas d’école à trois niveaux à partir de la carte : 1. grève des transports ou blocage autoroutier / 2. Accident sur Rungis / 3. Agression caractérisée. Dans le cas de New-York frappé le 11 septembre 2001, le risque lié aux aéroports demeure.
CONCLUSION
Incrustation : Yves Lacoste et sa citation, 'la géographie, çà sert d'abord à faire la guerre' (1976)