dimanche 18 septembre 2016

Les hommes et le terrain dans la guerre civile contemporaine (version 2016)

PREMIERE PARTIE

A/ Lutte armée qui oppose...
  • Lutte armée qui oppose, à l'intérieur d'un même territoire, des groupes aux effectifs significatifs. D'une guerre à l'autre peuvent s'opposer des ethnies - spectre planant sur l'Ethiopie (source) - des classes sociales, des groupes religieux
    • Le conflit entre protestants et catholiques en France (guerres de religion)
      • démarre sur la distinction de la naissance : soulèvement de Louis de Bourbon, prince de Condé en mars 1562 (source). 
      • se poursuit avec la sédition d'une province souvent prospère : vallées - axes de transport (Loire, Charente, Garonne, etc.), piémont pyrénéen (Béarn), port de La Rochelle (source).
      • s'achève en moyenne montagne cévenole : petite guerre entre Camisards et troupes royales (source). 
    • Les forces combattantes, peuvent être organisées en armées constituées en corps de bataille, mais le recours aux troupes irrégulières (mercenaires ou engagés volontaires) est fréquent.  
      • L'intervention de soldats étrangers n'est pas rare, souvent en cas de prolongement du conflit : nombreux ceux qui (en 1991) arrivent dans une Croatie bien connue des touristes européens et bien desservie par le train en 1991 (source).
  • Occupation du territoire. La prise de contrôle de telle ou telle portion de territoire s'accompagne d'un traitement spécifique des populations - police, justice, prélèvement d'impôt - même si l'État central s'avère inopérant. 
    • Dans l'Afrique des Grands Lacs, la déstabilisation du Rwanda (et le génocide) produit l'effondrement du Zaïre et une première guerre civile en 1996-97 (source). 
  • Echelle de puissance. Par sa violence, la guerre civile dépasse le stade de la simple révolte résultant d'une brève tension sociale (La révolte du papier timbré : exemple d'émotion populaire dans la France de l'Ancien régime). 
    • Les belligérants recherchent soit la mise en place d'une nouvelle structure politique, soit - à défaut - le contrôle de l'Etat existant
    • L'objectif premier peut évoluer d'une phase à l'autre du conflit
  • Echelle chronologique. Plus la guerre civile dure dans le temps, moindres sont les chances des vaincus de survivre sans dommage. L'analyse de la victoire d'un camp sur un autre diffère...
    • selon que l'ordre ancien a été sauvegardé : légitimité de Versailles contre la Commune de Paris en 1871.
    • ... ou qu'au contraire il a été renversé : révolution = renversement d'un système géo-politique soudain discrédité. On ne peut en déduire les équilibres géopolitiques qui en résulteront : en Chine, exemple des Taipings rentrant à Nankin le 19 mars 1853 (source).
    • [Pour compléter]
B/ De l'Antiquité à l'époque moderne
  • Un ensemble géopolitique précaire... La guerre civile oppose les citoyens romains entre eux, une fois  fois éteinte la menace aux frontières (Gaule transalpine), anéantie la concurrence maritime de Carthage et réglée la question du statut des citoyens (Italiques) hors du Latium, dans l'ensemble de la presqu'île : à l'issue de la guerre sociale. 
    • Rome a atteint au Ier siècle un équilibre entre centre et périphérie. Celui-ci est permis par 
      • les structures agraires (villae), 
      • le maillage routier (déplacement des légions et transport de marchandises), et...
      • la sureté des voies maritimes. 
    • Les historiens romains considèrent la guerre civile comme si caractéristique, qu'ils la distinguent très nettement des guerres de conquête - celles visant à accroître l'aire d'influence de Rome - et des révoltes d'esclaves (texte). Elle résulte de la confrontation des partis (vieilles familles de l'aristocratie) et des ambitieux. Tel tribun s'appuiera sur la plèbe urbaine (César), tel général sur une province stratégique : Trajan, l'Hispanique
  • Long épilogue. Le bas-empire systématise la guerre civile, bien au-delà des successions impériales houleuses : les tensions alimentaires, la fuite en avant budgétaire, le recrutement des légions ou encore la crise du système esclavagiste. [Rappel chronologique]


C/ Dans l'Europe médiévale et moderne,

Ni le système féodal ni l'influence de l'église ne préservent les Européens de la guerre civile. A fortiori leur affaiblissement ouvre t-il la voie : 
  1. à des guerres civiles locales (par exemple entre cités italiennes), 
  2. régionales (guerre de Succession de Bretagne), ou pire...
  3. continentales. La guerre de Cent-Ans couronne le Moyen-Âge, consacrant l'archaïsme de certaines élites ou structures politiques mais aussi l'avènement de nouveaux modes de pensée ou d'action. 
La France et l'Angleterre en 1453 ne ressemblent plus guère à ce qu'il était en 1337. La seconde souffre au cours des deux siècles suivants d'une instabilité chronique : de la guerre des Deux Roses jusqu'à Cromwell

L'équilibre européen basé sur des Etats stables se trouve plusieurs fois bouleversé, en particulier lors des guerres de religion. Il écarte cependant peu à peu la menace des guerres civiles. 
Elles ne disparaissent pas pour autant, difficilement contrecarrées par les armées institutionnelles dans le cadre de ce que l'on appelle alors les petites guerres : Irlandais et Jacobites en Ecosse, Camisards dans les Cévennes. 
L'équilibre européen donne aux continentaux une des clefs de leur suprématie en Amérique puis dans le reste du monde; temporairement. Après la période révolutionnaire s'ouvre enfin la période contemporaine. 

Deux pays au coeur de la problématique : l'Ukraine (carte politique et état de santé) et la Syrie (huit conflits en un).





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