vendredi 3 février 2017

Lexique - cours de géographie (1ère année) / S2 - 2017

  
   En lien avec le cours, ce lexique de 60 mots-clefs s'appuie sur le dictionnaire en ligne du CNRS ainsi que sur le Dictionnaire de la géographie d'Yves Lacoste (Armand Colin, 2003). Les mots ici recensés servent de base à l'examen final de géographie, prévu dans le cadre d'un exercice nocturne. Toute la discipline ne s'y trouve donc pas réunie, mais rien de ce qui est consigné n'est à négliger ! A Coëtquidan, l'enseignement de la géographie militaire se base sur l'étude de la géographie combinée à l'histoire, dispensé à la fois à l'ESM de Saint-Cyr (3ème Bataillon - TCP -, 2ème Bataillon - filière SSP -, 1er Bataillon - majeure histoire-géo & stage international) et à l'EMIA. Il donne à un élève officier se formant pour servir dans une armée (de terre) occidentale, les outils pour localiser les menaces, risques et fragilités. Le cours de géographie apporte sa contribution à l'art de faire la guerre qui n'est pas désigner un pays sur une carte politique ou fustiger une organisation. Vaincre, c'est occuper le terrain.


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CHAPITRE I

Amplitude thermique, avalanche, anticyclone, cercle polaire, cercle polaire, climat, continentalité, désert, el Nino, erg, étagement, glacier, gradient thermique universel, homogénéité thermique, latitude, Mousson d'été, rayonnement solaire, reg, versant montagneux.

Amplitude thermique : Ecart entre la moyenne de température du mois le plus froid (dans l'hémisphère Sud, juillet ou août) et celle du mois le plus chaud. On parle également d'amplitude thermique diurne pour qualifier l'écart important entre des maxima en journée, liés à des spécificités d'ensoleillement (désert et montagne), et des minima nocturnes. 

Avalanche : Glissement soudain d'une partie de la couverture neigeuse d'un versant montagneux. Il résulte d'une accumulation trop rapide (début d'hiver) ou au contraire des circonstances catastrophiques du réchauffement pré-printanier. La connaissance du massif et l'emploi de moyens proportionnés permet généralement d'écarter tout risque pour les infrastructures et les habitations. Pas toujours, hélas...

Anticyclone : Masse d'air dont la pression atmosphérique dépasse 1012 hecto-Pascals alimenté depuis son sommet par les jet-streams (> 10.000 m. d'altitude). Au sol, les vents dominants partent du centre en direction de la périphérie, déviés par la force de Coriolis et repoussent les perturbations vers les dépressions périphériques : dans l'hémisphère nord, les tourbillons s'effectuent dans le sens horaire. Par extension, l'anticyclone désigne ce qu'il produit, c'est-dire un temps stable et sans précipitations. Fronts froids et chauds s'organisent à l'extérieur de l'anticyclone. Certains anticyclones particulièrement stables peuvent exclure à l'année toute précipitation (exemple en Australie); leur effacement ponctuel n'est pas sans conséquence.

Cercle polaire : Délimitation virtuelle d'un parallèle à l'équateur (66° 36 minutes) au-delà duquel s'étendent les hautes latitudes. L'expression de soleil de minuit désigne le fait qu'au solstice d'été (dans l'hémisphère nord, le 21 juin) le jour ne disparaît pas et qu'au solstice d'hiver la nuit dure 48 heures (21 décembre).


Climat : Ensemble des caractéristiques atmosphériques liées à la présence des océans (cycle de l'eau), obéissant à des cycles (saisonniers, solaire) et fluctuant dans l'histoire. Au cours de l'ère Quaternaire (- 2 millions d'années), périodes glaciaires et inter-glaciaires se sont succédé. Dans la dernière période, dite de l'Holocène (- 10.000 ans +/-) le réchauffement des moyennes de température saisonnière s'est accéléré du fait des activités humaines : urbanisation et production de gaz à effet de serre. Dans le Sahara, le résultat est une aridification progressive avec une transformation progressive des activités humaines. 


Continentalité : Impact de l'éloignement plus ou moins important de l'océan. On dira que l'Allemagne se trouve sous climat semi-continental,  la Pologne orientale un climat continental et Moscou un climat hyper-continental. Faute d'influences océaniques, les territoires concernés subissent une alternance entre un hiver rigoureux (et de plus en plus sec en s'éloignant de l'océan) et un été chaud (ponctué d'orages). La funeste négligence du facteur climatique a largement pesé dans l'échec de la grande Armée en 1812. 

Désert : Partie des continents émergés dans lesquels les conditions climatiques sont extrêmes, avec aridité et amplitude thermique diurne. La clarté des matériaux naturels (sables ou rochers) répercute en journée les rayons du soleil - albédo - tandis que la nuit  amplifie la chute des températures, par l'absence de végétation et de nébulosité. On considère généralement que les précipitations annuelles tombent en-dessous de 250 mm. L'hyper-aridité désigne les quelques déserts absolus que compte la planète (< 50 mm), comme l'Atacama chilo-péruvien ou le Rub-al-khali arabique. Le type de peuplement permet toutefois d'ajouter les régions équatoriales (qui bénéficient néanmoins d'une pluviométrie abondante). Du point de vue de la géographie humaine, un désert définit un territoire dans lesquels les habitants ne sont pas sédentaires - en dehors des rares points d'eau - et ont longtemps adapté leur mode de vie. La cueillette, la chasse, la pêche et la guerre restent plus ou moins à l'ordre du jour.

El Niño : Phénomène climatique exceptionnel du Pacifique sud-est. Au large des côtes désertiques du Chili et du Pérou, le courant marin froid s'interrompt brusquement du fait d'une modification de la répartition des eaux chaudes océaniques. Dans cette zone inter-tropicale, il en résulte une reprise aussi brusque que temporaire du cycle évaporation - précipitation. Ce phénomène est doublement catastrophique : pour l'activité de pêche comme pour les inondations catastrophiques conséquentes.

Erg : Etendue désertique caractérisée par l'accumulation de sables issus des mécanismes érosifs propres au milieu. 1/ Dilatation & rétractation des matériaux par la chaleur et le froid). 2/ Sablage par les vents dominants à l'origine des roches éolisées. L'erg doit être distingué du reg (*).

Etagement : Adaptation de la végétation en fonction de l'altitude. Se succèdent l'étage collinéen, l'étage montagnard, et les étages subalpin & alpin dans lesquels la forêt ne peut se développer. Mousses et lichens caractéristique de la haute montagne se retrouvent dans la toundra, végétation des hautes latitudes.

Glacier : Masse de glace continentale constituée par l'accumulation pluri-annuelle de neiges éternelles appelée névé. Les glaciers recouvrent aujourd'hui un peu moins de 10% des surfaces émergées, pour l'essentiel dans l'Antarctique, au Groënland et en haute-montagne (Andes, Himalaya). Les surfaces englacées régressent toutefois. Le glacier est un élément naturel dynamique, qui érode le substrat (moraines, vallées à fond plat), et produit l'été des eaux de fusion. Les inlandsis dégagent en mer des icebergs avec une capacité d'influer sur les courants marins océaniques froids : dans l'hémisphère sud, en particulier.

Gradient thermique universel : En vertu d'une loi physique, les températures diminuent régulièrement au fur et à mesure que l'on atteint les couches supérieures de l'atmosphère. En montagne, la diminution moyenne est de 6 degrés par tranche de 1.000 mètres (ou 1 degré tous les 170 m.). Il va sans dire que la latitude et l'orientation du versant peuvent largement modifier cette graduation.

Homogénéité thermique : En Europe occidentale, l'océan Atlantique nord bénéficie de l'apport mensuel de la Dérive Nord-Atlantique (improprement surnommée Gulf Stream). Les eaux de surfaces - de températures moyennes égales ou supérieures à 12°C -  alimentent un cycle d'évaporation et perturbations caractéristiques du climat océanique. Les températures extrêmes disparaissent alors : froid hivernal et chaleurs estivales. Maladroitement comparé à un moteur climatique, l'océan cesse parfois de tempérer le continent, qui retrouve soudain les influences arctiques, continentales et/ou tropicales. Ces dernières ramènent le continent à son positionnement septentrional : la latitude de Bordeaux correspond peu ou prou à celle de New-York

Latitude : Position sur le globe terrestre entre l'équateur (0) et les pôles. Elle indique mécaniquement la capacité du soleil à réchauffer les couches superficielles de l'atmosphère (carte).

Mousson (phénomène de la Mousson d'été) : En Asie, la régression en même que son déplacement vers le nord de l'anticyclone continental - à partir de la fin du printemps - implique une remontée brusque des influences maritimes et tropicales (issues de l'océan Indien). D'une semaine à l'autre, l'aridité disparaît et laisse place à des précipitations d'autant plus abondantes que l'air s'élève brusquement (littoral, chaîne de montagne). Celles-ci produisent un débordement saisonnier des cours d'eau et rendent complexe le traitement des eaux de surfaces dans les grandes métropoles des pays concernées (exemple à Bombay). Le développement civilisationnel de l'Iran, de la vallée du Gange ou de la Chine du sud doit être rapproché du souci ancien de mettre en réserve cette eaux mais aussi de se protéger des inondations catastrophiques.

Reg : Dans le désert, étendues souvent planes de cailloux soumis à l'érosion thermique et éolienne. Les vents en dégagent les éléments les plus légers qui partent plus loin s'accumuler dans les ergs (*).

Rayonnement solaire : Théoriquement stable du fait de l'éloignement de la Terre, il s'avère fluctuant en fonction de la latitude. Au niveau de l'équateur, les rayons traversent l'atmosphère à la perpendiculaire (90°), dans son épaisseur la plus faible. Au delà des cercles polaire, ils arrivent en oblique (< 45°) et doivent en outre parcourir une plus grande distance pour atteindre le sol. 

Versant montagneux : L'orientation détermine la capacité du soleil à réchauffer (+ tôt et + fort) la face la mieux orientée (adret ou soulane), ou à en priver la face la moins bien orientée. A l'ombre, sur l'ubac (ou ombrée), la forêt de conifères commence à plus basse altitude, faute d'adaptation des feuillus. La population intra-montagnarde a longtemps privilégié l'un par rapport à l'autre, mais le tourisme hivernal modifie la donne, la neige tenant plus longtemps sur le versant le moins ensoleillé.


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CHAPITRE II

Delta, diagonale du vide, estran, estuaire, falaise, fjord, forêt, forêt primaire, forêt secondaire, forêt mixte tempérée, futaie, littoral, littoralisation, mangrove, moraine, récif corallien, taïga, taillis, vallée en auge, Zone Economique Exclusive.

Delta : Accumulation de sédiments terrestres dans une embouchure qui s'évase en s'appuyant sur le plateau continental : la platitude terrestre contraste avec la raideur des pentes sous-marines, plus ou moins susceptibles de glisser lors des grands séismes. Observé par Hérodote en Egypte, le premier de tous les deltas porte le nom de la lettre grecque. Il a été précocement aménagé pour les besoins du commerce en Méditerranée orientale, avec la construction du port d'Alexandrie. Ailleurs en Asie ou à l'embouchure du Mississippi, les deltas se caractérisent par des sols détritiques favorables au développement agricole : en particulier riziculture. Les tentatives d'intensification ou la présence de grandes métropoles (ponction d'eau potable) menacent les deltas d'une remontée des eaux salines. Tous les aménagements hydrauliques à l'amont, sur le fleuve ou sur l'un de ses affluents, affectent directement l'alluvionnement du delta et le dessin du trait de côte.

Diagonale du vide : Observée depuis un demi-siècle en France, cette expression sans auteur reconnu décrit une double régression des activités humaines (agricoles et urbaines) et le progrès de la forêt. La bande de territoires s'étend des Pyrénées jusqu'aux Ardennes. On y observe l'impact des grandes infrastructures de transport, la construction de résidences secondaires ou encore les perturbations créées par l'extension des plus grandes aires urbaines comme celle de Paris ou de Toulouse (lien)

Estran : Partie du littoral (*) découverte à marée basse, le plus souvent constituée par l'accumulation de sables continentaux apportés par les fleuves et remodelés par les courants côtiers (flèches littorales, tombolos, etc.). Sur les côtes formées par des écoulements volcaniques ou des surfaces rocheuses érodées - submergées à marée haute -, on parle de platier. La plage alterne souvent avec une partie vaseuse appelée wadden. Plus le marnage est faible, moins est présent l'estran : exemple en Méditerranée. Les efforts pour récupérer sous forme de d'énergie les mouvements marins n'ont pour l'heure pas donné les résultats escomptés. L'intervention de l'homme dans la géomorphologie dynamique des estrans s'avère autant coûteuse que périlleuse pour les populations résidant en limite d'estrans sableux.    

Estuaire : Embouchure d'un fleuve, à l'intérieur de laquelle la mer pénètre à marée montante : pour le plus profond des estuaires français la Gironde (puis la Garonne), jusqu'à 120 kilomètres (Langon). Avec l'augmentation de la taille des navires de commerce, les ports de fond d'estuaire ont peu à peu perdu leurs activités commerciales, sauf aménagement d'un avant-port. A Rotterdam, l'amélioration constante des installations portuaires permet au deuxième port du monde de pouvoir accueillir les portes-containers, les vraquiers et les super-tankers de grosse contenance. Le plus large de tous les estuaires du monde est celui de la Plata, qui atteint une centaine de kilomètres au droit de Montevideo.   

Falaise : Escarpement faisant face à la mer précédé par des éboulis, d'autant plus nombreux que l'érosion marine est forte et que la roche est friable. Lorsqu'un processus de sédimentation le permet, ou à la faveur d'un changement du tracé des fleuves côtiers, le trait de côte peut se reconstituer à l'avant : on parle alors de falaises mortes (parfois très à l'intérieur des terres).

Fjord : Mot norvégien décrivant une vallée creusée en période glaciaire et remplie par la mer à l'occasion de la dernière transgression flandrienne. Le Sognefjord s'étend jusqu'à 160 kilomètres à l'intérieur des terres, avec des profondeurs marines qui peuvent localement dépasser un kilomètre. En Bretagne, on parle d'aber(s) et en Espagne de ria(s). En 1940, l'obsession des Allemands d'une défaite militaire navale - depuis la bataille du Jutland en 1916 - provoque l'envahissement de la Norvège, à la suite de l'opération Narvik : crainte de voir les fjords accueillir une Navy elle-même chassée par les sous-marins allemands...

Forêt : Peuplement d'arbres, soit d'une seule essence (taïga russe ou canadienne), soit en combinaison de plusieurs (chênaie-charmaie, par exemple). D'après le Dictionnaire historique de la langue française, le mot apparaît à l'époque carolingienne dans l'expression silva forestis - 'forêt relevant de la cour de justice du roi' (forum = tribunal) - pour désigner ce qui reste inaccessible à la population. La forêt accompagne le développement de la féodalité, même si elle régresse continument du fait des grands défrichements médiévaux. L'absolutisme monarchique crée les conditions d'une appropriation des forêts pour les besoins à long terme de la marine (Code forestier de 1669). L'Etat constitue son domaine forestier après la Révolution à partir des anciennes forêts royales. =>

Forêt primaire / secondaire : On distingue la première par l'absence d'intervention humaine. Elle s'étend aujourd'hui dans la zone intertropicale, longtemps parcourue par les chasseurs-cueilleurs puis par les collecteurs et marchands (hévéa et bois précieux), elle ne cesse de régresser. Le réchauffement climatique, la déforestation du fait de l'extension des surfaces agricoles (qui menace la selva au Brésil, en Indonésie, ...) ou des besoins en bois de chauffage conduisent à une détérioration du potentiel forestier dans nombre de pays. L'agronomie a développé des techniques pour accélérer la régénération de la forêt détruite par un incendie ou abimée par l'aridification des sols : approche multirisque que l'on retrouve en Chine du nord, dans les environs de Pékin. =>

Forêt mixte tempérée : En France, l'association entre chênes et charmes (en plaines) ou entre chênes et hêtres (collines) résulte d'un effort continu de l'Etat pour créer et entretenir la forêt publique, dans une logique de gestion à long terme, sans rendement rapide : grâce aux ingénieurs géographes des Eaux et forêts. Ces forêts sont artificiellement structurées entre des arbres culminant autour de 25m et un sous-bois protégé du plein-jour. Dans les pays développés, les politiques de rigueur budgétaire et la rétractation de la surface agricole utilisée provoquent toutefois un regain d'une forêt mal entretenue (= ensauvagement) tandis que le déclin de la chasse - lui-même lié à la diminution du nombre des agriculteurs - aboutit à une croissance rapide de la population des sangliers et cervidés. Le taillis (*) déclasse la futaie aristocratique !  

Futaie : Forêt claire cultivée, sans sous-bois, avec un objectif de production à long terme. A l'horizon d'un demi-siècle, (ou d'un siècle) l'ingénieur sélectionne les arbres les plus élancés, et les mieux répartis. Ceux-ci, régulièrement élagués de leurs branches superflues, donneront des grumes droits et sans nœuds.

Littoral : Entre terre et mer. A l'origine utilisé pour décrire la faune et la flore adaptées au milieu, le mot remplace côte. Il recouvre une bande de terre plus ou épaisse selon les auteurs. On observe par exemple une détérioration des influences océaniques passés 50 kilomètres. A la faveur de l'envoi de corps expéditionnaires (Alger, 1830; Crimée, 1854), les militaires reconsidèrent cette portion de continent à la faveur des débarquements terrestres mécanisés. Au cours de la Deuxième guerre mondiale, les littoraux deviennent des théâtres d'opération à part entière, qui nécessitent une coordination des savoirs (météo et topo) et de la logistique - ports artificiels, barges de débarquement, moyens aériens (bombardement et parachutage à l'arrière) - au service de la stratégie générale. Depuis 1945, le désintérêt des militaires s'est accompagné d'un retour en force des activités civiles, symbolisé en France par la loi Littoral votée en 1975. 

Littoralisation : Phénomène géographique né à la Renaissance du développement des activités économiques sur des portions de littoral.
  • Initiée par les Portugais, elle matérialise en Afrique et Asie l'essor du commerce maritime avec l'Europe. D'autres puissances européennes disputent militairement à Lisbonne la route vers les épices et la soie, et son élan missionnaire (lutte contre les Jésuites) : Hollandais des Provinces unies (le Cap), Anglais et Français. En Amérique, l'Espagne s'accorde avec le Portugal à Tordesillas (1494) pour exploiter les richesses intérieures au continent; il faut pour cela de la main d'œuvre : début du commerce triangulaire combattu par Londres.
  • Au XIXème siècle, une deuxième littoralisation naît de la construction de l'Empire britannique (route des Indes et navigation à vapeur) et des mutations géopolitiques des pays riverains du Pacifique (Chine et Etats-Unis). La première plus encore que la seconde provoquent des effets néfastes à long terme.  
  • Dès la Première guerre mondiale, la généralisation du moteur à explosion sur les bateaux et l'accélération des progrès techniques dans la construction navale permettent une forte augmentation du commerce mondial; la course au gigantisme conduit à l'abandon des ports de fond d'estuaire et à l'aménagement d'installations toujours plus modernes (automatisation). La mondialisation des échanges accompagnant la deuxième révolution industrielle conduit - après 1945 - à une modification de l'activité industrielle elle-même : abandon des sites d'extraction, développement des sites près des côtes, désormais équipés en centrales électriques (au Japon, sidérurgie sur l'eau). Le manque de littoraux ouverts participe à l'échec de l'expérience soviétique.

Mangrove : Forêt maritime adaptée aux caractéristiques de l'estran (*). Arbres et arbustes halophiles se développent sur des racines-échasses en formations serrées, entraînant un envasement progressif et une coupure entre terre et mer (exemple des palétuviers). Procurant de l'ombre - en pleine zone intertropicale - les arbres protègent dans leurs entrelacs poissons et crustacés attisent l'intérêt des pêcheurs côtiers. Bataille de l'île de Ramree, sur le littoral de Birmanie (1945).

Moraine : Bourrelet constitué de débris caillouteux et rocheux arrachés par le glacier. Ecartée (m. latérale) ou poussée devant lui, la moraine demeure dans le paysage après la fonte dudit glacier.

Récif corallien : Barrière rocheuse apparaissant à marée basse, à proximité d'un littoral qu'il ferme au commerce et à l'envahissement par voie maritime (= l'Australie préservée de l'agression japonaise en 1942). Il s'épanouit autour des îles d'origine volcanique, dans des conditions hydrologiques précises : mer chaude, sans apport d'eau douce, absence de turbidité et de pollution. En quittant le récif en direction de l'atoll (mot venant des Maldives), on traverse un lagon peu profond, avant d'arriver sur la plage constituée d'éléments arrachés lors des grandes marées. Celles-ci deviennent plus dangereuses à la faveur du rehaussement de la surface des mers, lui-même lié au réchauffement climatique.

Taïga : Forêt de conifères qui restent verts en hiver (dite sempervirente), à l'exception du mélèze. Chaque arbre renouvelle  ses aiguilles tout au long de l'année, créant à son pied un tapis épais qui élimine les autres plantes et acidifie les sols. La taïga s'adapte à la continentalité et à une courte saison humide estivale. Plus au nord, l'aridité et les mois les plus froids forcent les conifères à laisser la place à la toundra (végétation composée de mousses et lichens qui se développe à l'approche du cercle polaire). Les besoins de l'exploitation forestière - bois d'œuvre et de trituration (pâte à papier) - font de la taïga une forêt exploitée, au périmètre assez stable, même si les incendies la menacent à date régulière : printemps et été secs. L'absence de présence humaine rend la surveillance difficile, tandis que l'association tourbe et bois complique la lutte contre les feux.   

Taillis : Forme secondaire de la forêt mixte tempérée. Ce sous-bois naît sous la main de l'homme par sélection des essences de repousse après la coupe. En laissant repartir d'une souche plusieurs arbres, on facilite dans un premier temps le regain, par le maintien du système racinaire préexistant. A moyen terme, les arbres se gênent et se tordent, faisant baisser le prix du bois. Le taillis rend plus difficile l'entretien de la forêt, précédant l'abandon complet pour nombre de propriétaires privés.

Vallée en auge (en 'U') : Vallée glaciaire qui résulte de l'action passée des glaciers lors de périodes froides. Ceux-ci arrachent des matériaux à la montagne, élargissent et raidissent les versants parcourus. Dans le fond de vallée, l'effet est doublement aplanissant : par le poids même de la glace, et par le dégagement d'alluvions en été. Les moraines (*) peuvent former un verrou naturel à l'origine de la formation d'un lac

Zone Economique Exclusive : Lors de la conférence internationale de Montego Bay (en 1982) ont été définies des règles encadrant l'accès aux ressources halieutiques et souterraines sur - ou sous - la plate-forme continentale. Les Etats peuvent se prévaloir d'une souveraineté relative sur une étendue de 200 milles marins à partir du trait de côte. En théorie, lors d'une confrontation entre ZEE, les Etats fixent une limite médiane : le cas de la Grèce et de la Turquie témoigne de l'existence de cas particuliers. La ZEE ne modifie pas les règles en vigueur concernant les eaux territoriales : 12 milles marins (+/- 22 kilomètres)

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CHAPITRE III

Bassin-versant, directive Seveso-2, étiage, industrie, lit, plan Orsec, séisme, tectonique des plaques, terrasse alluviale, thalweg, vallée.

Bassin-versant : Délimité par la ligne de séparation des eaux, le territoire considéré est unifié par l'organisation des écoulements. Au sein du bassin-versant, toutes les précipitations s'écoulent en direction d'un cours d'eau collecteur : soit directement, soit par l'intermédiaire de l'un de ses affluents. Il peut avoir des pentes faiblement marquées (comme dans le cas de la Seine) ou au contraire se situer en haute-montagne. Sa surface varie de quelques kilomètres-carrés (le Lez traversant Montpellier mesure moins de 30 km) à un demi-continent : le bassin-versant de l'Amazone (6,9 millions de km²).
La morphologie du bassin-versant détermine l'ampleur des menaces de crue, en lien avec la répartition/concentration des précipitations. Plus il est court et à forte pente, plus les pluies soudaines (orages, mousson) provoquent des crues soudaines. Plus il est étendu, plus le cours d'eau collecteur combine de facteurs d'élévations des eaux. Compléments.

Directive Seveso-2 : Elle tire son origine de deux catastrophes industrielles, dans le nord de l'Italie en 1976 (dégagement d'un nuage de dioxine dans l'atmosphère) et à Bâle en 1982. Cette directive formalise les mesures de protection de l'environnement et des habitants, et facilite l'évaluation du risque par les pouvoirs publics. La sécurisation - banalisation des sites produit toutefois des effets pervers, à commencer par l'urbanisation des parcelles proches. Compléments

Etiage : Période estivale au cours de laquelle la sécheresse saisonnière fait diminuer le débit du cours d'eau. En zone méditerranéenne, l'alimentation peut même quasiment s'interrompre.

Industrie : Activités économiques ayant pour objet la production d'électricité et la transformation des matières premières extraites du sous-sol (énergies fossiles, métaux) ou tirées du milieu naturel : pêche, élevage et cultures. Le processus industriel peut se limiter à un reconditionnement (produits semi-finis) ou impliquer plusieurs étapes complexes (électrolyse de la bauxite pour obtenir l'aluminium), à l'intérieur d'une même filière : exemple des jouets. Les besoins grandissants en électricité et hydrocarbures ont accompagné la littoralisation (*), c'est à dire une concentration des activités industrielles à proximité des grands ports de commerce : succès industriel d'un Japon sans ressources minières dans la sidérurgie sur l'eau
A l'issue de la Guerre froide, les pays du bloc de l'Est ont créé les conditions d'une crise systémique, par une planification coûteuse en transports terrestres - associant industrie et extraction des matières premières (combinats) - mais aussi par simple idéologie. Privilégier les biens d'équipement au détriment des biens de consommation impliquait une dépendance grandissante de la population vis-à-vis d'importations en provenance de l'Ouest.

Lit : Entre deux berges, la vallée peut être considérée dans sa largeur maximale. Le lit majeur - ou vallée inondable - résulte de phases climatiques au cours desquelles le débit et sa capacité de transport alluvionnaire ont façonné le profil de la vallée. Lors d'épisodes exceptionnels, le lit majeur peut encore être intégralement envahi par les eaux, avec des dégâts humains et matériels conséquents : crues centenales ou millénales. On distingue le lit mineur du précédent, parce qu'il correspond à une portion resserrée de la vallée susceptible d'être inondée de façon saisonnière, entre des berges plus ou moins mobiles. Compléments.

Plan Orsec : Elaboré en 1952, le plan signifie Organisation de la réponse de sécurité civile. Il s'est enrichi depuis de dispositifs supplémentaires, pour prendre en compte la diversité des risques naturels et industriels. Il a été activé lors de la tempête Xynthia (en 1999) ou à la suite de l'explosion du site d'AZF à Toulouse (en 2001). Dans l'absolu, un maire peut coordonner les secours, mais le préfet conduit généralement les opérations, puisqu'il dispose d'attributions élargies aux forces armées. Le déraillement d'un train transportant du bio-éthanol le 13 mars 2017  a été suivi par le déclenchement du plan Orsec.  

Séisme : Brusque décharge suivie de la diffusion d'ondes (premières et secondes) à travers la croute terrestre, évaluée selon une échelle d'intensité dite de Richter; ces ondes se transforment en vibrations pour les océans (tsunamis), la topographie et les installations humaines. On distingue l'hypocentre - ou foyer du séisme - de sa traduction en latitude & longitude à la surface (épicentre). Plus l'hypocentre est profond, moins les vibrations sont fortes; mains plus l'intensité de départ est puissante, plus l'impact au sol est important : échelle MSK. L'orogenèse et les failles coulissantes concentrent l'essentiel des risques.

Tectonique des plaques : Au départ, ensemble d'hypothèses formulées par Alfred Wegener. La théorie devient incontestée à partir de la fin des années 1960, grâce à des méthodes d'investigation de la croute terrestre et du manteau. Le déplacement des plaques les unes par rapport aux autres entraîne l'ouverture d'océans (accrétion) ou au contraire l'apparition de chaîne de montagne (subduction). Compléments.

Terrasse alluviale : Dominant le cours d'eau, replat résultant d'une accumulation d'alluvions témoignant d'une évolution du fond de la vallée, avec emboitement éventuel de plusieurs formes. Les plus anciennes terrasses peuvent surplomber de plusieurs dizaines de mètres le chenal d'écoulement, quand les plus récentes collent au profil actuel. Toutes témoignent d'une alternance ancienne entre glaciations et périodes inter-glaciaires.

Thalweg : Ensemble des points les plus bas de la vallée. Lors des périodes d'étiage (*), tracé du cours d'eau.

Vallée : Unité géographique de superficie variable définie par son profil. (1) Amont-Aval La vallée naît de l'écoulement d'un cours d'eau, depuis sa source jusqu'à la confluence/embouchure. (2) D'une berge à l'autre, la vallée s'étend entre deux versants qui tendent à devenir de plus en plus raides, au fur et à mesure que l'on remonte le cours d'eau vers sa source. On distingue le lit mineur (envahi par les crues saisonnières *) du lit majeur (*) exceptionnellement inondé.
La vallée est créée par l'écoulement, lui même dépendant des conditions climatiques. Sur plusieurs milliers d'années, on voit se succéder des périodes d'engraissement (alluvionnement / terrasses) du thalweg (*) et des périodes érosives au cours desquelles le cours d'eau creuse les accumulations précédentes. Vers l'aval, la pense s'adoucit : les méandres se forment, avec la présence de bancs de sables ou d'îles plus ou moins provisoires.

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CHAPITRE IV

Ceinture périurbaine, gentryfication, ghetto, réhabilitation, rénovation, site, situation, spécialisation urbaine, Swat, ville nouvelle.

Ceinture périurbaine : Alors que triomphe la révolution industrielle, l'idée de réconcilier la ville et la campagne séduit quelques précurseurs. Avant 1914 (Tel-Aviv), la cité-jardin est censée synthétiser les atouts de l'urbanité et le calme de la ruralité. L'expérience des bombardements de la Deuxième guerre mondiale incite après 1945 les pouvoirs publics à favoriser cette urbanisation en taches, permettant de diluer la cible dans l'espace (= faibles densités). La périphérie d'agglomération se généralise avec la démocratisation de l'automobile; la voie d'accès à la maison individuelle cesse d'être un axe de circulation. Là où le faubourg s'opposait au quartier ouvrier, la suburb s'oppose à la ville de la mixité sociale. Aux Etats-Unis, s'y ajoute une dimension raciale, après les émeutes de Detroit et à Los Angeles. 

Gentryfication : Anglicisme définissant le retour de catégories sociales favorisées dans les centres-villes de grandes agglomérations, pour trois raisons principales. 1/ Les transports font perdre tout bénéfice à qui s'installe à l'extérieur de la ville. L'attrait pour les déplacements courts et l'abandon de la voiture accompagnent le vieillissement démographique. 2/ Les politiques publiques favorisent l'embellissement des quartiers historiques - rénovation de friches, réhabilitation - et alimentent la rente des propriétaires (bulle immobilière *). 3/ Homogénéisation par le haut. Les populations les plus modestes ne peuvent rester dans les quartiers gentryfiés (sauf en logements sociaux).

Ghetto (ou quartier sensible ?) : A la Renaissance, cet île de la lagune vénitienne accueille les Juifs séfarades chassés de la péninsule ibérique. Contrairement aux Provinces Unies et à la France, les exilés obtiennent de pouvoir séparés de la ville, sous l'autorité de leurs rabbins; la contrepartie de ce privilège est de vivre à l'écart de la société vénitienne, dans une sorte de citoyenneté parallèle. [A Bordeaux, Michel de Montaigne petit-fils de marrane, est élu maire de la ville]. 
L'expression ghetto s'est ensuite diffusée aux villes austro-hongroises et russes dans lesquelles les Juifs étaient empêchés de pratiquer nombre de métiers, en butte à l'hostilité de leurs voisins (pogrom *) et aux vexations administratives. Aux Etats-Unis, et par extension, elle désigne désormais les quartiers dans lesquels vivent des populations en marges de la société urbaine.

Réhabilitation : Opération d'urbanisme dans des quartiers dégradés, plus ou moins en déshérence., souvent situés en limite de la ville ancienne. Avec le vieillissement du bâti, les activités se sont déplacées et la population s'est appauvrie. La réhabilitation vise à préserver biens et personnes; en France, la loi Malraux (1962) en fixe les modalités. Le nettoyage des façades et la restauration du patrimoine intérieur peuvent s'accompagner d'une modification des usages : appartements dans un loft, musée à la place d'une piscine (Tourcoing), université dans une ancienne fonderie (Mulhouse).

Rénovation : Opération d'urbanisme impliquant - contrairement à la réhabilitation - une rupture plus nette avec le passé, une mutation de la sociologie du quartier concerné. Les destructions étant plus poussées, on observe une modification de la voirie : exemple du quartier de la Part-Dieu à Lyon. Le coût des rénovations a découragé bien des maires, sans même parler des polémiques autour du patrimoine détruit (Beaubourg à Paris, Mériadeck à Bordeaux). 

Site : Eléments de la topographie ayant favorisé non seulement l'installation première des hommes, mais ensuite leur épanouissement. Un point haut a permis de protéger la ville des menaces extérieures, un gué facilitant le passage du cours d'eau, de faciliter le développement du négoce. Dans le cas des villes les plus anciennes, le site disparaît dans l'extension de l'agglomération. New York, par exemple, ne se limite plus depuis longtemps à l'extrémité méridionale de la presqu'île de Manhattan.
Avec l'époque moderne, les villes ouvertes, dépourvues de fortifications, se généralisent. L'art de la guerre urbaine remplace la poliorcétique. Complément. L'inter-connection du site est devenu le trait distinctif du centre-ville, par la mise en place de réseaux de transport convergents (sauf exception, comme de Los Angeles); hier facile à défendre, aujourd'hui facile à attaquer.

Situation : Eléments de la géographie régionale ayant permis l'extension urbaine du site (*), et la vitalité de son économie. Grâce à la révolution des transports et à la maîtrise du milieu naturel, la définition de la situation s'étend au gré des aménagements : infrastructures ferroviaires et routières, creusement de canaux de navigation dans les fleuves et cours d'eaux, etc. Plus les échanges augmentent, plus les points de passage (sur les principales voies d'acheminement) et plus les carrefours s'avèrent déterminants. L'abondance d'une énergie bon marché rentre également dans les critères d'une bonne situation. Etudier la situation d'un territoire donné, c'est désormais constater l'abaissement des frontières liée à l'inter-dépendance (résultant elle-même de la mondialisation des échanges) : non pas son développement autonome, mais sa capacité à être relié au monde.

Spécialisation urbaine : Tendance à la concentration des activités à l'intérieur d'une partie de la zone urbaine; ainsi, les activités industrielles s'installent plutôt à l'écart de la ville. La mono-activité exclut toutes les autres, créant les conditions d'un conflit, comme entre l'habitat et les loisirs nocturnes, en centre ville. Les choix d'hier peuvent être finalement contrecarrés, comme l'aéroport périphérique rattrapé par l'urbanisation. Le commerce de détail se concentre - lui - près des axes de transport, par nécessité pour les clients d'utiliser leur voiture : zones commerciales périphériques. A l'inverse, les centres villes se spécialisent dans le commerce de luxe.  

Swat : Acronyme anglais signifiant Special Weapons And Tactics. La première de toutes les unités d'intervention de la police américaine est celle de Los Angeles. Elle date de 1967, de la lutte contre les gangs de rues, et des premières prises d'otages médiatisées. Véritable sursaut tactique qui contrebalance au cinéma et à la télévision les déboires du Vietnam, elle s'avère sans lendemain stratégique. Ses concepteurs imaginent des équipes autonomes, entraînées comme des commandos et équipées comme de vraies forces spéciales. Les Swat ont inspiré nombre d'unités de polices étrangères, comme le Raid en France. Complément.

Ville nouvelle : Expression traduite de l'anglais, à la confluence des théories (hygiénistes, socialistes, environnementalistes, ...) et de la pratique urbanistique : industrialisation de la construction, utilisation des transports, évolution du travail et de la cellule familiale. Le plan Abercrombie envisage ainsi la transformation de Londres en 1944, avec une maîtrise de son extension. En France, l'Etat crée autour de Paris cinq villes satellites dotées chacune de ses services et d'activités propres. Reliées à la capitale, elles finissent par se transformer en banlieues reliées par le RER (< 200.000 habitants). Complément.

dimanche 18 septembre 2016

Les hommes et le terrain dans la guerre civile contemporaine (version 2016)

PREMIERE PARTIE

A/ Lutte armée qui oppose...
  • Lutte armée qui oppose, à l'intérieur d'un même territoire, des groupes aux effectifs significatifs. D'une guerre à l'autre peuvent s'opposer des ethnies - spectre planant sur l'Ethiopie (source) - des classes sociales, des groupes religieux
    • Le conflit entre protestants et catholiques en France (guerres de religion)
      • démarre sur la distinction de la naissance : soulèvement de Louis de Bourbon, prince de Condé en mars 1562 (source). 
      • se poursuit avec la sédition d'une province souvent prospère : vallées - axes de transport (Loire, Charente, Garonne, etc.), piémont pyrénéen (Béarn), port de La Rochelle (source).
      • s'achève en moyenne montagne cévenole : petite guerre entre Camisards et troupes royales (source). 
    • Les forces combattantes, peuvent être organisées en armées constituées en corps de bataille, mais le recours aux troupes irrégulières (mercenaires ou engagés volontaires) est fréquent.  
      • L'intervention de soldats étrangers n'est pas rare, souvent en cas de prolongement du conflit : nombreux ceux qui (en 1991) arrivent dans une Croatie bien connue des touristes européens et bien desservie par le train en 1991 (source).
  • Occupation du territoire. La prise de contrôle de telle ou telle portion de territoire s'accompagne d'un traitement spécifique des populations - police, justice, prélèvement d'impôt - même si l'État central s'avère inopérant. 
    • Dans l'Afrique des Grands Lacs, la déstabilisation du Rwanda (et le génocide) produit l'effondrement du Zaïre et une première guerre civile en 1996-97 (source). 
  • Echelle de puissance. Par sa violence, la guerre civile dépasse le stade de la simple révolte résultant d'une brève tension sociale (La révolte du papier timbré : exemple d'émotion populaire dans la France de l'Ancien régime). 
    • Les belligérants recherchent soit la mise en place d'une nouvelle structure politique, soit - à défaut - le contrôle de l'Etat existant
    • L'objectif premier peut évoluer d'une phase à l'autre du conflit
  • Echelle chronologique. Plus la guerre civile dure dans le temps, moindres sont les chances des vaincus de survivre sans dommage. L'analyse de la victoire d'un camp sur un autre diffère...
    • selon que l'ordre ancien a été sauvegardé : légitimité de Versailles contre la Commune de Paris en 1871.
    • ... ou qu'au contraire il a été renversé : révolution = renversement d'un système géo-politique soudain discrédité. On ne peut en déduire les équilibres géopolitiques qui en résulteront : en Chine, exemple des Taipings rentrant à Nankin le 19 mars 1853 (source).
    • [Pour compléter]
B/ De l'Antiquité à l'époque moderne
  • Un ensemble géopolitique précaire... La guerre civile oppose les citoyens romains entre eux, une fois  fois éteinte la menace aux frontières (Gaule transalpine), anéantie la concurrence maritime de Carthage et réglée la question du statut des citoyens (Italiques) hors du Latium, dans l'ensemble de la presqu'île : à l'issue de la guerre sociale. 
    • Rome a atteint au Ier siècle un équilibre entre centre et périphérie. Celui-ci est permis par 
      • les structures agraires (villae), 
      • le maillage routier (déplacement des légions et transport de marchandises), et...
      • la sureté des voies maritimes. 
    • Les historiens romains considèrent la guerre civile comme si caractéristique, qu'ils la distinguent très nettement des guerres de conquête - celles visant à accroître l'aire d'influence de Rome - et des révoltes d'esclaves (texte). Elle résulte de la confrontation des partis (vieilles familles de l'aristocratie) et des ambitieux. Tel tribun s'appuiera sur la plèbe urbaine (César), tel général sur une province stratégique : Trajan, l'Hispanique
  • Long épilogue. Le bas-empire systématise la guerre civile, bien au-delà des successions impériales houleuses : les tensions alimentaires, la fuite en avant budgétaire, le recrutement des légions ou encore la crise du système esclavagiste. [Rappel chronologique]


C/ Dans l'Europe médiévale et moderne,

Ni le système féodal ni l'influence de l'église ne préservent les Européens de la guerre civile. A fortiori leur affaiblissement ouvre t-il la voie : 
  1. à des guerres civiles locales (par exemple entre cités italiennes), 
  2. régionales (guerre de Succession de Bretagne), ou pire...
  3. continentales. La guerre de Cent-Ans couronne le Moyen-Âge, consacrant l'archaïsme de certaines élites ou structures politiques mais aussi l'avènement de nouveaux modes de pensée ou d'action. 
La France et l'Angleterre en 1453 ne ressemblent plus guère à ce qu'il était en 1337. La seconde souffre au cours des deux siècles suivants d'une instabilité chronique : de la guerre des Deux Roses jusqu'à Cromwell

L'équilibre européen basé sur des Etats stables se trouve plusieurs fois bouleversé, en particulier lors des guerres de religion. Il écarte cependant peu à peu la menace des guerres civiles. 
Elles ne disparaissent pas pour autant, difficilement contrecarrées par les armées institutionnelles dans le cadre de ce que l'on appelle alors les petites guerres : Irlandais et Jacobites en Ecosse, Camisards dans les Cévennes. 
L'équilibre européen donne aux continentaux une des clefs de leur suprématie en Amérique puis dans le reste du monde; temporairement. Après la période révolutionnaire s'ouvre enfin la période contemporaine. 

Deux pays au coeur de la problématique : l'Ukraine (carte politique et état de santé) et la Syrie (huit conflits en un).





mardi 20 janvier 2015

Cours EMIA 2 / 2016

Intro° : La géographie physique cache la géographie humaine (et inversement...) 
  • Un exemple d'examen final (mai 2012 - lien)
  • Les TD en ligne (lien)
  • Actualité autrichienne (lien)
CHAPITRE 1 - Des METROPOLES TERTIARISEES
Présentation générale
  • Au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle, la part des citadins dans le monde excède celle des ruraux…
    • Et cette tendance, ne se dément pas dans les pays du Tiers monde (Afrique comprise). En Chine, les ruraux devraient devenir minoritaires avant 2015.
    • En Inde, ils restent majoritaires (70 % en 2010), mais les métropoles concentrent ce qui fait du pays une puissance technologique.
  • Dans les pays développés, depuis les années 1930 en Amérique du Nord et après 1945 en Europe, la ville s’étale : allongement des trajets (Etude Insee en Champagne-Ardennes) et multiplication des services mis en concurrence.
    • La périurbanisation pavillonnaire accompagne la montée en puissance des régions métropolitaines (aux Etats-Unis) : Where we live ? 
    • Les avantages de la ville en vivant à la campagne ? Beau slogan démenti le plus souvent par les problèmes de transport, le manque d'emploi, le déclin des services publics, la disparition des services à la personne.
  • La révolution urbaine s'accompagne d'une transformation de l’appareil productif, des transports, des structures familiales, des loisirs, etc (hier comme aujourd'hui). La tertiarisation s'accompagne de gains de productivité dans les secteurs primaire et secondaire. N'a-t-on pas atteint une limite (Etude dans la Vienne) ?
A. Structure des métropoles : du centre à la périphérie
  1. Le centre-ville, ou la ville d'hier. Le site originel correspond à la conjonction entre les éléments physiques et humains : gué, point haut, etc. (Paris).
    • Les immeubles trahissent la montée en puissance de la bourgeoisie au XIXème siècle (Neuilly) : ils donnent les perspectives, bordent les grandes places. Grâce aux ascenseurs, tous les étages sont habitables.
    • Les densités ont à nouveau augmenté depuis trois décennies (Île de France). Exception faite des anciennes régions industrialisée (Detroit). Les foyers les plus riches ont peu à peu reconquis les centres-villes (gentrification) : 6ème arrondissement à Paris.
    • En Europe, la sauvegarde du patrimoine entraîne un risque de muséification (Lyon), malgré des apports plus ou moins récents (centre de Londres). Des activités pendulaires : bureaux et commerces dans la journée, restaurants et cinémas le soir.
  2. La première ceinture commence à l'intérieur même de la commune centrale, au contact du centre historique (Tours). Dans ces quartiers d'habitations, nés de l'usage du train, les immeubles cèdent la place à des maisons jointives (axes) ou non : Joué-les-Tours.
  3. La seconde ceinture (dite périurbaine) concerne des communes périphériques, en discontinuité urbaine avec la partie centrale de la métropole.
    • A l'ouest de Rennes, Le Rheu connaît un boom démographique dans les années 60, par l'adaptation de la ville à la voiture. Revenir sur cette évolution relève du vœu pieux.
    • Le pavillon individuel est d’abord né en pays anglo-saxon, associé aux classes moyennes et au développement de l'automobile : Los Angeles, 1950. Il en résulte une inflation du nombre de voitures et l'augmentation de la congestion urbaine.
B. Agglomérations ou patchworks urbains ?
  1. La spécialisation géographique a produit des régions urbaines constituées de zones successives. A Los Angeles (carte / Utopie en tache) la métropole s'étale sur un rectangle de 200 x 50 kilomètres. La voiture explique l'apparition des zones commerciales et (parfois indirectement) des quartiers d'affaire : Nantes, capitale du bouchon vert.
  2. L'homogénéisation sociale des quartiers ne prend pas partout les mêmes traits caractéristiques. En France, les grands ensembles mal réhabilités concentrent toutes les difficultés : à Lyon comme à Grigny (Ne pas confondre jeu d’orgue et jeu d’écritures). A Los Angeles, les 'gated communities' sont le pendant des ghettos. L'économie parallèle de ces quartiers résulte de politiques publiques : carte scolaire (La carte à la carte), immigration, drogue. Voir cette synthèse complète sur la question.
  3. La reconversion est souvent difficile dans une zone métropolitaine, du fait même de l'étalement. Comment faut-il transformer les friches industrielles ? A Mulhouse, les anciennes fonderies accueillent l'université : Les étudiants à la fonderie. A Birmingham, s'ajoute la question du chômage des habitants (Vous avez dit délétère ?).
C. Sociétés urbanisées fragiles
  1. La modernité se comprend de façon positive : adéquation de la ville au modèle économique (mobilité, production à flux tendu, gestion des stocks, etc)... Elle va cependant au-delà : éclatement de la cellule familiale (L'homme de la Pampa, modèle familial ?), vieillissement de la population.. 
  2. Les questions de transport n'apparaissent surtout que du point de vue du développement durable. Sans prise en compte des effets de la bulle immobilière (Exil plus qu'exode). Bien sûr, les transports en commun présentent de nombreux avantages par rapport à l'automobile : si la densité urbaine le permet (Ceinture et Sainte-Soulle) ! Les transports fonctionnent difficilement en temps normal : Pas de hasards à Saint-LazareEn Île-de-France, un service annonce l'embouteillage permanent. 
  3. Les métropoles dépendent en tout cas d'un approvisionnement extérieur. C'est vrai pour l'électricité (Même Mary veut s'y installer à tout prix), ou pour les ordures (Querelles bisontines). Les catastrophes naturelles sont finalement des révélateurs :  voir chapitres précédents.
  4. Face au coût généré par l'étalement urbain, des réponses d'ordre comptable sont apportées : en privatisant l'espace et en collectivisant les coûts (incendie de 2008 dans les calanques, risques en 2016 / Marseille). La population sous-traite par ailleurs la gestion des risques : le terrorisme comme les catastrophes naturelles : Xynthia. Dans le cas de la Sécurité civile, l'armée supplée aux insuffisances de cette dernière ; le peut-elle toujours (devenir du service civil) ? Quant à la dimension révolutionnaire...
D. Le cas des métropoles du Sud
  1. L’histoire est celle, universelle de toutes les métropoles : exode rural, en tant que phénomène naturel (non concerté), a pris un caractère plus massif, plus automatique : constitution d’Etats forts, sur un modèle centralisateur / industrialisation à marche forcée. Exception de la Chine communiste, avec ses 'mingongs'. Les transports collectifs chaotiques [Entre autres choses]. Mais au sud comme au nord, les périphéries pavillonnaires se développent en même temps par l'augmentation de l'utilisation de l'automobile : voir ici à Mexico. Un enfer urbain souvent encombré (Le Caire), soumis à la tyrannie du milieu physique (Jakarta), où l'on se perd facilement (Lagos), où l'on meurt sans bruit (Caracas) et où s'organisent de multiples trafics : Tepito, Mexico. Et puis on se lance dans le maintien de l'ordre... Bagdad.
  2. Une population marginale. Une masse importante de jeunes adultes (féconds, dans des villes peu préparées à accueillir des enfants) à la recherche d’un travail. De précaire, celui-ci devient ensuite stable. On ne devient pas citadin, on le devient à la naissance.
  3. Le chômage est pourtant le lot de beaucoup, car l'industrie n'emploie jamais qu'une portion des actifs. C'est souvent la croissance urbaine qui crée de l'emploi (bâtiment). Il en résulte souvent de l’instabilité politique et favorise les extrémismes. L'Algérie et plus généralement le monde arabo-musulman illustrent ce cocktail explosif
  4. Et pourtant la métropole attire. Le pouvoir d'achat y est plus élevé que dans les campagnes environnantes. On y est loin des traditions familiales (crimes d'honneur à Istanbul).
  5. Les plus grandes agglomérations (ou aires urbaines) cumulent souvent tous les défauts d'une urbanisation chaotique : médiocre structure urbaine (& horizontalité), médiocre qualité du bâti et du « confort » urbain (adduction, électricité, espaces verts, transports en commun…), problèmes de santé publique (épidémie, insalubrité, pollution industrielle…). Mais les classes moyennes supérieures rattrapent un standard internationalvivent à l'occidentale.
  6. Une extension spatiale mal maîtrisée / L’exemple d’Athènes : le site primitif est presque invisible. Sans anticiper sur les difficultés (circulation, disparition de l’espace agricole) inhérentes : médiocrité du bâti (lire aussi). / L’exemple de La Paz : verticalité centrale contre horizontalité périphérique / absence de mixité sociale & présence de bidonvilles. Opposition 'El Alto' / vieille ville
*
CHAPITRE 2 - CRUES et INONDATIONS


  • Hors des zones arides, c’est l’ensemble de la planète qui est concernée : tout cours d’eau connaît, à échéance régulière, ou de façon exceptionnelle, des montées des eaux.
  • Se combinent les facteurs climatique (origines des écoulements), topographique (les vallées, entre cycles d’érosion et cycles d’accumulation), et ceux relevant de la géographie humaine : les vallées abritent souvent une population dense, alors même que les actions anthropiques – si elles ne causent pas les crues – leur confèrent un impact redoutable.
  • L’avancement des connaissances scientifiques permet de comprendre presque intégralement les mécanismes, donc de prévoir efficacement. On s’aperçoit toutefois vite à quel point il est délicat de revenir sur de mauvaises habitudes : déboisements, développement du bâti, etc.
  • Par l’étude des infrastructures (digues, barrages, etc.), et des politiques de prévention, de classement (zones humides, zones protégées), la géographie de l’aménagement qui s’esquisse aujourd’hui s’oppose à la politique des grands travaux privilégiée hier.
  • Localisation dans l’espace : carte projetée des principaux bassins fluviaux du monde... Ils sont séparés par des lignes de séparation des eaux.

A. La VALLEE et le COURS d’EAU
  1. Le profil (en long) d’un bassin-versant : en amont, il est large du fait d'une multitude de petits cours d'eau, puis il se rétrécit sur un tronçon central, la vallée du cours d'eau collecteur. Celle-ci s'élargit parfois dans sa partie terminale (aval). Il existe des points sensibles : gorges (et toutes les parties resserrées), barrages accidentels (végétaux, éboulis…), involontaires (piles de pont, par exemple) ou non, confluences. Exemple de la vallée de la Veyre en Auvergne (et ses problèmes de gestion) ou de l'oued El Maleh en Algérie.
  2. La vallée est une forme évolutive. On distingue (profil en large) les lits majeur, moyen et mineur (autrement appelé chenal d'écoulement). Celui-ci emprunte le thalweg. En fonction d'épisodes saisonniers ou exceptionnels, le cours d'eau gonfle et sort de son chenal d'écoulement (lien).
  3. L'alternance des phases d'érosion et d'accumulation (dans l’espace et dans le temps) produit des formes massives (les terrassesici dans la Drôme), un tracé en méandres si la pente faiblit et si la charge alluviale (lien) alentit l'écoulement du cours d'eau. Les zones humides résultent d'un délestage naturel : leur disparition dans la vallée de la Loire augmente le risque d'inondation. Îles, bourrelets et bancs de sables sont des formes de détail.
  4. L’alimentation d’un cours d’eau varie en fonction des précipitations, mais avec un décalage de quelques jours/semaines. Le ruissellement superficiel s’avère moins déterminant que l’alimentation interne, via la nappe phréatique (lien).





    B. CLIMATS et ALIMENTATION des cours d’eau
    1. Les cours d’eau glaciaires (gonflent grâce aux eaux de fusion) ; une limite beaucoup plus méridionale en Amérique du Nord qu’en Eurasie. Les phénomènes de débâcle (delta du fleuve Mackenzie - 28 mai 2008) ou d’embâcle (ici à Winnipeg, en avril 2009 / ou en montagne). Rappels historiques (la Seine et la Tamise prises par les glaces à la fin du XIXème siècle).
    2. Les cours d’eau soumis à des pics pluviométriques saisonniers : pluvio-nivaux (fonte de la neige) ou pluviaux (zones océanique ou tropicales). Les hautes eaux sont prévisibles : le Gange, lors de la Mousson. Avec parfois des inondations catastrophiques : le Bangladesh est régulièrement dévasté...
    3. Les cours d’eau méditerranéens cumulent hautes eaux saisonnières avec des épisodes soudains, aléatoires (surtout en automne) et catastrophiques. Ils dépendent des caractéristiques climatiques de la zone, mais s'avèrent d'autant plus dangereux que les zones concernées sont densément peuplées : la Californie fin décembre 2010.
    4. Les cours d’eau aréiques : spectaculaires mais faiblement nocifs, car en zone désertique. En Australie, toutefois, les dégâts de janvier 2011 dans l'Etat du Queensland sont très importants.
    C. Les INONDATIONS catastrophiques
    1. La courbe de crue (exemple du département de la Lozère en 2003) : à ne pas confondre avec les hautes eaux (cycliques) ; différencier les accidents : tous les 10 ans ou tous les 100 ans (voire tous les 1000 ans ?). Montrer par un schéma l’opposition entre les deux pentes de la courbe. Une vitesse variable dont l’évaluation permet d’organiser une parade : basse vallée de la Seine.
    2. L’endiguement se pratique surtout en situation d’urgence (sous différentes formes) : souvent trop tard, il ne fait le plus souvent que déplacer le problème ; il ne fonctionne de façon efficace qu’avec l’apport d’étangs de délestage (et autres zones inondables).
    3. Les barrages constituent l’aménagement le plus efficient : nombreux et de petites tailles à l’amont – pour retenir en particulier les eaux de pluies d’orages – , plus restreints (voire uniques) dans la moyenne vallée.
    4. Les politiques d’aménagement : gel du foncier, réimplantation des haies dans les pays céréaliers, reboisement dans le tiers-monde. … Mais, faut-il absolument aménager ?

    CONCLUSION
    • Les prolongements de ce thème abondent 1. La gestion de l’eau, en particulier dans les régions déficientes / 2. L’agriculture (les lacs de retenue servant de réserves pour de nombreux périmètres irriguées). / 3. La production d’électricité : la part de l’hydroélectricité diminue au fur et à mesure de l’augmentation de la production mondiale.
    • A propos des crues et inondations, il y a là un sujet à réflexion à propos de la liberté individuelle et à propos du rôle de l’Etat. Dans le cas de la France, ceux-ci existent pour différentes raisons : 1. Présence d’une zone très sensible naturellement, et où les infrastructures se sont multipliées (la France méditerranéenne). / 2. Développement incontrôlé d’un certain nombre d’agglomérations sur des zones inondables ; citons – parmi les plus importantes de l’Hexagone – Nantes, Toulouse, Bordeaux… Et surtout Paris !
    * *

    CHAPITRE 3 - Le RISQUE SISMIQUE

    • Depuis la fin de l’ère Primaire, le continent unique (Gondwana), dont il reste des reliques montagneuses et des régions anciennes et stables, s'est disloqué : c'est la dérive des continents  (animation). Depuis environ 250 millions d’années et l'extinction de masse du Permien, les plaques se déplacent, se percutent parfois. Certains continents ont changé de zones climatiques.
    • Des questions demeurent en particulier concernant la prévision (contrairement au risque d'inondation). Certaines viennent d'être en partie éclaircies : exemple du risque de liquéfaction des sols en mars 2011.
    • Nombre de régions sensibles du point de vue tectonique, abritent une population dense. Il n'y a pas de risques naturels dans les déserts : Californie, Mexique, cordillère andine, Méditerranée, rift africain, Asie centrale, Japon... Une faille bouge et les ondes se propagent (P puis S) en surface à partir de l'épicentre - par contraste avec l'hypocentre ou foyer...
    • Trois moments se juxtaposent : (1) immédiat, lorsqu’il s’agit d’un tremblement de terre ou d’une éruption (Pompéi, 24 août 79) ; (2) après coup, en cas de réplique ou de raz de marée (Alaska - Baie de Lituya, 8 juillet 1958 / vidéo) ; (3) à plus long terme, par exemple lors d’exceptionnelles éruptions (Philippines - Pinatubo, 15 juin 1991). Celles-ci rejettent tant de matières fines qu’elles en modifient le climat du globe (Indonésie - Tambora, 1815).
    • FICHE SYNTHESE : pdf 
    Localisation dans l’espace. A replacer sur la carte les différentes plaques continentales (sous-plaques ?) / Les principales chaînes de montagnes (récentes ou anciennes), ainsi que les fonds marins / Le volcanisme actif : exemple du Japon, en bordure de la ceinture de feu.

    A. Dynamique (Voir théorie,  avec les plus récentes avancées de la recherche - séismes lents)
    1. Les plaques s’écartent…(Accrétion) Des océans se forment, ou de nouvelles terres : l'Islande dans l’Atlantique nord, avec un plancher en perpétuel formation. + Volcanisme lié aux failles et points chauds : exemple de l'Auvergne.
    2. Les plaques rentrent en collision : (Subduction) c’est la formation de chaînes montagneuses. C'est le cas des Andes ou de la chaîne himalayenne.
    3. Les plaques coulissent : Faille transformante sur la ligne de frottement, des points de friction apparaissent. S’y accumulent de fortes tensions, jusqu’aux limites de résistance des roches : mécanisme des tremblements de terre. C'est l'exemple de la Californie soumise aux déplacements de la faille de San Andreas.
    4. Brève typologie d’éruptions : les géologues classent les différentes manifestations de volcanisme en fonction des mesures apparentes (puissance de l'explosion, hauteur du panache), de la viscosité de la lave, mais également des dangers occasionnés pour l’homme. Le résultat est une multitude de formes...

    B. Les parades possibles / L’homme et le risque tectonique
    1. Les constructions parasismiques font la preuve que les gratte-ciel (exemple de la Tokyo Sky Tree peuvent mieux résister que les bâtiments plus traditionnels. Quelques principes s'imposent : problème de l'habitat ancien. Les modifications fragilisent souvent les édifices : ajout d'un étage, extension, ouvertures, etc.
    2. Question de bénéfice / coût + problème du respect des normes dans de nombreux pays. Exemple de l'Italie.
    3. La gestion de crise reste épineuse du fait des phénomènes de panique = transports. Problème de l’arrêt de l’alimentation en eau et en électricité, puis de santé publique. Mexico 1985.
    4. La France. Peu de régions – même en métropole – peuvent se targuer de présenter un risque nul.  Il y a une carte des prévisions, et une autre des relevés de séismes entre 2003 et 2005. Rappel des épisodes les plus marquants : exercice à Bâle en (type séisme de 1356). Ne pas oublier les DOM-TOM !

    CONCLUSION. Dans le monde. trois régions phares : 1. Le Japon ; 2. La Californie ; 3. La Méditerranée. Et la logistique ?

     
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    CHAPITRE 4 - LES DESERTS

    Définition : pluviométrie et absence de sols. Un tiers des terres émergées du globe seraient menacées par la désertification (ex. sur le pourtour méditerranéen)
    • Dans les déserts chauds (Alice Springs) et froids (ex-Finlande), les forts contrastes thermiques et la rareté pluviométrique jouent sur le développement du règne végétal et animal, donc sur les activités humaines.
    • Dans les déserts équatoriaux (bassin du Congol'extrême homogénéité des températures et des précipitations provoque l'explosion végétale et animale et rend difficile l'habitat permanent.
    • Ici règnent un vide démographique (carte) et le caractère souvent nomade (Touaregs) ou itinérant (Inuits) des populations autochtones : soit qu’elles vivent de la chasse, de l’élevage, ou du commerce. L'harmonie avec la nature reste relative (cultures sur brûlis). Mais il y a des villes !
    • Oubliées des hommes, terres chéries des explorateurs, ces régions sont importantes à plus d'un titre : stratégique (Arctique pendant la guerre froide), politique du fait d’un tracé de frontière (Brésil), économique : par l’importance des richesses du sous-sol, au premier rang desquelles on trouve l’eau (également présente en surface sous forme solide), mais plus encore dans la zone équatoriale le bois, les diamants, les métaux rares...
    • Ouvrage de référence (avec les encyclopédies) : Jean Demangeot, Les milieux 'naturels' - Armand Colin (2006)

    A. Les DESERTS FROIDS : mécanismes et formes
    1. La latitude : le schéma du globe terrestre par rapport au soleil montre l’inclinaison des rayons (schéma).
    2. L’altitude : le schéma montre la diminution progressive des températures en fonction du gradient thermique, qui permet de comprendre l’étagement (donc le paysage naturel)
    3. L’orientation (en montagne) : le schéma montre l’opposition entre versants exposés et versants à l’ombre : ubacs et adrets.
    4. Au total (combinaison ou non des facteurs précédents), les variations quotidiennes influencent les précipitations neigeuses et donc l'alimentation des glaciers : ici le Moreno en Patagonie. (schéma).
    • L'histoire climatique. Si les déserts glaciaires recouvrent des surfaces (relativement) marginales, ils débordent au-delà des pôles ou dans les massifs montagneux dans le domaine péri-glaciaire caractérisé par des paysages hérités des glaciations
    • Dans l'un et l'autre alternance des formes d’érosion (vallées en 'U') priment sur les formes d’accumulation (moraines, lacs de surcreusement et/ou de verrous morainiques / exemple de la vallée de l'Arve dans les Alpes du nord). Les paysages résultent de la pauvreté des sols, et de l'adaptation à l'amplitude thermique annuelle des espèces animales et végétales à un été bref (voir ci-dessous)... 









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      B. Les DESERTS CHAUDS : explication des mécanismes
      1. La stabilité anticyclonique : rappeler le mécanisme général de la circulation atmosphérique (de l’anticyclone vers la dépression); la carte climatique du globe assure la localisation de ces anticyclones, en particulier du Sahara.
      2. La continentalité : Le cas du continent eurasiatique (courbes d'isocontinentalité). Montrer le rôle  adjoint de l’orographie (effet de foehn).
      3. Les courants marins froids (carte) : poser le postulat de départ (lien avec vents dominants). Localiser les façades occidentales concernées...


      • Contrairement aux régions polaires, c'est l'amplitude thermique diurne qui s'impose dans les déserts chauds (stabilité annuelle = Tamanrasset). Celle-ci conditionne la morphogenèse ainsi que la vie végétale et animale; importance des précipitations occultes et des eaux profondes (héritées). 
      • Comme dans les déserts froids, les formes d’accumulation (dunes / ergs - FAO sur la lutte contre l'ensablement) plus rares que les formes d’érosion. Comme dans une sorte de sablage naturel, le vent façonne les roches et dégage les particules fines des regs. Lors des très rares pluies, les cours d’eaux deviennent dangereux (oueds, ici au Maroc)...





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      C. Les DESERTS EQUATORIAUX : explication des mécanismes
      1. La latitude '0' : l'inclinaison des rayons du soleil à l'équateur est stable toute l'année. Un angle d'incidence à 90° (schéma).
      2. La zone de convergence inter-tropicale : la carte du Pacifique montre la réunion des alizés des deux hémisphères (avec divergence, du fait de la force de Coriolis). Il en résulte une nébulosité permanente.
      3. La stabilité climatique vaut à la fois pour les températures (22-25 °C) et pour les précipitations (1.200 - 1.500 mm). Voir l'exemple de Manaus au Brésil.
      4. Le phénomène de convection s'applique partout sur le globe. Mais dans une zone sans vents dominants, il renforce l'humidité de l'air et aboutit à un cycle journalier d'évaporation - précipitation (schéma).
      • L'enfer vertMalgré la déforestation, la selva domine encore sur une bonne partie du Brésil intérieur, en RDC ou dans les grandes îles indonésiennes (hors Java). Les fortes pluies lessivent les sols et façonnent les paysages (dossier).


      CONCLUSION
      • La guerre d'hiver (Finlande)
      • La guerre en montagne (Afghanistan, confins turcs, etc.)
      • La guerre dans le désert (Libye, Sinaï)
      • Trafics, terrorisme et conflits frontaliers (Sahara et ses marges)
      • Les marges équatoriales (Brésil occidental, Guyane française)