samedi 6 septembre 2014

Les mondes russes


Introduction (mise à jour en septembre 2016)
  • Le conflit avec l'Ukraine (frontières), en prolongement avec le référendum organisé au printemps en Crimée (), s'est enlisé; oublié de la grande presse mais pas des autorités moscovites (lien).
  • La Russie, immensité territoriale (lien) et population en déclin (lien). Retours sur posts de blog (lien).
  • Depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, la transition post-soviétique (lien) laisse plus de questions sur l'avenir que de certitudes sur le présent. Pour l'heure, l'isolement de la Russie pèse sur son économie (lien) et la population paie les pots cassés (lien).

Plan de cours (18 heures + 2 heures examen final)


1/ La démographie. De la Russie à la Russie (en passant par l'Union Soviétique).
  • La population russe porte les traces de l'histoire soviétique.
    • A long terme, il s'agit de la surmortalité stalinienne : famines dans les campagnes (lien), purges au sein des classes citadines montantes, pertes militaires durant la grande guerre patriotique (siège de Leningrad ou bataille de Koursk), épuration des suspects qui alimente la flot des exilés du goulag et déplacements de population (lien).
    • A moyen et court terme, le legs brejnévien (1960-1980) s'avère théoriquement moins lourd. A sa mort (lien), l'expression de stagnation décrit un modèle économique à bout de souffle (lien). L'envahissement de l'Afghanistan provoque des pertes insupportables (lien). Constatant les différences entre populations internes, Hélène Carrère d'Encausse parle de décomposition de l'empire soviétique (lien).
  • Outre l'histoire, la forme et l'évolution de la pyramide des âges (lien) montrent les faiblesses de la démographie russe : 
    • 1/ Se combinent la médiocre espérance de vie (lien) et la faiblesse de la natalité (lien). La survenue de maladies mal gérées accentue l'impression d'une mortalité non contrôlée par les pouvoirs publics, accentué par la drogue : un million de Russes dépendants à la crocodile (lien)... Quoi d'étonnant à voir la tuberculose ou le sida frapper la frange de la population la plus défavorisée.
    •  3/ La dépendance à l'automobile. Les Russes meurent beaucoup dans des accidents de la route, plus que dans tout autre pays développé, à raison de 27.000 morts par an (2012) : florilège sur des routes non balisées, rendues dangereuses avec la neige et le verglas, par des conducteurs peu prudents. Les ravages du zapoï (lien) et de l'alcoolisme solitaire (lien) se retrouvent dans les statistiques précédentes...
    • Le creux constitué par l'émigration : les Russes résidant à l'étranger (en particulier dans l'ex-URSS) renforce la crainte d'un dépeuplement (lien).
¤ "De quoi parlent les hommes russes?" (VOST - 2010)

2/ Un territoire meurtri aux frontières discutées
  • Le bilan environnemental reste encore aujourd'hui navrant : l'expérience soviétique pouvait-elle produire autre chose, compte tenu du programme fixé par Lénine (discours de novembre 1920) ? En avril 1986, l'explosion du réacteur de la centrale Tchernobyl démontre l'incapacité des autorités soviétiques (lien). Elle se situe dans le nord de l'Ukraine (lien), mais une partie du territoire russe subit d'importantes retombées radioactives . Les dégâts occasionnés relèvent de plusieurs types d'activités
    • Les grands travaux, à l'époque de Staline n'ont pas produit partout le même niveau de dégradation qu'en mer d'Aral (lien). La Volga et la Caspienne retrouveront toutefois difficilement leur pureté originelle (lien). Le canal de la mer Blanche (lien) laisse derrière lui des morts et une cicatrice dans le paysage (lien).
    • L'aménagement des cours d'eaux pour la navigation fluviale, l'hydroélectricité ou l'irrigation a détruit terres agricoles et forêts hier (comme à l'amont du barrage de Bratsk), et explique aujourd'hui la médiocre qualité des eaux courantes (lien). 11 millions de Russes sont encore privés d'eau potable (lien).
    • Les activités industrielles classiques ont pu produire les mêmes effets, par non respect des normes et lois environnementales : exemple des terres agricoles ou du lac Baïkal, pollué par la fabrication de pâte à papier (lien)
    • Dans le domaine des activités militaires, beaucoup reste à découvrir, compte tenu de la course aux armements (50's - 80's) et de la conquête spatiale. Le cimetière à ciel ouvert de Mourmansk constitue peut-être la trace la plus catastrophique (lien et vidéo) ! Au lac Karatchaï, on trouve probablement du résidu civil (lien).
     
  • Bouts de Russie oubliés, autonomies et indépendances. Personne n'a préparé l'éclatement de l'URSS après 1991. L'ex-empire a été désossé, sans plan ni logique.
    • Au Birobidjan, 5.000 Juifs russes (2 % de la population totale) vivent en harmonie avec leurs concitoyens dans une région autonome désormais assez prospère (lien). En Bachkirie, en revanche, les (immenses) richesses naturelles produisent corruption (lien) et enjeux de pouvoir (lien).
    • En périphérie russe, des territoires demeurent sources de litiges. Sur le sujet de la Carélie, Helsinki se montre discret. Dans les îles Kouriles, après une période de relatif apaisement (lien), Tokyo et Moscou s'opposent (lien).
    • L'enclave de Kaliningrad (carte) s'avère plus difficile à gérer encore. Moscou utilise l'oblast dans le cadre de sa politique de réponse à l'Otan, quitte à brider les populations locales en attente d'ouverture sur les pays voisins (lien) : vive la course à la saucisse (lien) !
    • Hors du territoire russe, les Républiques dissidentes dépendent du soutien coûteux de Moscou. Y vivent des Russes dont on ne peut nier l'existence (lien) ! La Transnistrie présente de nombreuses similitudes avec la Crimée (lien).

3/ Dynamiques inversées. Abandon de l'Asie et retour européen ?
  • Est - Ouest. L'expansion est au cœur de l'histoire russe, contre l'ennemi (teutonique, suédois, polonais, etc.). Alexandre Nevski sauve la mère-patrie au XIIIème siècle (ou en 1938 !). Napoléon doit repartir (lien). La construction de l'Etat impérial a juxtaposé les deux directions. Vers l'Europe à l'époque des philosophes (comme Diderot) et de Saint-Pétersbourg. Ou contre l'empire Ottoman ? Il y a des comparaisons possibles avec la Reconquista en Espagne (lien). La synthèse se trouve - entre autres villes - à Sotchi (lien).
  •  Ouest-Est. D'autres ennemis - cette fois asiatiques - manquent de faire disparaître la Russie, tout particulièrement la Horde d'Or (lien). La conquête de l'Est entraîne un élargissement rapide de l'empire vers la Sibérie (carte). Trois liaisons se succèdent
    • A l'époque médiévale et moderne, la Russie européenne forme - avec l'Iran - l'une des deux étapes (lien) des routes des tapis (Asie centrale) et de la soie (Chine).
    • A partir du XVIIIème siècle, la demande croissante de fourrures animales amène la création d'un marché, avec des fournisseurs (les chasseurs-trappeurs - lien) et des villes-lieux d'échange.
    • L'aventure du train russe doit beaucoup aux investisseurs français (lien), après le succès de Michel Strogoff (lien). Les échanges commerciaux s'intensifient avec l'Orient. Le Transsibérien fonctionne toujours (lien). La ligne Baïkal-Amour-Magistrale semble en revanche abandonnée (lien), qui a le goût du sang (lien)
  • Y a t-il remise en cause de cette expansion ? Depuis l'effondrement de l'URSS (lien), la pression démographique chinoise augmente sur l'Extrême-Orient russe : lien. Entre Est et Ouest, on trouve l'Oural (lien) qui peut servir d'étalon :
    • Avant-hier Eldorado (lien) et région dissidente lors de la révolte de Pougatchev (lien)...
    • Hier région industrielle prospère (lien), mais aujourd'hui (lien) ?


4/ Déclin rural, vitalité métropolitaine
  • La deuxième mort de l'expérience collectiviste. Le "Décret sur la Terre", le 26 octobre 1917 pose les bases d'une plus vaste réforme : première popularité du régime (lien). Puis vient la guerre civile et les Verts de Makhno (lien).
    • La ressource naturelle est diversifiée. Mais les tchernozioms (lien) peuvent permettre à la Russie de redevenir une puissance agricole exportatrice (lien), même si les stigmates de l'ère soviétique restent partout présents : rétrospective...
    • Le Premier plan quinquennal (lien) met en place les kolkhozes, qui provoquent des remous dans la population rurale, avec une intensification de la répression à partir de 1928 (lien) et une grande famine en 1932-33 : loi dite des Epis.
    • La collectivisation permet de soutenir le commerce extérieur, de bloquer l'exode rural et de vider les (grandes) villes de leurs "éléments indésirables". Dans sa forme extrême, la passeportisation produit l'île de Nazino (sur l'Ob, à 800 km au nord de Tomsk - lien -), surnommée "Île aux Cannibales"
    • La stabilisation stalinienne vient de l'autorisation des enclos familiaux (1 % de la SAU / 25 % de la production agricole - lien); les pertes humaines de la Seconde guerre mondiale assèchent le réservoir démographique des campagnes (lien).
    • En 1991, l'archaïsme domine, avec des structures vieillissantes et une productivité en berne (lien). Le bilan environnemental  demeure problématique, du fait des expériences traumatisantes menées à grande échelle : Terres vierges de Khrouchtchev (lien)
  • Développement métropolitain (Moscou et Saint-Pétersbourg). L'opposition entre les deux Russies ne date pas d'hier. L'histoire récente la conforte : les Pétersbourgeois sont accusés par Evgeny Fedorov (élu à la Douma, dans les instances dirigeantes de Russie Unie - lien -)  d'être favorables au parti de l'étranger (lien).
    • Les plans de ville montrent l'écart entre un site issu d'un noyau médiéval - Moscou (lien / source) - et un site ex nihilo, une ville fondée par Pierre le Grand en 1703 (lien / source) au développement rapide : Saint-Pétersbourg en 1776 et à la fin du siècle suivant (lien). Moscou change plus lentement, comme le montrent ces ressemblances entre 1813 et 1917.
    • La puissance de l'Etat apparaît dans l'architecture pétersbourgeoise (tirée du modèle versaillais - lien -), ou encore dans les transformations réalisées à l'époque de Staline dans Moscou : peut-on parler de style stalinien (lien) ? Le métro (plan) inauguré en 1935 fait rentrer - à grand prix - la capitale russe dans la modernité. Moscou garde pour l'essentiel les traits choisis par le plan de 1935 (lien), quand Saint-Pétersbourg s'endort... 
    • L'opposition entre destination touristique et/ou culturelle (St-P.) et capitale administrative et/ou économique (M.) doit être relativisée. D'un côté, on trouve certes le musée de l'Hermitage (lien) mais dans l'autre, la ville ressemble à une sorte de conservatoire de l'époque soviétique (lien) où la vie est chère pour les plus modestes (lien). 
    • Conclusion du match entre Saint-Pétersbourg (synthèse) et Moscou (synthèse) ? Il y a égalité du point de la corruption et de la criminalité (lien). Et Gazprom va investir... à Saint-Pétersbourg (lien) ! Poutine réunit finalement les deux métropoles (lien)


5/ Secteur minier prospère, industries diversifiées, mais classes moyennes absentes ?
  • Le potentiel minier russe est incomparable et bien réparti géographiquement (carte). La diversité et l'ampleur des réserves souterraines (lien) s'explique autant par l'histoire géologique et l'immensité du territoire...
    • Le diamant renvoie aux origines géologiques de la Terre (lien), au contraire des charbons et hydrocarbures (lien)
    • Comment extraire sans dommage (lien) et transporter ces matières premières, dans des zones reculées et hostiles ? 
  • Les cours internationaux des matières premières progressent au moment même où Boris Eltsine - le liquidateur de l'URSS - disparaît de la scène politique : en particulier les métaux et produits énergétiques (lien). Les retombées pour l'Etat sont immédiates. Restent les erreurs du FMI et l'aveuglement de la Maison Blanche pour assurer le succès de Vladimir Poutine : lire Stiglitz...
  • L'industrie de transformation : trop peu technologique ? Le régime soviétique (lien) avait sciemment négligé les biens de consommation : les Russes en supportent aujourd'hui les conséquences. 
    • ... Mais dans le domaine militaire et aéro-spatial, les choix d'hier se révèlent beaucoup judicieux (lien). La concurrence internationale est rude (lien). Les clients apprécient, comme dans le domaine du nucléaire civil : exemple de l'uranium enrichi dans l'Oural(lien).
    • Quelques secteurs-clefs : Les hydrocarbures (Gazprom spécialiste en exploitation de terres vierges), la pâte à papier sortant des usines de Baïkalsk (lien) ou encore l'aluminium, l'histoire d'une activité détournée (lien).
    • La Russie, marché émergent ? Tarkett en fait la preuve (lien). La dépendance vis-à-vis des marchés internationaux apparaît au cours de l'été 2014 pour l'automobile (lien), pourtant en plein essor (lien).
  • Mais... Les privatisations contestées. 1991-1994 : la vente des actifs publics lèsent l'immense majorité des Russes, qui assistent à la naissance de puissantes oligarchies. Celles-ci récupèrent les biens bradés à son plus grand profit (lien). Alors, existe t-il une classe moyenne en Russie ? Moins riche qu'en Occident, elle présente certains traits communs (lien), mais s'avère pour l'heure conservatrice (lien).


6/ La Russie sibérienne 
  • La contrainte physique du milieu. Le désert froid s'étend au-delà du cercle polaire, caractérisé par l'alternance saisonnière entre un hiver de 8/10 mois et un été court (embâcle/débâcle) : c'est le domaine de la toundra (lien) et du permafrost  (carte).
    • La région de la Kolyma (lien) reste encore marquée par sa vocation concentrationnaire, inaugurée à l'époque de Staline (lien). L'écrivain Chalamov a fait connaître cet univers dans ses Récits de la Kolyma ; un survivant se souvient (lien).
    • La Iakoutie (lien) ou la presqu'île du Kamchatka, par leurs biodiversité et leurs paysages volcaniques sont susceptibles d'attirer une clientèle touristique (lien)
    • Les populations nomades déclinent (200.000 répartis entre 30 peuples / lien), tandis que leur culture disparaît : les Nénets doivent se déplacer en même temps que les troupeaux de rennes (lien).
  • La plus longue façade maritime du monde : le littoral arctique. Le peuplement y est cependant épisodique, à quelques exceptions près, comme à Norilsk, la ville la plus polluée du monde, selon National Geographic (lien / photos). Restent le tourisme (lien), les richesses du sous-sol, comme le diamant dans la région d'Arkhangelsk (lien) et le grand jeu géopolitique (lien).
  • La Russie forestière s'organise autour du conifère et de ses sols pauvres (lien) : la taïga (paysage et économie) peuple l'imaginaire collectif, au point que le président fait savoir qu'il va y fêter son 62ème anniversaire (lien) ! Les légendes restent vivaces, alimentées par l'isolement extrême de ceux qui y demeurent (lien).
  • Etat constructiviste et isolement des populations. L'Etat russe a aujourd'hui renoncé à sédentariser de force les nomades. Mais les Nénètses se trouvent confrontés dans la presqu'île de Yamal à la fragilité de leur situation (lien) : l'élevage extensif (lien) et l'exploitation gazière (lien) cohabitent plus ou moins facilement. Gazprom arrose (lien).


7/ La Russie montagneuse et méridionale, au contact avec l'Asie Centrale. Le Caucase
  • Le monde des steppes et du fleuve Volga (lien). La presque vide (lien) république de l'Altaï (lien), sous les inondations printanières, en 2014 (lien).
  • La chaîne caucasienne : géomorphologie alpine (lien) pour une montagne - barrière climatique (lien) dont les sommets dépassent le Mont-Blanc. L'Elbrouz atteint en effet 5.640 m. (expédition).
    • Montagne des langues, le Caucase concentre quatre familles (pré-caucasienne, indo-européenne, altaïque et sémitique - lien) et les grandes religions monothéistes, dans toute leur diversité (archéologie en Géorgie).
    • Dans les vallées et sur les versants bien exposés, l'agriculture prospère naturellement (ou avec l'adjonction de systèmes d'irrigations). Exemple avec la viticulture remise en cause à la fin de l'ère soviétique (lien) : on peut parler de renaissance (jusqu'en Arménie)  
  • Au XVIIIème siècle, la Russie colonise le nord-Caucase en brisant les solidarités antérieures : persanes et ottomanes. Expansion du fait du prince, solidarité religieuse vis-à-vis des Orthodoxes ou des Arméniens ou quête des richesses naturelles ?
    • La conquête provoque une guerre sainte (imam Chamil) et des pertes humaines extrêmes (lien). De fait, une partie des habitants - las des guerres intestines intra-montagnardes - recherche l'alliance russe; le conquérant cruel se montre parfois plus généreux que les colonisateurs occidentaux (lien).
    • La Caucase au tournant du XXème siècle est à la fois telle d'opportunité - Californie russe pour le poète Mandelstam - et piège révolutionnaire pour Nicolas II (lien)... 
  • Au nord, la Tchétchénie, reste le poison de l'histoire russe contemporaine. La première guerre fait basculer le régime de Boris Eltsine; la seconde permet à Vladimir Poutine de se hisser au rang de chef d'Etat (lien). La répression s'avère sans réplique (lien).
    • A Sotchi, le miracle n'a pas eu lieu, à la suite des Jeux Olympiques (lien) ?
    • Les Ossètes se trouvent coupés par la frontière internationale (lien).
  • Au sud, les autorités autoproclamées d'Abkhazie signent des accords liant davantage encore la province séparatiste à la Russie (lien)... 


8/ La Russie européenne 
  • Le bassin-versant du Don : entre Russie et Ukraine (lien). Les réfugiés de la guerre en Ukraine traversent la frontière par vagues successives (lien), quelques mois après Ianoukovitch en fuite, le président déchu (lien). Plus grande que Krasnodar plus proche de la péninsule caucasienne (lien), l'agglomération de Rostov polarise les activités de l'extrême-sud du pays (lien).
  • Le sud agricole : l'agriculture russe (carte) connaît une lente reconversion (carte), avec le maintien des lopins individuels et la refonte des grandes exploitations collectives (kolkhozes et sovkhozes). 
    • Les investissements ont manqué, et l'équipement pour l'irrigation reste insuffisant (lien); dans un contexte climatique parfois difficile, il  ce qui explique une productivité moyenne en deçà de celles observées dans d'autres pays développés (lien).
    • Des super-exploitations surgissent toutefois, par concentration des domaines préexistants; les bénéficiaires en tirent le plus grand profit, mais ils représentent une minorité (lien).
    • L'openfield à perte de vue : entre Russie et Ukraine (lien)
  • La Russie intérieure...
    • L'industrie (toujours...) Samara (lien) et sa région. Les investisseurs apprécient (lien). Nijni-Novgorod (lien), et son exposition de 1896 (lien). Magnitogorsk (lien) et son complexe sidérurgique (lien)
    • Le Tatarstan, modèle de la république musulmane & russe (lien), avec la grande ville de Kazan (lien) ? En réalité l'autonomie locale est quasi inexistante (lien) : l'autorité locale a même facilité le retour de la Crimée dans l'orbite russe (lien). Les avions volent très longtemps (lien).
  • La Russie figée dans le souvenir du passé mais aussi dans celui du secret : Iekaterinburg (lien) et les 400 ans de la famille Romanov (lien). La maison Ipatiev a été rasée en 1977, mais une église a été reconstruite depuis (lien)
  • Et la Transnistrie, suivra t-elle le vote des Russophones de Crimée (lien) ?

lundi 14 avril 2014

Géographie des pays émergents

QUE SONT LES PAYS EMERGENTS ? (Introduction - 1/10)
  • Les repères historiques parfois inopérants (colonisation/décolonisation, guerre froide). Au XXème siècle, le Brésil conquiert son espace (lien).
  • Des pays directement issus de vieilles civilisations. L'agriculture en Inde empile l'histoire du sous-continent (lien). Emergence = revanche sur l'histoire .
  • Des pays neufs ont cessé d'être classés comme émergents... Pourquoi ? Le Japon garde des caractéristiques émergentes, et pourtant... (lien)
  • La mondialisation conduit-elle forcément au triomphe des valeurs occidentales (respect des droits de l'homme, démocratie) ? Pour le cas de la Corée du Sud, combien de contre-exemples (lien) ?
  • Sur la carte (lien), les pays se répartissent sur tous les continents, avec quelques exceptions. La hiérarchie des métropoles mondiales connaît un profond bouleversement : Shanghai et Guangzhou sont les deux agglomérations les plus peuplées du monde

IMMENSITES TERRITORIALES (in)EXPLOITABLES (2/10)
  • Le potentiel correspond à celui d'Etats-continents, dépendant de la pluviométrie (lien), de la proximité du littoral et de la richesse pédologique. Au Brésil : dès les 1970's - lien - et maintenant (lien). Mais il y a diverse façon de le faire fructifier (ou de le laisser se dégrader) !
  • Exode rural combattu au nom des idéologies et productivisme. La Chine paie toujours les conséquences du Grand Bond en avant (lien) et du maoisme autarcique (carte). Le permis intérieur (hukou) force les paysans à devenir mingongs s'ils souhaitent partir travailler en ville. Depuis, l'agriculture intensive s'est renforcée : exemple dans le blé (lien) et le coton (lien). Avec la dégradation du potentiel agraire (lien), les Etats favorisent l'extension des SAU, au détriment des populations locales (ex. Mongolie intérieure - lien).
  • Agricultures exportatrices adaptées aux marchés internationaux et déclin des cultures traditionnelles. En Ethiopie, la part de la paysannerie vivant de l'agriculture vivrière est tombée à 8 % (lien). Sur le continent latino-américain, on trouve dans la zone andine, l'alternative (?) de la culture de la coca. Au Mexique, les cultures de drogue maintiennent l'illusion d'un développement rural (lien)
  • Déséquilibres territoriaux. Après la Malaisie (exemple de cette agro-entreprise), l'Indonésie connaît en une génération un boom agro-industriel avec l'huile de palme : entre les années 1970 et aujourd'hui (carte bilan). Ces cultures intensives concurrencent la riziculture avec des conséquences sur l'alimentation (lien)
  • Risques naturels, de la catastrophe exceptionnelle aux désastres climatiques saisonniers (Mousson) En Inde, les précipitations sont généralement importantes (lien), mais mal réparties dans l'année (lien). La Révolution verte (lien) laisse entier le problème des petits propriétaires terriens endettés : exemple de l'Etat du Maharashtra (lien).
  • Hier la révolution : de l'Inde au Brésil...

PRESQUE INDUSTRIELS, BIENTOT TERTIAIRES (3/10)
  • Gaspillage - ou exploitation ? - des ressources naturelles. La fête du 1er mai (2017) a vu le président sud-africain en situation délicate (lien). Le prix des matières premières sert de toile de fond. En Afrique du Sud (carte et géologie), le secteur minier structure l'histoire du pays (l'ANC est-il révolutionnaire ou réformiste ?), y compris après l'abandon de l'Apartheid : grèves de 2012 (lien) et rivalités entre syndicats (lien).
  • Des puissances énergétiques. Au coeur du projet nationaliste (autarcique ?), l'extraction de matières premières passe par l'examen de toutes les zones possibles: sous-sol, plate-forme continentale ou régions sensibles : exemple du Xinjiang chinois (lien) sa production. L'hydroélectricité a représenté une étape préliminaire, à Itaipu (carte / lien) ou sur le Changjiang, aux Trois-Gorges (carte / lien). Le nucléaire a été laissé de côté en Afrique du Sud (lien).
  • Des activités industrielles, polluantes et dangereuses (dédaignées par le Nord). La dé-mondialisation n'est pas pour aujourd'hui (lien) ! Au Vietnam, il a fallu digérer (lien) la réunification Nord/Sud et la guerre avec la Chine (lien) pour lancer la politique de rattrapage des PDEM : renouveau (lien) !
  • La main d'oeuvre bon marché (suite et fin ?) Il n'y a rien de tout à fait nouveau, si l'on scrute le cas du développement industriel (en particulier dans le textile) de Bombay (lien) et ses transformations récentes (lien). Dans les constructions navales, l'activité hier florissante (lien) décline peu à peu... au profit du Bangladesh (lien). A Pattaya, en Thaïlande, l'industrie du sexe née au cours de la guerre du Vietnam est menacée par la concurrence cambodgienne (lien).
  • Des produits concurrentiels. L'Occident dépassé : la crainte est compréhensible si l'on juge le potentiel aéronautique brésilien (lien), les nouvelles technologies indiennes à Bangalore (lien), le poids du géant Foxconn (lien) Sans parler de l'homme le plus riche du monde, un Mexicain (lien)... Mais il y a une différence entre concurrence économique et menace géopolitique : exemple du porte-avions chinois (lien).

URBANISATION et METROPOLISATION (4/10)
  • La littoralisation. Le Guangdong (carte) connaît dès le XIXème siècle une croissance économique combinée avec une reprise de l'émigration (diaspora). L'embouchure de la Rivière des Perles (carte) concentre les activités et l'ancienne zone économique spéciale de Shenzhen (lien), devenue l'une des métropoles les plus dynamiques du pays (lien). Nombreux sont les ide la littoralisation (lien). Jusque sur l'île d'Hainan (lien).
  • Les noeuds de communication confortent par définition les atouts du site et de la situation. En Afrique du sud (carte), la province du Gauteng - au centre de l'ex-Transvaal (lien) - concentre les activités d'extraction-transformation et les métropoles de Pretoria et Johannesburg (lien). La fin de l'Apartheid couronne le processus plus qu'il ne le contredit (lien).
  • Villes délaissées : reliques de l'époque coloniale - comme Salvador de Bahia (lien) - et/ou de l'exploitation des matières premières - comme San Luis de Potosi (lien). Les capitales changent parfois, de Hue (lien) à Surabaya (lien). Elles peuvent rester à un stade embryonnaire - comme La Plata (lien et carte) - ou intermédiaire comme à Brasilia ou à Bloemfontein (lien). Et puis il y a le cas peu courant de Shanghai (lien).
  • Des mégapoles apparemment désordonnées. Faut-il incriminer la faiblesse de l'Etat par l'absence de planification : exemple à Bangkok (lien). L'habitat informel ne disparaît pas. Il se métamorphose - à Bombay-Dharavi (lien) - ou se déplace : à Sao Paolo. Dans ce dernier cas, la coupe du monde de football accélère le processus (lien).
  • En Amérique latine une classe moyenne homogène vit à l'américaine : à Mexico, dans la zona esmeralda. La société de consommation s'y est installée, pour le meilleur et pour le pire. En terme d'enseignement supérieur (lien), les pays latino-américains comblent leur retard. Le retour des émigrés pose de nombreuses questions (lien). 
LES DEFIS (5/10)
  • Les inégalités sociales et la redistribution bloquée des richesses apparaîssent au moins sur deux dossiers brûlants. 
    • L'économie informelle produit des circuits parallèles et des cartels/élites parasites : exemple dans un Mexique gangrené par l'argent de la drogue (lien) mais visité par un hôte de marque (lien). La zone d'échange nord-américaine (dont les films Traffic et Sicario se font l'écho) s'avère particulièrement sensible. En 2016, 23.000 Mexicains sont morts dans une guerre civile qui ne dit pas son nom (lien).
    • La défense de l'environnement  (carte) - qui se base sur une analyse incontestable des dégradations (dégradation des plages, des eaux courantes, recul de la forêt) - prend les formes d'une éradication des poches de pauvreté urbaine : or deux millions d'habitants dans mille favelas ne peuvent être négligés à Rio de Janeiro (lien).
  • Les tensions sociales aux racines anciennes.
    • Dans le cas de l'Indonésie, elles ont abouti à l'indépendance d'une ancienne province, le Timor oriental, devenue finalement indépendante (lien). Tandis que le radicalisme menace toujours à Sumatra (lien), le gouverneur de Jakarta part en prison pour blasphème. Le nationalisme xénophobe triomphe à Java (lien).
    • L'Inde, doit elle affronter le défi de la remise en cause des castes. En 1950, Gandhi fixait des objectifs ambitieux (lien)... Etait-ce pour voir triompher le BJP (lien) ?
  • Le vieillissement démographique accéléré par les politiques publiques. Plutôt que les conséquences bien connues de la politique de l'enfant unique en Chine, on peut évoquer les conséquences de la légalisation des techniques médicales : un féminicide menace directement la société indienne (lien), de la même façon que le sida l'Afrique du Sud : un cinquième de la population est séropositive (lien), avec un retard pris par les pouvoirs publics (lien).
  • Pour quels Etats ? Abandon de l'Etat-providence ou progrès de la démocratie (selon les observateurs). 
    • En Chine, les entreprises publiques forment la colonne vertébrale de l'économie (lien). Celle-ci rend illusoire une modernisation pérenne (lien). Les statistiques officielles sous-estiment le chômage en particulier dans les SOE.
    • L'enrichissement personnel comme seul ciment collectif ? Pour Murong Xuecun, "Il faut un remède à la Chine" (enquête sur les gangs pyramidaux). Les diplômés sans relations et les salariés sans qualification restent sur le bord de la route (lien), en attendant une retraite au rabais (lien) mais officiellement assurée (lien). En attendant, la situation des plus âgés se détériore (lien).
En AMERIQUE LATINE (6/10) - Lien
  • Le Mexique (2 millions de km²) comptait 85 millions d'habitants en 1990, contre 127 millions en 2015. Une population relativement homogène au sein de laquelle les Créoles et les Amérindiens plus ou moins purs de tout consanguinité ne représentent qu'une minorité (15 % / 30 % ?).
    • Le centre intra-montagneux du continent (carte) se découpe en trois parties :
      • 1. Les hautes terres arides du Nord
      • 2. Les plateaux centraux tempérés bénéficiant d'une saison pluvieuse, dominés par des volcans actifs
      • 3. Le Mexique tropical
    • Les littoraux s'avèrent aussi diversifiés : basse Californie tectonique et à la presqu'île calcaire du Yucatan.
    • Contrastant avec une inquiétante situation sécuritaire (lien), les fondamentaux économiques sont excellents (lien).
  • Le Brésil (8,5 millions de km² - 16 fois la France) comptait 147 millions d'habitants en 1990 contre 208 millions en 2015. Un tiers des Brésiliens se disent métis, mais on compte environ 10 % de Noirs et une minorité asiatique (d'origine nippone) :
    • Etat continent (carte) partagé entre trois compartiments eux-mêmes diversifiés.
      • 1. Le littoral s'étend de l'Equateur jusqu'au delà du tropique du Capricorne.
      • 2. L'Amazonie comprend la vallée principale (fleuve à Manaus - 100 m. d'altitude), celle de ses affluents et les bas plateaux. 3.
      • Le bouclier brésilien est constitué de roches anciennes pénéplanées (alt. max entre 700 et 1.200 m.)
    • Une classe moyenne solide (lien) et des atouts prometteurs (synthèse) pour un pays qui se dépêtre pas de ses scandales de corruption à répétition
  • Argentine (2,8 millions de km²) et Chili (760.000 km²) connaissent un croît naturel plus modéré. Leurs populations sont respectivement passées de 32 à 43 millions, et de 13 à 18 millions d'habitants entre 1999 et 2015. Dans les deux cas, les populations d'origine européenne sont très largement majoritaires, même si totalement mélangées entre berceau d'émigration. La dernière Yagan va disparaître (lien).
    • Histoire récente cruelle (lien)  
    • Le cancer du cuivre, à Antofagasta (lien)
La RUSSIE (7/10) - Lien

LE SOUS-CONTINENT INDIEN (8/10)
  • De la colonisation il ne reste que des ruines glorieuses (lien) à Slumdog millionaire (lien). La pyramide des âges montre un déséquilibre net entre hommes et femmes (lien). Le carcan des castes (lien) pèse toujours sur une société dans laquelle les femmes prendront le pouvoir (lien). La séduction de la violence demeure (lien).
  • Potentiel et risques naturels dans un environnement géopolitique toujours délicat (lien). La pluviométrie du sous-continent est mal répartie dans le temps (lien) et dans l'espace (lien). Le géant agricole dont le tiers de la population vit en ville - pour le riz comme pour le blé (lien) - dépend de ses aménagements hydrauliques (lien) eux-mêmes liés à l'organisation topographique du territoire (lien).
  • Union indienne ou mosaïque régionale. La population continue de croître à un rythme plus soutenu qu'en Chine : 1,31 milliard d'habitants contre 832 millions en 1989 [Leurs territoires sont inversement proportionnels : 9,57 contre 3,29 millions de km²]. En comparaison de la mosaïque linguistiques (lien), l'Inde se caractérise par son unité - relative - religieuse (lien).
  • Bombay (Mumbai  / lien), Calcutta (Kolkata / lien), Madras (Chenaï / lien), Bangalore (lien) et Delhi (lien) : ou les enjeux des cinq métropolisations indiennes...
  • La victoire électorale du BJP, tournant de la vie politique Au plan économique, en tout cas, les promesses du candidat Modi paraissent excessives (lien) : poids de l'administration et d'une ruralité encore majoritaire. Le premier bilan doit être rapproché du prix du pétrole (sixième puissance économique - lien). La révolution des toilettes et la démonétisation (lien) ont permis au parti de remporter les élections de mars (lien).
LA CHINE (9/10) - Lien

... Et les autres pays émergents d'ASIE (10/10)

lundi 17 février 2014

La géographie, 'discipline du terrain' / S2 - 2017 / Survivre, se déplacer, faire face aux risques et intervenir en ville

INTRODUCTION. Etudier le 'Cadre général de l'action'


SURVIVRE. Contraintes météorologiques (initiation)
1. L'homogénéité thermique et pluviométrique est aussi rare que précieuse [La climatisation de l'armée américaine a coûté plus en 2010 que la Nasa] mais elle peut disparaître plus ou moins brièvement...
¤ L'absence d'amplitude thermique (écart entre minima et maxima de températures) et la répartition des précipitations mensuelles existent dans le climat équatorial (par convergence des alizés). L'Europe océanique bénéficie - elle - de l'influence apaisante de la Dérive Nord-Atlantique, même si la continentalité (courbes d'isocontinentalité) et l'altitude l'effacent progressivement (France).
¤ L'hyper-continentalité temporaire inverse les données météo saisonnières de l'Europe occidentale. En 1709, une frange de la population française meurt littéralement de froid (exemple en Saône-et-Loire / Figure 8). Un anticyclone bloque l'influence de la DNA. Les hautes pressions maintiennent pendant plusieurs semaines une sorte de couloir pour vents dominants : subarctiques l'hiver (le froid ressenti diffère du froid réel), sahariens l'été.
  • En janvier 2014, les Etats-Unis sont traversés par des vents d'altitude dérivant des régions arctiques (vortex) avec des minima à - 37 °C (- 53 °C ressentis). En France, la référence remonte à l'hiver 1956 : source.
  • La canicule d'août 2003 révèle la fragilité de sociétés occidentales mûres. Chaque jour, des centaines de corps à gérer, non pas dans une zone isolée mais sur 40 % du territoire hexagonal : source.
  • En été, dans la moitié sud de la France, les incendies menacent la forêt méditerranéenne (source) plus ou moins imbriquée dans le bâti (exemple dans le Var). En août 1949, 50.000 hectares brûlent en Gironde et dans les Landes (source).
2. Les déserts froids, ou l'homogénéité thermique dans le froid.
¤ Les régions polaires (carte) s'étendent dans les deux hémisphères au-delà des cercles polaires : 66°36 (limite dite du soleil 'de minuit'). Lors du solstice de juin, le jour dure 24 heures.
  • Les conditions sont extrêmes, mais prévisibles, même en Antarctique (source), sixième continent vide d'hommes. Avec l'accélération du réchauffement climatique, les pays bordiers de l'Arctique rêvent d'un futur pour des autoroutes maritimes (source).

L'amplitude thermique est faible dans les hautes latitudes : par l'inclinaison du rayonnement solaireL'été boréal, de courte durée, permet une vie végétale et animale. Les eaux de surface se libèrent brièvement : débâcle. 
  • Durant l'hiver 1939-1940, les Soviétiques ont expérimenté la guerre dans le désert froid (source). 
¤ La haute montagne (carte). Les températures diminuent selon un gradient universel (6°C / 1.000 m). Elles varient selon le versant : le soleil éclaire l'adret et laisse dans l'ombre l'ubac, déterminant des limites paysagères (étagement).

L'amplitude thermique diurne est forte. Le jour (surtout par temps clair), les températures montent. L'air chaud s'élève : c'est la brise de vallée trompeuse et fugitive. La nuit, les températures dégringolent. L'air froid étant plus lourd, une brise de montagne surprend facilement le promeneur... (schéma). En fonction de l'orientation les fonds de vallées peuvent conserver le froid, par inversion de température (schéma). 
  • Dans les Alpes, on craint une disparition des glaciers à la faveur d'une succession d'étés trop soutenus (source).
  • Le risque d'avalanches (vidéo) augmente cependant, du fait de la pression touristique. Retour à Ortiporiu, février 1934 (source)
3. Les déserts chauds, ou l'homogénéité thermique dans le chaud.
¤ La stabilité anticyclonique, la continentalité et les courants marins froids provoquent, ensemble ou séparément, l'aridité : précipitations annuelles inférieures à 250 mm. La réalité désertique est cependant aussi humaine et paysagère
  • Au fil des millénaires, le Sahara s'est asséché (source) même s'il reste des oueds parfois actifs (source). Dans l'Adrar des Ifoghas, la ressource en eau reste liée à ce passé pluviométrique (lien). Dans ce contexte se nouent des conflits épineux : source

¤ Entre tropique du Cancer (N) et tropique du Capricorne (S) L'ensoleillement est maximal, car les rayons frappent à la verticale (90° sur l'équateur). Dans le désert, ils agissent d'autant plus qu'il n'y a pas de couvert nuageux. L'albédo fait grimper les températures, en fonction de la couleur des solsLa nuit, l'absence de végétation et le rayonnement cosmique se conjuguent pour  faire chuter les températures.
¤ Les phénomènes de Mousson (source) viennent exceptionnellement perturber le système aride, avec des effets plus ou moins dévastateurs (El Niño au Chili-Pérou) par la dévastation des écoulements. En Asie, alternent deux saisons. Le continent se refroidit en hiver (anticyclon + Mousson d'hiver) ; il surchauffe en été (dépression), attirant les vents océaniques sur le continent, en particulier les montagnes.
¤ Les pluies sont précoces à l'ouest (Inde) et tardives à l'Est (Japon); abondantes (Sri Lanka) ou irrégulières (Chine du Nord). 


*
ATTEINDRE un OBJECTIF, SE DEPLACER
1. Les littoraux actuels résultent de la transgression flandrienne (étudiée à Molène) constituent la limite océanique des continents; la plate-forme continentale permet de repousser au large la ZEE... Les activités traditionnelles déclinent; remplacées par le tourisme balnéaire, les interfaces portuaires.
¤ Littoraux ouverts : Cet adjectif désigne un littoral bas, le plus souvent en alternance (plage / côte rocheuse).
. Les sables proviennent du continent, via les fleuves. La houle les répartit plus qu'elle ne  les produit, le vent assurant un modelé complémentaire. Le cordon dunaire (avec falaise morte dans le Cotentin) est une forme évolutive. Certains secteurs sédimentent toujours : exemple de la baie d'Aiguillon.
. Les embouchures peuvent être larges ou étroites. Leur forme dynamique évolue en fonction de l'alluvionnement (lien). On peut évoquer comme spécifiques : les estuaires (la Plata), fjords (le Sognefjord) et deltas (le Nil). Voies d'accès privilégiées ? (opération Frankton en déc. 42)
Les côtes sableuses permettent des débarquements par accostage de barges (Pourquoi les Américains ont-ils choisi la Normandie le 6 juin 1944 ?) Le premier succès obtenu par les Alliés est au début de la campagne d'Italie, en Sicile méridionale, à l'été 43 (Anzio, en janv. 44 est plus mitigé). A Iwo Jima (mars 45), la victoire coûte cher aux Américains : 7.000 morts, 19.000 blessés (lien).
¤ Littoraux fermés : On a ici l'inverse, par la terminaison brutale du continent. Le plus souvent, le plateau continental est très étroit, voire inexistant.
. La violence du ressac explique la fragmentation des roches les plus solides (vidéo en Islande). A proximité de volcans actifs, le littoral évolue en fonction des éruptions (vidéo à Hawaï).
. Dans la zone inter-tropicale (à peine élargie), les récifs coralliens en Polynésie, et les mangroves (ici en Guadeloupe) viennent fermer une côte basse. L'outre-mer français est dans une logique conservatoire (lien).  
. A Dieppe (carte) à l'été 1942, 3.000 Canadiens meurent sur la côte à falaise : Opération Jubilée.
¤ Une littoralisation [Notion incluant les systèmes portuaires, laissés de côté ici] mal maîtrisée. L'activité touristique a longtemps été annexe (minorité + faiblesse du secteur Tertiaire) : De la Brière à Saint-Nazaire.
. Elle domine aujourd'hui en surface sur les littoraux de pays riches (ex. de Brisbane - Vilaine Nina), et grignote même ceux des pays émergents (ex. de Dakar - ...afrikeuropéenne).
. Les défis sont nombreux : vieillissement et déséquilibres territoriaux (Floride); concentration saisonnière et déclin des activités traditionnelles (Littoraux français); destruction paysagère, clivage sociologique et fragilisation vis-à-vis des risques naturels : ex. de Fort-de-France (carte).
¤ Au-delà des débarquements, le géographe constate que les littoraux sont des lieux d'intervention à part entière.
. La marée noire du Torrey Canyon (avril 1967 - intervention Armée de Terre).
. En 2010, la tempête Xynthia a surpris autorités et population (un an après, des questions se posent). La mer rentre dans les terres (carte) : au Génie de réparer le cordon dunaire !
2. Les massifs forestiers (répartition dans le monde)
¤ La forêt primaire est théoriquement non dégradée par l'homme. Souvent disparue, elle se maintient surtout dans la zone intertropicale et dans les zones montagneuses.
. La selva est un biotope complexe, caractérisé par son environnement physique (climat, sol), sa biomasse (variétés des essences) et sa structure (lien).
. Le combat contre la déforestation s'avère complexe (Brésil). Le sous-bois est obscur, peu ventilé et humide. Sols imprévisibles et encombrés (vidéo). 
. En Guyane, au barrage du Petit-Saut, le contexte forestier intérieur a récemment évolué. Harpie combine moyens de gendarmerie et de l'Infanterie pour lutter contre les orpailleurs...
¤ La forêt sempervirente de conifères : elle témoigne d'un passé glaciaire (en Manche, par exemple) relativement proche. En Europe occidentale, le réchauffement climatique a forcé la forêt de conifères à se réfugier en moyenne montagne.
. En Amérique du nord, cette même forêt a persisté malgré les sols pauvres & mal drainés, et le retrait de l'inlandsis (carte) : climat continental dominant. Sur ces territoires, la confrontation entre colonisation française et anglaise (lien) s'achève tragiquement avec la guerre de Sept-Ans (lien).
¤ La forêt mixte d'Europe correspond à la situation paysagère la plus courante. Elle s'impose progressivement dans la moyenne montagne française remplaçant l'ancien modèle de forêt entretenue, avec son sous-bois : rentabilité à 25/30 ans. En Suisse, elle occupe une partie du plateau central et les versants de vallées, profitant de la régression des estives.
. La forêt a été au cœur des projections stratégiques de la guerre froide, ce théâtre surnommé Centre Europe qui permet de comprendre les projet et (non) emploi du char Leclerc (lien).
. En Bosnie, ce cadre était familier : exemple du siège de Sarajevo (lien), avec les hauteurs boisées tenues par l'armée serbe.
¤ Forêt secondaire exploitée (feuillus) ou taillis inextricable ? L'histoire européenne, et plus particulièrement française a basculé au moment de la Révolution industrielle.
. Le lent déclin des surfaces agricoles s'est accompagné d'un progrès continu des forêts cultivées : besoin de la guerre, développement des besoins en bois (mines, villes, etc.).
. Le résultat est une forêt structurée, en particulier par essences (chênaie-charmaie dans l'Entre-deux-mers, en Gironde). Le résultat est contradictoire : forêt - loisir ou forêt - gisement ? En 2010, le rapport Gaymard établit une sorte de bilan (lien).
Le taillis et de façon générale les parcelles non entretenues constitue une menace réelle. La surpopulation des sangliers (lien) entraîne nombre de complications.
¤ Danger (outre les incendies déjà évoqués) : l'ensauvagement
. Existe t-il une diagonale du vide ? La forêt s'étend (lien) depuis la promulgation du code forestier en 1827. Elle accentue le fossé entre deux types de ruralité, l'une humanisée, l'autre pas (carte). Pour la gendarmerie, la gestion du territoire devient périlleuse... Klaus a tempêté
On peut citer des faits divers d'importance minime (...), comme la profanation de l'ossuaire de Douaumont. Mais dans le cas des ours des Pyrénées, le retour à l'état naturel pose la question du devenir des activités pastorales (lien). 
3. Les massifs montagneux (mise à niveau)
¤ Vallées glaciaires, voies de communication majeures. Bref retour sur les glaciations en Europe (Wurm, maximum -23.000 ans). Exemple des Vosges alsaciennes.
. Dans le massif alpin : 1.500 mètres de glace au niveau de Grenoble pour le glacier de l'Isère (source). Les sommets sont toujours restés au-dessus de la glace.
. Les vallées glaciaires ont été élargies, rabotées puis tapissées de débris morainiques. Forme en 'U' : Grenoble. Depuis le 1er janvier 2016, le centre de l'agglomération est passé à 30 km/h (lien); demeure l'encombrement lié aux déplacements régionaux (lien).
¤ La montagne a toujours protégé ses habitants. Elle isole des épidémies et des troubles politiques extérieurs, garantit un bon approvisionnement alimentaire.
. En Suisse, dynamique démographique (lien). Les envahisseurs restent à l'extérieurNi les armées du Saint-Empire (1291), ni celles de la République et du Consulat n'y pénètrent (source) ! Les Alpes forteresses ? Hitler a renoncé à envahir le réduit national suisse (lien)

. L'Afghanistan (carte) réunit quelques grandes vallées praticables (et anciennement utilisées) avec un potentiel agricole évident, et une très grande diversité ethnique.
. Mais il constitue un ensemble essentiellement montagneux impossible à contrôler Opium, misère du peuple afghanDrone de guerreObama n'est pas GéronteKaboul-au-Prince.
*
FAIRE FACE AUX RISQUES et PRENDRE en CHARGE les CIVILS
1. Inondations (des phénomènes physiques maîtrisables, des aménagements incontrôlables). L'occurrence d'une inondation dans une vallée dépend de l'alimentation en eau du bassin-versant (exemple de l'Amazone).
¤ De la source à l'embouchure (ou à la confluence) : puissance de l'écoulement, capacité de transport des alluvions.
. A l'amont, conjonction d'affluents montagneux, pente forte, érosion et encaissement. Plus la pente diminue, plus la vallée s'élargit, alluvionne, et plus la taille moyenne des affluents augmente. L'incision des vallées, une question de temps ?
. Les points sensibles : gorges (Trois-Gorges en Chine) et ponts servent de goulet d'étranglement en cas de levée des eaux. En pleine guerre sino-japonaise (journal), Chang Kai-sek décide de faire sauter les digues pour laisser le fleuve regagner son lit majeur et ainsi retarder l'avance des troupes japonaises : 900.000 morts (bilan imprécis, et pour cause) ?
Dans le cas de la Garonne (700 m3/s en moyenne à Bordeaux) si souvent turbulente, le débit moyen de l'Ariège est de 35 m3/s, celui du Lot de 150 m3/s, celui de la Dordogne de 380 m3/s. En juin 1875, la dernière grande crue du fleuve emporte tout : 9,47 m à Toulouse (Abbé Lanusse, originaire de Tonnens).

. Le risque de rupture existe à l'aval des barrages (source) : soit pour cause accidentelle (lien) soit dans le cadre d'un conflit : opération Chastise en mai 1943.
¤ D'une rive à l'autre : entre phases d'érosion et phases d'accumulation.
. Le chenal d'écoulement (ou d'étiage) occupe le thalweg. Au cours de ses crues saisonnières, le cours d'eau envahit le lit mineur : comme la Marne à l'Est de Vitry-le-François.
. Avec une régularité aléatoire (décennie, siècle, millénaire ?), mais en fonction de paramètres prévisibles, le cours d'eau occupe l'intégralité de sa vallée, autrement appelé lit majeur : inondation maximale.
. Dans la vallée alternent donc cycles d'érosion et d'accumulation. Sur un million d'années se constituent des formes topographiques : méandres ou terrasses (ex. dans la Drôme).
Sur un siècle, on voit se former une île, ou un chenal changer dans son lit mineur ; les digues figent artificiellement et font perdre la mémoire de l'inondation : comme à Tours [inondable à cause du Cher].

. L'étirement ingérable des réseaux routiers, en lien avec la périurbanisation. Exemple avec les ponts. Le 19ème RG (itw) traverse la Marne...
¤ L'alimentation varie en fonction des précipitations, mais avec un décalage. Celui-ci peut se compter en heures, jours ou semaines.
. Le ruissellement s'avère cependant moins déterminant que l'alimentation par la nappe saturéeLa répartition des précipitations - donc les climats - influe directement sur l'alternance entre hautes eaux et étiage.
. On peut distinguer les cours d'eaux selon leurs régimes hydrographiques glaciairesnivauxpluviaux (océaniques ou tropicaux). Dans le cas de la Seine, il y a plusieurs régimes, du fait même des caractéristiques de son bassin-versant...
A Paris [évacuation], les effets d'une crue suscitent la controverse. Des aménagements nouveaux peuvent-ils sauver la capitale ?
¤ La façade méditerranéenne, ou la concentration de tous les risques (Vaison-la-Romaine - carte - 22/09/92).
. Digues et barrages sont souvent des parades imparfaites : vallées courtes et à forte pente, artificialisation des sols, pression foncière et disparition des activités agricoles.
. Sous ce régime climatique, les courbes de crue prennent une forme catastrophique : exemple du Lot à Mende le 3 décembre 2003 (Lozère), sur la périphérie sud du Massif Central.
. Ainsi, l'aire urbaine de Montpellier occupe l'essentiel du bassin-versant du Lez (synthèse). A Draguignan, le flot a tout emporté.
. En Australie, l'armée est intervenue [Le journaliste, le climatologue et l'industriel]. A Houston (Texas), en avril 2016, il était trop tard pour constater le laxisme des aménageurs...
2. Accidents industriels (de la menace à la gestion de crise) 
¤ Industrie de base (dont BTP) contre industries high-tech.
. En Europe en en Amérique du Nord, l'industrie demeure : dangereuse mais globalement maîtrisée. Les activités se concentrent par spécialisation géographique : exemple du couloir de la Chimie à Lyon. Néanmoins, il y a une sorte d'oubli que les écologistes veulent empêcher.
. Une histoire commencée après 1750, avec des localisations successives (mines, sources énergie, ports). Amélioration de l'activité, concurrence des services et glissement à l'extérieur des zones urbaines (Fos sur mer) ou plus loin encore par délocalisation. Le container continue de révolutionner les échanges internationaux, mais le risque Seveso se concentre : exemple des Bouches-du-Rhône
¤ La pollution est le risque le plus fréquent (air, eau, flore et faune), entraînant un classement des sites par les pouvoirs publics : norme Seveso en Europe.
. Dans le cas de la sidérurgie, les scories sont chargées de phosphore. La chimie minérale rejette du chlore et du soufre. Les raffineries traitent des millions de tonnes de pétrole. Toutes les activités ne sont pas délocalisables : exemple des réserves stratégiques.
. Ce n'est pas la grosseur d'une usine qui la rend dangereuse : petite métallurgie dangereuse (plomb, mercure, etc). L'activité historique a cessé depuis des lustres ? Exemple des métaux lourds dans la Gironde.
Bhopal marque une rupture à plus d'un titre... En France, l'explosion du site d'AZF en 2001 symbolise un autre tournant : le cratère vu par la gendarmerie est toujours visible au sud de Toulouse.
¤ La pénurie résultant d'une rupture des approvisionnements s'avère plus probable, parce qu'elle touche au fonctionnement des sociétés modernes, par réseaux.
. Les produits cruciaux proviennent rarement de loin, comme dans le cas du pétrole. D'où l'importance des ports de commerce et des voies d'approvisionnements : un train transportant des produits chimiques...
. Dans le cas de l'électricité, l'allongement des réseaux tient à la sécurité (nucléaire), mais aussi à l'économie (intégration Canada-Etats Unis)... Les conséquences d'une rupture sont incalculables, à cause des NTIC. Le Québec annonce une nouvelle ligne.
. Il faut ajouter l'eau potable (risque terroriste) ou encore le risque alimentaire : exemple de Rungis (carte). L'armée a perdu la main...

. La sécurité civile est régulièrement prise de court. A Seveso, en Italie, il a fallu une dizaine de jours pour réagir (vidéo).
3. Les séismes, comme illustration d'une banalité du risque : ni vraiment humain, ni totalement naturel.
¤ Les continents continuent de dériver (dynamique) sur le manteau.

. Certaines plaques s'écartent (accrétion) d'autres s'entrechoquent (subduction).  Les limites extérieures de plaques concentrent une partie du risque : carte. Il existe un volcanisme et une sismicité intra-plaques (Tangshan, en juillet 1976). A la Réunion, il faut réévaluer le risque (lien).

. Les ondes sismiques se diffusent rapidement à partir de l'hypocentre (l'épicentre correspond au point de situation, en surface), rencontrant une résistance variable selon la structure des roches (sédimentaires ou non). La liquéfaction des sols menace spécifiquement les fonds de vallées et littoraux : exemple de la ville de Tokyo, déjà contrainte par un phénomène de subsidence (lien).

. Face au risque, la prévision tâtonne encore. Les normes para-sismiques ne peuvent s'appliquer que dans les régions vierges de construction. Les aménagements du bâti ancien le fragilisent souvent : exemple à Istanbul construite sur la faille nord-anatolienne et face à la mer de Marmara (lien). 

¤ A chaque catastrophe se pose la question du contrôle de la population civile éventuellement paniquée : prise en charge des blessés (morts), évacuation par couloirs, cantonnement derrière des cordons...
. A Grenoble, l'une des métropoles françaises les plus menacées, les effectifs de la sécurité civile suffisent pour le temps normal [source] : est-on vraiment dans le principe de précaution inscrit dans la Constitution ? 
. A Haïti, le séisme du 12 janvier 2010 provoque la mort de 200.000 habitants (?). Pour des raisons historiques, géographiques et médiatiques, les Etats occidentaux sont sollicités. La prise en charge des populations est immédiatement compliquée. Guadeloupe et Martinique se trouvent aussi concernées au premier chef : éruption de la Montagne Pelée en 1902 (lien).
¤ La combinaison des risques. Japon, mars 2011 [Carte]. Du séisme à la catastrophe nucléaire... Le 11 mars, un séisme de forte magnitude (+/- 9 sur l'échelle de Richter) dont l'épicentre est en mer provoque d'importants dégâts. Plusieurs séries de vagues ravagent les côtes (mécanismes). La centrale de Fukushima s'arrête alors et les Forces d'Autodéfense interviennent. Le nettoyage de la zone sera long et la problématique énergétique demeure.
. Et si la centrale de Nogent sur Seine avait un problème [lien] ? Mais c'est Fessenheim que l'on surveille [lien] !
INTERVENIR EN VILLE
1. L'étalement urbain (provoqué par le train, accéléré par la voiture), source de fragilités.
 ¤ Le centre-ville occupe le site désormais inutile - gué, point haut, etc. - comme dans le cas de Paris, au milieu d'une région parisienne en constante extension (lien). A Besançon, le site défensif était unique avant que la ville ne s'étende [Querelles bisontines].
. La ville - creuset, société structurée défendant ses privilèges contre l'Etat centralisé disparaît avec l'époque moderne : "Le Moyen Âge communal, entre mythe et réalité". Gentryfication. Après un lent déclin démographique, les trente dernières années ont vu un retour d'une population aisée, alors même que l'agglomération occupe un espace grandissant : exemple à Paris avec un maximum de population en 1921 (2,9 millions d'habitants).
. Dans les régions ex-industrialisées, le centre-ville reste dévitalisé, frappé par une sorte d'abandon : exemple à Detroit. A Birmingham [Vous avez dit délétère?], une population venue du sous-continent indien transforme le paysage urbain.
. Rénovation. Friche et quartier d'habitation déclassé connaissent une seconde vie grâce aux investissements publics, comme à Saint-Etienne [De l'aire urbaine de Saint-Etienne à celle de Detroit]. A Londres, le quartier des Docks - désormais préservé des inondations par l'installation de digues anti-submersion - renaît à l'époque de la mutation thatchérienne (lien).
¤ Immeubles et maisons jointives, le long des axes de communication. De la commune-centre de l'agglomération à sa première couronne. Hors hyper-centre, la ville hier alimentée par l'exode rural [Campagnes prolifiques ou malthusiennes ?] assure aujourd'hui l'essentiel de la fonction première de la ville : l'habitat.
. Aux immeubles des faubourgs succèdent les maisons jointes de banlieues; dans la continuité urbaine : exemple à Paris. La bourgeoisie cède la place aux classes moyennes. C'est ainsi que Tours se desserre au sud d'une rivière - le Cher - encore sauvage, plaçant la ville sous la menace d'inondation [Déjouer les tours du sort].
. Dans ces quartiers, on trouve encore une certaine hétérogénéité sociale, en passe de disparaître du fait de la poussée des prix de l'immobilier (lien) : Montreuil à l'Est de Paris (carte).
. L'Etat a tenté de reproduire en l'accélérant le processus d'urbanisation : création des villes nouvelles (lien) et des nouveaux quartiers ZAC. A Rennes, le but était de créer une commune de 500.000 habitants (en 1967). Les nouvelles cités installées sur les pourtours urbains ont mal vieilli : exemple au nord de Paris, en Seine Saint-Denis, ou au sud [Les nuits de Grigny]
¤ Périurbanisation pavillonnaire des cités-jardins. Au delà, à une distance +/- importante, s'étend la seconde couronne. Celle-ci s'étend, à la densité déclinante, avec l'abandon de la rue comme voie de circulation au profit de voies d'accès à un territoire privatisé.
. Les quartiers ont vite grandi, sur le principe du pavillon non collé, seul sur une parcelle de terrain. Les ménages modestes participent de ce mouvement, par obligation plus que par choix [La tache francilienne s'étend et les difficultés augmentent]
Le modèle premier est la banlieue de Los Angeles qui la première a expérimenté l'adaptation de l'urbanisme à l'automobile. A l'est de Paris, des villes ont vu le jour sur ce principe [Bussyland].
2. Protéger la ville : les centres-villes gentryfiés... et convoités.
¤ L'embourgeoisement. Les mairies promeuvent les transports propres, veulent chasser l'automobile et les activités perturbatrices. 
. Le nombre de voitures s'accroît rapidement [Une auto, des totaux] dans l'ensemble des aires urbaines, mais les centres - villes se métamorphosent en plates-formes piétonnières : exemple à Paris des voies sur berge fermées.
. Ville dangereuse hier ? La prostitution s'éloigne : exemple à Paris. La fonction festive monte en puissance, posant la question de sa régulation par les forces de l'ordre : exemple à Bordeaux [La Bourse ou le vice].
. La fonction commerciale connaît une mutation centre-périphérie, par spécialisation urbaine. Et la fonction religieuse historique ? Dans nombre d'agglomérations, la place de la cathédrale, église de l'évêque, se trouve renforcée. Mais où résident les croyants/pratiquants (lien) et/ou manifestants [Le retour de manifelle sera pour tous].
¤ Le centre-ville gentryfié devient une cible : lieu du rassemblement, lieu symbolique.
. Si les causes existent, elles sont de toutes façons multiples. A Nantes, à la suite de la manifestation du 22 février 2014 contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les événements dérapent [Casseurs inqualifiables].
. Les occasions pour un rassemblement en centre-ville ne manquent pas : match de foot, soirée électorale, manifestations de soutien à Gaza, ou hostiles au CPE. Inorganisés, sans signes distinctifs, mais avec des téléphones portables qui servent au besoin d'appareils photos. 
. Los Angeles, ville-automobile dépourvue de centralité, littéralement privée de tout transport public en site propre (carte) depuis la fin des années 1940 (lien) connaît une flambée de violence en 1992; les dégâts sont  spectaculaires...
¤ En mai 1968, tout commence sans signes avant-coureurs. Et puis rien ne se passe : les palabres débouchent sur du vent. Les ouvriers ne réagissent pas, dans un pays en pleine tertiarisation. L'autorité ne réagit pas. C'est le discours du général de Gaulle qui donne le signal de l'émeute. Vacance du pouvoir. Les archives parlent d'elles-mêmes (démocratisation, professionnalisation, autonomie, etc... ont fini par s'imposer ?!).
3. De plus en plus de citadins dans des aires urbaines de plus en plus étalées
¤ L'habitat individuel est devenu la norme dans un monde urbanisé.
. Vieillissement Dans une étude de 2009, l'Insee rappelle les différentes étapes qui ont conduit la France à rejoindre le modèle anglo-saxon. La baisse du croît naturel, le déclin industriel et le chômage de longue durée n'ont pas eu les effets espérés.
. Parce que le nombre de personnes par foyer diminue, parce que les trajets domicile-travail ne cessent de s'accroître, et parce que les prix de l'immobilier ont augmenté de façon continue (courbe de Friggit).
. L'étalement coûte cher en infrastructures (exemple de l'adduction), et fragilise le financement des services publics : exemple des établissements scolaires (lien).
. En plus de l'endettement des ménages, c'est le financement des collectivités locales qui est fragilisé en cas de retournement du marché immobilier. A plus long terme, l'artificialisation des terres par l'extension des zones urbanisées frappe (aussi) les régions touristiques (voir cartes et graphiques).
¤ Les zones urbaines à fortes densités se diluent et les poches de pauvreté s'enkystent
. Dans le cas français, les densités parisiennes (légèrement supérieures à 21.000 hab/km²) sont deux fois supérieures à celles de Lyon (10.000). Lille (6.500), Bordeaux (4.800) ou Marseille (3.500) : lien. Les grandes villes européennes se situent souvent en deçà de ce seuil (lien)
. La hausse des prix n'a pas entraîné une augmentation de la densité en France : Les espaces 'de la faible densité' semblent au contraire prospérer avec le succès de la métropolisation (lien).
. Il faut ajouter que l'homogénéisation sociale des quartiers populaires prend des formes parfois exacerbées : économie souterraine plus ou moins tolérée par les autorités dépassées par le déclassement social; dans quels cas faut-il parler de ghetto ? En novembre 2005 le feu a été circonscrit par la surveillance des réseaux de transports : un blocage aurait paralysé toute l'activité.
¤ L'espace urbain est-il devenu plus dangereux ?
. L'identité des quartiers va à l'encontre de l'attachement au territoire métropolitain, ou est-elle une première phase vers la citoyenneté. A Los Angeles, les gangs métropolitains assurent en tout cas un contrôle zonal (tout en se jouant des frontières et législations nationales). A Rio de Janeiro, l'intervention de 2010 montre ses limites. Le modèle est celui des Swat, aux Etats-Unis. 
. Le sentiment d'insécurité et la crainte du déclassement urbain s'entre-alimentent : le succès des Tea Parties l'illustre aux EU. L'électorat FN (carte) colle fortement avec la carte de la périurbanisation, en particulier en région parisienne. Les prolos bleus Marine 
La concentration des citadins dans les premières couronnes urbaines (exemple à Nancy) ajoute un élément de complexité…
¤ La ville ingérable ? Les surfaces urbanisées dépassent les moyens et effectifs des forces de l'ordre. Faut-il revoir (en France) les domaines d'intervention de la police et de la gendarmerie (rapport du Sénat) ? A Marseille, la police compte les coups...
4. Les réseaux de transport synthétisent la fragilité des sociétés métropolitaines.
¤ Les systèmes de transport se concurrencent sans s’annihiler : exemple du Grand Paris et de sa tache urbaine. Ils renvoient à la dépendance en énergies.
. En terme de sécurité collective, le principal problème est la saturation désormais habituelle des réseaux de transports en commun (Pas de hasards à Saint-Lazare) ou individuels (Nantes, capitale du bouchon vert).
¤ C’est pourtant la menace terroriste qui focalise l’attention des pouvoirs publics. Peut-on en permanence protéger les gares et aéroports ?
. Les discours l'emportent sur les analyses (Assemblée Nationale, 18 novembre 2015). Lors des attentats du 13 novembre 2015. Plusieurs sites parisiens ont été frappés de façon quasi simultanée, certains assez éloignés les uns des autres (lien). Dans le cas de New-York frappé le 11 septembre 2001, le risque lié aux aéroports demeure.
CONCLUSION
  • 'La géographie, çà sert d'abord à faire la guerre' (1976)