jeudi 22 mars 2012

Cours - 'bassin méditerranéen'

L'histoire du BASSIN MEDITERRANEEN
  • A l'époque moderne (lien)
  • Le temps des Révolutions (lien)
  • L'empire Ottoman menacé (lien)
  • Colonisation - occupation (lien)
  • Décolonisation - instrumentalisation (lien)


3/10. Le Maroc


4/10. La Tunisie et la Libye
  • Fond de carte (lien)
  • Situation démo-linguistique de la Tunisie (lien) et de la Libye (lien).
  • La cité de Leptis Magna classée au patrimoine mondial de l'Unesco (lien) : documentaire à revoir en replay jusqu'au 5 mai...
" Il faut voir ce reportage d'Arte sur la grande cité antique de Leptis Magna. J'ai été impressionné par l'importance du legs des archéologues italiens. Sans eux, pas de redécouverte du site (à partir de la colonisation en 1910), pas de restauration, et pas de mise en valeur du site.
Cela dit sans oublier la dureté de la conquête, et les arrières-pensées de Mussolini à propos de ce qu'il a appelé 'la quatrième côte de l'Italie'...
On retrouvera également toute la perversité de Kadhafi qui a visiblement su utiliser à merveille les ruines de Leptis pour faire 'chanter' les gouvernements italiens : la demande de restitution de statues volées implique quasiment la demande de réparation pour les torts causés par la colonisation.
Le documentaire montre qu'aujourd'hui encore, trop de Libyens ignorent leur patrimoine ; donc leur histoire. Il y a bien pire. Pour un certain nombre - combien d'entre eux ? - les vieilles pierres ont été apportées par les Italiens : latinité extérieure à eux, alors que leur pays fut d'abord phénicien (donc africain) puis byzantin.
Le documentaire fait en outre le parallèle entre Caracalla (le fils de l'empereur Septime Sévère, natif de Leptis), responsable de la décrépitude de la cité, et la période contemporaine. La ville a brillé à une époque où le commerce était développé entre les deux bords de la Méditerranée. 
Sous Kadhafi, l'argent du pétrole n'a pas servi à redonner à la Libye sa prospérité perdue : les vues de l'arrière-pays de Leptis témoignent de la pauvreté de l'activité agricole, limitée à l'élevage de chèvres. Partout le désert gagne. Espérons que les choses changent à l'avenir... " [source]
  • La politique migratoire du régime Kadhafi s'intégrait dans sa politique de rapprochement avec les pays européens (source). L'immigration régulière sert l'économie des pays de l'UE (exemple en Italie). Pour le reste, la Libye de K. accepte de lutter contre l'immigration irrégulière... Qui continue (lien) !
  • Le modèle économique était devenu celui des pays du Golfe persique : grâce aux exportations pétrolières (carte). La manne pétrolière n'a pas sauvé le régime (lien). Exemple de grand projet pharaonique : la grande rivière artificielle présentée en 2007 dans un rapport officiel... français ; qui ne fait pas l'unanimité (lien).
  • La menace islamiste. On balance entre l'acceptation épineuse (Tunisie) et la distinction artificielle (Libye). De toutes façons, c'est l'Italie qui avait le plus à perdre... (lien).
  • Conclusion. Fallait-il aider le CNT à renverser Kadhafi ? Post Antée.

    5/10. L'Algérie
    • Fond de carte (lien)
    • Situation démo-linguistique (lien)
    • La jeunesse algérienne, dans un pays où les 2/3 des habitants ont moins de trente ans ('Vague, vaguelettes et fossé').
    Le reportage d'Arte sur la jeunesse algéroise commence à 20' et se termine à 46'... On y croise trois groupes, avec une immense détresse et l'échec intégral de l'Etat FLN. Les trois rappeurs forcent le respect, malgré leur apparence un peu 'décalée'. Ils ressemblent aux jeunes dont se moquaient les Inconnus il y a vingt ans. Leur langue suscite toutefois mon admiration, tant ils jonglent avec facilité entre l'arabe et le français. Le plus tragique n'est pas seulement leur désespoir, mais le fait qu'ils ne parviennent même pas à imaginer un avenir 'réalisé'. Quand l'un deux réclame sa "part de gâteau", il jette le regard crû sur la pratique du pouvoir algérien. 
    On a envie de suivre les 'modernistes', derrière le fils d'une institutrice, Abdou. Ils allient courage et lucidité. Ils sont dans une démarche type 'droits civiques' aux arguments imparables. Et ils mettent le régime devant ses contradictions. Le téléspectateur les associe facilement au couple d'Algériens plus âgés, probablement nés avant 1962, que l'on découvre un peu plus loin. Dans le café 'SOS Bab-el-Oued' qu'ils ouvrent aux jeunes pour des débats, des portraits de Boumediene et de Guevara. Soudain on pense aux promesses chimériques de la Révolution. 
    La question religieuse arrive à 28'33, même si Abdou explose dans l'instant précédent à propos du block-out imposé aux Algérois tous les soirs (pour plaire aux islamistes, mais sans aucune justification d'ordre juridique) ou à propos du projet de Bouteflika de construire une mosquée gigantesque à Alger (coût 1 milliard de $) alors que des milliers d'Algérois attendent un logement décent. 
    De fait, l'ISLAMISME qui menace l'Algérie 'tient boutique' en plein jour, dans un immeuble rutilant payé depuis le Golfe. Sur fonds étrangers, il vise à endoctriner des jeunes sans esprit critique. Avec les mêmes tuyaux et moyens techniques ('cours de communication positive' et roses de papier blanches) que celles employées dans les sectes nord-américaines. 
    La première scène donne le ton, avec un hymne répété par tous les participants : "Le peuple algérien est d'abord musulman, et ensuite il appartient au monde arabe". Pour le reste, il n'y a que du vieux dans les séances de préparation des adeptes : ils doivent suivre des règles précises avant de rejoindre la rue et le contact des non-initiés. Les jeunes endoctrinés doivent rester en groupe, ils doivent soigner leur apparence (sourire, habits impeccables) et parler calmement de choses banales. On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. La doxa décérébrante, c'est pour après. 
    Parmi ceux qui s'expriment à visage découvert, aucun ne parle la langue locale. Les cadres viennent du Proche-Orient. On subodore la patte du Hamas et du Hezbollah... Surtout en entendant l'un d'entre eux parler de la 'civilisation' de l'Islam. Cela fait froid dans le dos, car l'avenir qu'ils préparent pour l'Algérie est un camouflet à l'histoire (cf 'Geographedumonde') . Et à la géographie ! Ces islamistes veulent transformer la Méditerranée en Golfe Persique. Mais ces islamistes circulent dans la rue sans être gênés par la police. " [source]

    • Le pétrole algérien... Ou saharien : 'L'histoire secrète du pétrole algérien'. En tout cas, les dividendes échappent aux Algériens : Algérie à pleurer. A Hassi Messaoud, terre d'origine en 1956, l'histoire est toutefois tragique (lien).
    • Le terrorisme est-il fabriqué en Algérie (lien) ? Les manipulations commencent dès l'indépendance : historique. Le GIA naît grâce au concours des services algériens (lien). Le 14 septembre 1998, on apprend la création du GSPC (lien). Aqmi remplace le précédent (lien).
    • Alger. Avant-hier (avant l'indépendance), hier (répression des années 1990, inondations de nov. 2001), et aujourd'hui : A Alger, hier est comme aujourd'hui.
    • Conclusion : le FLN totalement discrédité...

    6/10 L'Egypte
    " Les termes du sujet donnaient les clefs pour poser une problématique. D'un côté le Nil semble n'appartenir qu'à un seul (l'Egypte), avec tous les problèmes que l'on peut imaginer en terme de relations internationales, en particulier dans la répartition de la ressource en eau entre pays situés en amont et pays situés en aval. De l'autre, le bassin-versant définit l'ensemble des territoires délimités par une ligne (imaginaire) de séparation des eaux. Au sein d'un bassin-versant, les ruisseaux et cours d'eau convergent en direction d'un seul. Ici, il s'agit d'un fleuve puisque le Nil se jette dans la Méditerranée, après la traversée d'un delta. La lettre grecque a justement inspiré le nom de cette forme géographique qui achève la vallée ['Cancuneries']  
    Le bassin-versant du Nil [dossier-cartes] réunit par conséquent une dizaine de pays du nord-est de l'Afrique, dont les principaux sont l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie. Je signale aux distraits et aux ignorants que la Turquie et l'Afghanistan n'en font pas partie. Que l'on ne me soupçonne pas de tirer une perle exceptionnelle. Je cite ces deux pays, parce que plusieurs candidats les ont évoqués. Mais un bassin-versant, ce n'est pas qu'une zone de conflits. Et le Proche-Orient peut être un sujet d'étude en dehors des questions de rivalités régionales, de tensions communautaires et/ou religieuses. Dans un bassin-versant rassemblant au bas mot deux cents millions d'habitants dont une majorité survit avec moins d'un dollar par jour et par habitant, la question de l'eau exclut directement ou indirectement toutes les autres [dossier OCDE / Ethiopie]. C'est la maîtrise de l'irrigation qui a conduit une frange de la paysannerie égyptienne à sortir du sous-développement. Encore faut-il montrer que cette réussite est ambiguë.  
    Les connaissances historiques des candidats étaient ici essentielles pour comprendre et organiser une analyse du sujet. Beaucoup ont cru bon de placer des connaissances imprécises sur l'Egypte pharaonique. Tous ont omis de préciser que celle-ci débordait très largement au sud de la frontière séparant l'Egypte et le Soudan actuels [document]. La Nubie compte sans doute autant que la moyenne et la basse vallée du Nil. Mais Nasser importait bien davantage. Il a été oublié par les candidats. L'ancien officier libre devenu dirigeant de l'Egypte en 1952 (à 34 ans) a prétendu guider le monde arabe ou influencer les pays non-alignés ? C'était le responsable du grand barrage d'Assouan qui comptait dans le cadre du sujet. Quels étaient les soutiens financiers de l'Egypte ? Quels ingénieurs ont-ils apporté leur aide ? Quelles décisions politiques, économiques, ou encore militaires ont été prises en fonction d'un objectif unique : maîtriser le Nil ?  
    On ne peut pas affirmer que les candidats ont montré de la mauvaise volonté, ni oublié les impératifs d'une dissertation. Il manquait néanmoins à une majorité des connaissances approfondies : un bassin-versant comme celui du Nil nécessite l'étude des régimes hydrographiques (équatorial, tropical à saisons alternées, semi-aride, aride), de la répartition de l'alimentation entre le Nil Bleu (Ethiopie), le Nil Blanc et les principaux affluents. Il fallait décrire la vallée principale, avec l'alternance saisonnière entre crues et étiages, entre lit mineur et lit majeur [dossier]. A ce titre, les candidats ont décrit les seules conséquences négatives des aménagements et des activités agricoles. C'est manifestement abusif. Certes, le barrage d'Assouan a modifié le milieu ; mais il a quand même préservé la population de la vallée d'inondations catastrophiques. De la même façon, les agriculteurs utilisent des intrants (pesticides, engrais) mais les famines ont disparu d'Egypte.  
    Au fond, le sujet permettait d'aborder un extraordinaire paradoxe de l'Egypte nassérienne. Le développement du pays par l'agriculture irriguée et par l'industrie (électricité d'origine hydraulique) a conduit le pays dans une sorte d'impasse. La focalisation sur le Nil se retrouve même dans les investissements réalisés dans le secteur touristique, basé sur l'exploitation des ressources archéologiques ['Nasser à rien']. Les ruraux n'ont cessé de soutenir le régime. Celui-ci les a privés par démagogie et clientélisme d'une révolution. L'agriculture égyptienne n'est ni modernisée, ni économe en eau, ni basée sur des grandes exploitations mécanisées. Les paysans sont nombreux, (trop) féconds et ignorent un monde urbain davantage tourné vers l'extérieur, agité par de nouvelles aspirations, plus ou moins contradictoires ['80 millions d'Egyptiens']. Les Occidentaux amateurs de croisières sur le fleuve attirent et en même temps suscitent pour de nombreuses raisons le mépris. L'Egypte est indépendante. Mais en dépendant exclusivement du Nil et du barrage, le pays accumule les fragilités. Le gouvernement après le départ d'Osni Moubarak aura pour tache de sortir l'Egypte de cette impasse. Car les autres pays présents dans le bassin-versant utiliseront à terme leur part de la richesse en eau.  
    Sauf à provoquer une guerre très improbable, Le Caire devra accepter cette répartition de la ressource hydrique, en particulier avec les deux grands pays de cette partie de l'Afrique, le Soudan et l'Ethiopie [dossier]. L'échec (relatif) du nassérisme peut toutefois être transposé aux pays visés. Ainsi, l'irrigation à partir du Nil bleu ne permettra pas aux Ethiopiens de sortir de la misère. Le développement passe en effet par une diversification des activités et l'augmentation des échanges ; une gestion internationale et pacifiée des eaux du Nil s'impose donc à plus d'un titre [...] "
    7/10 Israel - Territoires palestiniens
    • Carte vue de Tel-Aviv. Ou non.
    • Situation démo-linguistique : lien.
    • Le discours de Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain le 24 mai 2011 (deuxième moitié) et sa critique...
    " [...] Je suis prêt à faire des compromis douloureux pour parvenir à cette paix historique. En tant que leader d’Israël, il est de ma responsabilité de diriger mon peuple vers la paix. Ce n’est pas facile pour moi. Je reconnais que, dans une paix véritable, nous serons obligés de renoncer à des parties de la patrie juive. En Judée-Samarie, le peuple Juif n’est pas un occupant étranger. Nous ne sommes pas les Britanniques en Inde. Nous ne sommes pas des Belges au Congo.
    C’est la terre de nos ancêtres, la terre d’Israël, sur laquelle Abraham a amené l’idée d’un Dieu unique, où David a entrepris de faire face à Goliath, et où Esaïe a eu une vision de la paix éternelle. Aucune distorsion de l’histoire ne peut nier un lien vieux de quatre mille ans entre le peuple Juif et la terre juive.
    Mais il y a une autre vérité: Les Palestiniens partagent cette petite terre avec nous. Nous cherchons une paix dans laquelle ils ne seront ni les sujets d’Israël, ni des citoyens d’Israël. Ils doivent mener une vie de dignité nationale comme un peuple libre, viable et indépendant dans leur propre État. Ils doivent jouir d’une économie prospère, où leur créativité et leur initiative pourront prospérer. [...]
    Nous avons aidé l’économie palestinienne en supprimant des centaines de barrières et d’obstacles à la libre circulation des biens et des personnes. Les résultats ont été tout simplement remarquables. L’économie palestinienne est en plein essor. Elle est à plus de 10% par an.
    Les villes palestiniennes ont aujourd’hui une apparence très différente de ce qu’ils étaient il y a quelques années. Ils ont des centres commerciaux, des cinémas, des restaurants, des banques. Ils ont même des e-business. Tout cela se produit sans la paix. Imaginez ce qui pourrait arriver avec la paix. La paix qui pourrait annoncer un nouveau jour pour les deux peuples. Elle sera l’aboutissement du rêve d’une paix réaliste.
    Alors maintenant, voici la question. Il faut la poser. Si les avantages de la paix avec les Palestiniens sont si clairs, pourquoi la paix nous a échappé? Les six Premiers Ministres israéliens depuis la signature des accords d’Oslo ont convenu d’établir un État palestinien. Moi y compris. Alors, pourquoi la paix n’a pas été obtenue ? Parce que jusqu’à présent, les Palestiniens ont été réticents à accepter un État palestinien si cela signifiait l’acceptation d’un État juif à côté.
    Vous voyez, notre conflit n’a jamais été sur la création d’un État palestinien. Il a toujours été l’existence de l’État juif. Voilà sur quoi porte ce conflit. En 1947, l’Organisation des Nations Unies a voté la partition en un État juif et un État arabe. Les Juifs ont dit oui. Les Palestiniens ont dit non. Ces dernières années, les Palestiniens ont deux fois refusé l’offre généreuse des Premiers Ministres israéliens d’établir un État palestinien sur presque tous les territoires conquis par Israël dans la guerre des Six Jours.
    [...] Je serai prêt à faire un compromis de grande envergure. Ce compromis doit refléter les changements démographiques qui ont eu lieu depuis 1967. La grande majorité des 650.000 Israéliens qui vivent au-delà des lignes de 1967 résident dans les quartiers et les banlieues de Jérusalem et du Grand Tel Aviv. Ces zones sont densément peuplées, mais géographiquement assez faible. En vertu de tout accord de paix réaliste, ces zones, ainsi que d’autres endroits d’importance stratégique, seront intégrés dans les frontières définitives d’Israël.
    Le statut des implantations ne sera décidé que dans des négociations. Mais nous devons aussi être honnêtes. Alors je dis quelque chose aujourd’hui qui doit être dit publiquement par toute personne sérieuse sur la paix. Dans tout accord de paix mettant fin au conflit, certaines implantations se retrouveront au-delà des frontières d’Israël. La délimitation précise de ces frontières doit être négociée. Nous allons être très généreux sur la taille d’un futur État palestinien. Mais comme dit le président Obama, la frontière sera différente de celle qui existait au 4 Juin 1967. Israël ne reviendra pas sur les lignes indéfendables de 1967.
    Nous reconnaissons qu’un État palestinien doit être assez grand pour être viable, indépendant et prospère. Le président Obama a à juste titre référé à Israël comme la patrie du peuple Juif, tout comme il a évoqué le futur État palestinien comme la patrie du peuple palestinien. Les Juifs du monde entier ont le droit d’immigrer dans l’État juif. Les palestiniens du monde entier devraient avoir le droit d’immigrer, s’ils le désiraient, dans un État palestinien. Cela signifie que le problème des réfugiés palestiniens sera résolu en dehors des frontières d’Israël.
    Quant à Jérusalem, seul un Israël démocratique a su protéger la liberté de culte pour toutes les religions dans la ville. Jérusalem ne doit jamais être divisée. Jérusalem doit rester la capitale unifiée d’Israël. Je sais que c’est une question difficile pour les Palestiniens. Mais je crois qu’avec de la créativité et de la bonne volonté une solution peut être trouvée.
    C’est la paix que je prévois de conclure avec un partenaire palestinien attaché à la paix. Mais vous savez très bien que, dans le Moyen-Orient, la seule paix qui tiendra sera une paix que vous pourrez défendre.
    Donc, la paix doit être ancrée dans la sécurité. Ces dernières années, Israël s’est retiré du sud Liban et de Gaza. Mais nous n’avons pas la paix. Au lieu de cela, nous avons eu 12.000 roquettes tirées à partir de ces zones sur nos villes, sur nos enfants, par le Hezbollah et le Hamas. Les casques bleus de l’ONU au Liban ont échoué à empêcher la contrebande de ces armes. Les observateurs européens dans la bande de Gaza se sont évaporés du jour au lendemain. Donc, si Israël quitte simplement les territoires, les flux d’armes dans un futur État palestinien ne seront pas contrôlés. Des missiles tirés à partir de ces territoires pourraient atteindre presque tous les foyers en Israël en moins d’une minute. Je veux que vous y pensiez. Imaginez qu’aujourd’hui, nous avons tous moins de 60 secondes pour trouver un abri lors d’un tir de missile. Souhaitez-vous vivre de cette façon? Souhaite-t-on vivre de cette façon? Eh bien, vous ne le voulez pas et nous non plus.
    La vérité est qu’Israël a besoin de mesures de sécurité uniques en raison de sa taille unique. Israël est l’un des plus petits pays du monde. Monsieur le Vice-Président, je vais vous illustrer cela. C’est plus grand que le Delaware. C’est également plus grand que Rhode Island. Mais c’est tout. Israël sur les lignes de 1967 ferait la moitié de la largeur du périphérique de Washington.
    Maintenant, un peu de nostalgie. Je suis arrivé à Washington il y a trente ans en tant que jeune diplomate. Il m’a fallu un certain temps, mais j’ai finalement réalisé : Il y a une Amérique au-delà du périphérique. Mais Israël, sur les lignes de 1967, ferait seulement de 11 km de large. Voilà pour la profondeur stratégique.
    Donc, il est donc absolument vital pour la sécurité d’Israël qu’un État palestinien soit pleinement démilitarisé. Et il est essentiel qu’Israël maintienne une présence militaire le long du Jourdain. Les mesures de sécurité solides sur le terrain sont nécessaires non pas seulement pour protéger la paix, elles sont nécessaires pour protéger Israël au cas où la paix se défaisait. Dans notre région instable, personne ne peut garantir que nos partenaires de paix d’aujourd’hui seront encore là demain. [...]
    Et le Hamas n’est pas un partenaire pour la paix. Le Hamas reste engagé à la destruction d’Israël et au terrorisme. Ils ont une charte. Cette charte appelle non seulement à l’effacement d’Israël, mais demande de « tuer les Juifs partout où vous les trouverez ». Le chef de file du Hamas a condamné le meurtre d’Oussama ben Laden et l’exalte comme un guerrier saint. Maintenant encore, je veux que ce soit clair. Israël est prêt à s’asseoir aujourd’hui et à négocier la paix avec l’Autorité palestinienne. Je crois que nous pouvons façonner un brillant avenir de paix pour nos enfants. Mais Israël ne négociera pas avec un gouvernement palestinien soutenu par la version palestinienne d’Al-Qaïda.
    Alors je dis au président Abbas : déchirez votre pacte avec le Hamas! Asseyez-vous et négociez! Faites la paix avec l’État juif ! Et si vous le faites, je vous le promets. Israël ne sera pas le dernier pays à reconnaître un État palestinien en tant que nouveau membre de l’Organisation des Nations Unies. Il sera le premier à le faire.
    Mes amis, depuis les essais monumentaux du siècle dernier jusqu’au déroulement des événements de ce siècle, tout témoigne du rôle décisif des États-Unis dans la promotion de la paix et la défense de la liberté. La providence a confié aux États-Unis d’être le gardien de la liberté. Tous les peuples qui chérissent la liberté ont une dette de gratitude profonde à l’égard de votre grande nation. Parmi les nations les plus reconnaissantes, il y a ma nation, le peuple d’Israël, qui a combattu pour sa liberté et sa survie dans des conditions impossibles, dans les temps anciens comme modernes.
    Je parle au nom du peuple Juif et de l’État juif quand je vous dis à vous, représentants de l’Amérique, que je vous remercie. Merci pour votre soutien indéfectible à Israël. Merci de veiller à ce que la flamme de la liberté brûle à travers le monde. Que Dieu vous bénisse tous. Et que Dieu bénisse à jamais les États-Unis d’Amérique. "

    • Le développement agricole, depuis les années 1880 ['Israël, tourne-toi'] jusqu'aux kibboutz (dossier statistique). Le maintien du potentiel à partir de la seconde Intifada s'explique par une modification de la politique migratoire : arrivée d'une main d'oeuvre à l'origine lointaine, légalement ou non (source). Sur les implications géopolitiques de la rareté de la ressource en eau : rapport d'information de l'Assemblée Nationale déposé en décembre 2011 (pages 110 et suivantes).
    • La périurbanisation fait d'Israël un Etat normal, donc fragile. La question dépasse la seule évolution de l'agriculture : 'Le puits sans fonds'. L'histoire des Israéliens citadins doit plus à Tel-Aviv, créée de toute pièce en 1909 à proximité de l'antique Jaffa (source), qu'à Jérusalem : voir après. Dans la capitale israélienne, les problèmes sont nombreux : exiguïté, vieillissement du centre, transports (source). L'éclatement de la bulle immobilière permettra peut-être un retour à la normale ; sans certitude (source).
    • Jérusalem : capitale depuis décembre 1949, réellement transformée comme telle en 1980. Mais Jérusalem la pure se construit dans l'ombre de Tel-Aviv la cosmopolite, dans une logique d'étalement par colonis... Le dessous des cartes s'est intéressé au tramway.
    • Pour les Territoires palestiniens, le contraste est fort entre Gaza, prison à ciel ouvert [sous la menace de coupures d'électricité (source)] et la Cisjordanie en pleine renaissance : 'Palestine, perd et passe'


    8/10 La Turquie

    • Fond de carte (lien). Un pays sous la menace sismique (source), avec en particulier la faille nord-anatolienne (source). Le 17 août 1999, séisme de grande magnitude (source) à Izmit (carte).
    • Données démo-linguistiques (lien).
    • La révolution linguistique de Mustapha Kemal, ou Dil divrimi (lien
    " Dans la réalité, cependant, les choses sont moins simples qu'elles ne le paraissent au premier abord. La Turquie nouvelle est certes foncièrement anticléricale ; mais elle n'est pas antireligieuse. L'Islam y a sa place en tant que source de vie spirituelle et élément de la culture nationale. Non pas toutefois l'Islam sclérosé de l'ancien régime. Le programme kémaliste est ambitieux. Il vise à la modernisation de la religion, à la mise en place d'un Islam totalement débarassé de ses tendances obscurantistes et imprégné des idéaux de la jeune République.
    Pour  mener à bien une telle entreprise, le gouvernement d'Ankara n'est pas dépourvu de moyens d'action. Par un singulier paradoxe, en effet, le nouveau régime, aussi laïque qu'il soit, a créé au moment de l'abolition du khalifat une 'Direction des Affaires religieuses' placée sous la tutelle directe du Premier Ministre. Héritier des instances supprimées en mars 1924, cet organisme a été doté de pouvoirs considérables. Toutes les mosquées, tous les mausolées, tous les couvents du pays lui sont rattachés. C'est lui qui nomme ou destitue les chefs de prière (imam), les prédicateurs, les cheiks, les muezzins et les divers autres serviteurs du culte. C'est lui qui désigne les muftis chargés de l'interprétation du droit canon. C'est lui aussi qui élabore et publie les ouvrages destinés à l'enseignement de l'Islam. C'est de lui enfin que dépendent les établissements spécialisés dans la formation des hommes de religion. En somme, par le biais de cette 'Direction', Mustapha Kemal et ses collaborateurs ont la possibilité d'exercer un contrôle permanent sur l'appareil clérical turc et peuvent même songer à orienter à leur guise la vie religieuse du pays.
    A l'époque de la visite d'Herriot en Turquie, le processus de remodelage de l'Islam y est déjà solidement amorcé. Dès 1924, le gouvernement a remis sur pied, en remplacement des anciens 'medrese', tout un réseau d' 'écoles de prédicateurs' chargées de former des hommes de religion adaptés aux nécessités du kémalisme. Par la suite, il y a eu bien d'autres réformes : création d'une Faculté de théologie 'moderne' à Istanbul, turquification des sermons ('hutbe') jusque là prononcés en arabe, turquification de l'appel à la prière, rénovation du rituel, élaboration de nouveaux livres de prière et de nouveaux manuels de morale religieuse. Toutes ces innovations doivent conduire au même but : la transformation de l'Islam en religion nationale et progressiste.
    Même le nom de Dieu a changé. Parce que Kemal l'a voulu, 'Allah' a dû céder la place à 'Tann', vieux mot turc d'Asie centrale." in Mustapha Kema invente la Turquie moderne / Paul Dumont - Editions Complexe (pages 158 et 159)
    • Si les militaires sont partis, les islamistes ont quant à eux pris les rênes du pouvoir, derrière Recep Erdogan (lien), un premier ministre devenu une référence pour les révolutionnaires du Printemps arabe (lien) : La voie turque contre l'impasse ottomane.
    • Aucune des frontières avec l'extérieur n'est incontestée, comme en témoignent les relations de la Turquie avec ses voisins : l'Arménie (lien), la Syrie (lien) ou encore la Grèce. Dans ce dernier cas les considérations économiques équivalent celles d'ordre politique ou religieux : Les evzones de mer.
    • Istanbul, la plus grande métropole européenne (17 millions d'habitants), par l'arrivée chaque année de milliers de ruraux déracinés qui votent AKP et qui vivent souvent dans des quartiers précaires Le barbare avait de l'humour...

    9/10 L'UE méditerranéenne...
    • Une zone à risques naturels, climatique - cours - mais surtout sismique : voir cartes de Méditerranée orientale, centrale ou occidentale
      • Le 29 mai 2012... Réplique de celui du 20 mai, avec un épicentre très proche de la surface (lien). Les dégâts sont importants, sur des édifices fragilisés. Les autorités pressées par l'opinion procèdent à des évacuations ciblées dans le bassin du Pô ; jusque sur ses rebords alpins (lien)
    • Entre montagne et littoral : Exemple de la côte dalmate ex-yougoslave (lien) ou de l'Albanie, avec ses dérivés démo-linguistiques et géopolitiques (lien). 
      • Le tourisme a inversé la hiérarchie, non sans douleur (Provence, Corse) : problème de la ressource en eau malgré les usines de dessalement (lien).
    • Des pays longtemps caractérisés par des économies duales aujourd'hui tiraillés entre leurs régions industrialisées et développées - exemple de l'Italie du nord - et leurs régions combinant la nouvelle trilogie méditerranéenne : 
      • Agriculture ayant bénéficié de la PAC (avec emploi de main d'oeuvre clandestine), 
      • Activité touristique basée sur le patrimoine ou sur des stations intégrées (produisant du chômage) et 
      • Retraites pour une population vieillissante. Les limites apparaissent en Andalousie (lien).
    • Des Etats faiblement centralisés, avec des régions à fortes autonomies, quand il ne s'agit pas d'îles (Crète, Sicile, Sardaigne, Corse) : exemple de Rome au nord du Mezzogiorno
      • L'Etat est acteur économique autant que politique. Il assure la cohésion, envers et malgré tout : exemple de la guerre civile grecque qui s'achève en octobre 1949 (lien).
      • Le tout sans éviter des phénomènes de macrocéphalie, comme à Athènes (plan), dont toutes les difficultés se sont exprimées lors des dernières élections (lien).
    • Des Etats fragiles qui ont court-circuité (ou qui n'ont pu empêcher leur marginalisation) les structures traditionnelles (Eglise, communautés villageoises, familles, etc.). Ils se trouvent aujourd'hui concurrencés
      • Organisations mafieuses en Italie (lien), 
      • Groupes criminels jouant sur les questions ethniques (lien), ou 
      • Simple corruption ; dans les Baléares, un système politique...
    • Pour les Etats concernés, l'intégration européenne a échoué. La spécialisation de l'UE méditerranéenne ne pouvait suivre le schéma de la Sun Belt ; les Etats ne courant plus le risque de dévaluations de leurs monnaies ont de surcroît profité pendant deux décennies d'un afflux de liquidités. Il en résulte
      • Une déroute financière pour un Etat en faillite (Grèce) ou un autre (Italie) dont on ne voit pas comment il se sortira de l'ornière. 
      • Une bulle immobilière devenue non maîtrisée (France)
      • Des banques sans trésorerie qu'il faut sauver : exemple de Bankia (Espagne).

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